OISEAU DE PARADIS A GORGE DOREE, SOXNERAT, VOY
Paradisea aurea , gmelin.
Les trois filets placés de chaque côté de la tête de cet oiseau, avaient déterminé Buffon à lui donner le nom de Sifflet , dénomination que nous lui conserverons.
Le Sifflet est surtout remarquable par la belle couleur noire qui est répandue sur la presque totalité de ses plumes qui ont l’aspect du velours , et par la brillante cuirasse qui garnit toute sa gorge. La tête est ornée d’une huppe implantée en grande partie sur le bec ; cette huppe est composée de plumes fines et raides , noires à leur partie inférieure et blanches à leur sommet. Les plumes de la gorge, arrondies en écailles et imbriquées , sont d’un beau noir de velours vers leur milieu ; sur le reste de leur étendue viennent se jouer les reflets les plus brillans et les plus variés. Le bleu de l’acier poli , le vert de l’émeraude , le jaune de la topaze , le violet de l’améthyste , puis l’or se mêlant aux couleurs vertes et bleues , tous ces tons viennent tour à tour frapper l’œil , suivant les incidences de la lumière. Le dessus de la tête est d’un beau noir ; on remarque à sa partie postérieure , près de sa nuque , une rangée de plumes écailleuses offrant les mêmes reflets que la gorge. Deux touffes déplumés d’un beaunoir, à barbes désunies, séparées , partent des deux côtés du ventre sous les ailes ; l’oiseau peut les relever et les
étaler en éventail. Trois filets noirs naissent de chaque côté de la tête et se terminent par des espèces de petites palettes de forme ovale. Suivant Le Vaillant , la disposition de ces filets , qui aboutissent au conduit auditif, seraient une condition favorable à la délicatesse de fouie chez ces oiseaux. Les palettes des filets , dit ce naturaliste , distribuées au loin , arrêtent d’abord les sons qui se glissent le long de leurs tiges et arrivent aux nombreux petits filets qui touchent à f oreille , comme autant de conducteurs plus rapprochés du centre de rouie.