‹ Histoire naturelle des oiseaux exotiquesChapitre 54 sur 116 · GENRE TOUCAN · texte numérisé non relu

GENRE TOUCAN

RAMPHASTOSi LINN.

Les Toucans rangés dans l’ordre des passereaux , de la tribu des zygodactyles, et de la famille des ramphastidès, offrent les caractères distinctifs suivans : Le bec est composé de deux mandibules très longues et très larges ; la supérieure, surtout, est d’une forme disproportionnée. Le bec des Toucans est comprimé, beaucoup plus large à sa base qu’à sa pointe. Il est terminé supérieurement par une crête. Le bord des mandibules , mais surtout celui de la mandibule supérieure, offre des dentelures. Cet énorme bec, qui, au premier aspect, pourrait faire supposer que l’oiseau ne peut exercer que très difficilement l’action du vol, n’est recouvert que par une lame de substance cornée fort peu épaisse, et qu’on pourrait briser facilement en la comprimant un peu entre les doigts. Dans le reste de son épaisseur, ce bec offre le même aspect que les os spongieux; c’est-à-dire, qu’il est composé de cellules très écartées les unes des autres , de sorte que sous un volume assez grand , il se trouve avoir une pesanteur spécifique très peu considérable. Les narines qui sont très difficiles à voir, consistent en de très petits trous placés près de la rainure qui unit le bec au crâne. La langue des Toucans présente une particularité bien remarquable : cette langue est une espèce de filament qu’on pourrait comparer à une lanière longue et très fine de jwchemin, sur les côtés de laquelle sont implantées des barbules, de la même manière que sur la tige d’une plume; aussi, a-t-on dit que la langue des Toucans était une plume. Les pieds des Toucans ont deux doigts devant et deux derrière, ce qui range naturellement ces oiseaux dans l’ordre des passereaux zygodactyles.

Les habitudes des Toucans sont peu connues. On sait pourtant qu’ils sont omnivores ; mais c’est principalement de fruits qu’ils se

nourrissent. Us vont aussi, à ce qu’il paraît, visiter les nids des autres oiseaux, pour y dévorer les œufs et même les petits oiseaux qui viennent d’éclore. Si on présente un fruit à un Toucan, il le saisit avec la pointe de son bec, et comme sa langue est insuffisante pour diriger le bol alimentaire dans le fond de son gosier, il lance le fruit en l’air, ouvre le bec, et le reçoit dans le fond de son vaste gosier. Son bec quoique très gros , est trop faible pour pouvoir broyer ou inciser les alimens. Si on jette un morceau de pain au Toucan, celui-ci V engloutit en happant, comme ferait un chien; si au contraire il est forcé de ramasser sa nourriture à terre, il ne la prend que de côté pour la faire sauter ensuite, et la recevoir. On croit généralement dans le monde, que les Toucans se nourrissent de poissons, mais ils ne peuvent tout au plus qu’en avaler de très petits. Cette croyance vient sans doute, de ce que ces oiseaux se tiennent souvent dans les terrains humides et sur le bord des eaux où naissent les palmiers, arbres dont ils aiment beaucoup les fruits. Les Toucans vont par petites troupes. Leur vol est lourd ; on les voit cependant se percher sur des arbres très élevés où ils sautillent et s’agittent sans cesse. Ils nichent dans des trous d’arhres, mais ne percent pas, comme on l’a dit avec leur bec qui est trop faible pour cela, le tronc de ces derniers. Nous rangerons parmi les Toucans, le genre Aracari qui se rapproche beaucoup des premiers ; mais qui offre pourtant quelques différences qui permettent de distinguer ces deux genres. Les Aracaris sont d’une taille plus petite que celle des Toucans ; leur bec est beaucoup moins allongé et d’une substance plus dure et plus solide ; leurs narines sont percées à la partie supérieure du bec, mais de haut en bas, et non pas d’arrière en avant. La queue des Aracaris est plus longue et un peu étagée. Du reste, les mœurs sont les mêmes que celles des Toucans.

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