‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 110 sur 134 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Description des Cédratiers ou Cutronniers.

Cur. Ess. Caule arboreo : ramis brevibus, rigidis, inermibus aut spinosis ; foliis oblongis, dentatis : floribus extùs violaceis : fructu s@piùs magno ;

verrucoso ,s sulcatoque : carne crassissimo , teneri ; pulpé subacidd.

O. voit, par les caractères énoncés ci-dessus, que le cédratier diffère seulement du limonier, en ce quil a les rameaux plus courts et plus roides; en ce que ses feuilles sont, en général, plus étroites, et en ce que ses fruits, ordinairement plus gros et plus verruqueux, ont la chair plus épaisse, plus tendre, et la pulpe moins acide. Mais, il faut en convenir, ces différences se nuancent et se confondent dans beaucoup de variétés avec le limonier, ou plutòt plusieurs limons è chair épaisse viennent se confondre avec le eédrat; de telle sorte qu'on ne remarque plus la ligne de démarcation qui les séparait.

Si è cette difficulté on joint le respect que nous sommes obligés d’avoir pour la nomenclature vulgaire Gi), quoique nous la trouvions sans méthode et contraire au bon sens dans beaucoup de cas, on nous excusera sans doute de n'avoir pas tracé les caractères propres aux cédratiers avec la méme précision que nous

avons employée en caractérisant les autres groupes de. la belle famille qui nous

occupe.

__0soeeer’rT* o ee.-="*="*>

(1) Les savans ont sur nous un bien grand avantage : ils peuvent corriger et changer la nomenclature des matières qu'ils traitent, à mesure que les progrès des lumières l’exigent, parce que leur nomenclature ne sort pas du cercle de la science. C°est ainsi que la Chimie vient de refaire sa langue spontanément. Mais il est plus aisé de fonder ou de renverser un empire, que de changer la langue vulgaire ou les idées

£ ea D a pnoe SS pie st attachées à chaque mot; et c'est ce Qui mne nous permet pas d apporter dans la classification pratique des

Orangers la perfection dont elle est susceptible. ho

———@@ao66

TAB. XCOVI.

CÉDRATIER ORDINAIRE,

CITRUS MEDICA VULGARIS, CEDRO ORDINARIO,

is, acutis : fructibus stepè Magris , obovato-oblong1s ,

verrucoso-sulcatis ; carne crassé ; pulpd acidd.

va PRO Foliis oblong luteis,

, . pù Pi pe ‘1 T Malum Citrium Vulgari, Ferr., Hesp., T. 61, 65 et 5g. Malum belluatum, id, T. 65,

Tournef., Ins. R. H., p. 620-621, È. 395-596. Mala Citria Vulgaris , Volc., Hesp., T. 114, pars II, p. 50. Gemeen Citroen, Appel., Comel., Hesp.

Malus Medica, Bauh.

Citria Mala, Blarkw., Hort., 561.

Cedro ordinario , Tanar., p. 286.

Malus Citria fructu magno , Weiman., p. o

Cedro, Cedrato , Targ., Inst., Bot., 877.

Citrus Medica, Vorsk., FI. Égypt., 50. Lin., Syst. Nat., 1100. Willden., sp. pl.

38, N. 701, T. 3, fig. D. Exclud. syn. div.

Lam, Dict. Encyclop.

Citrus Medica Cedra, Desfont., tabl. de PEcol. Bot, 138. Citrus Medica Cedra, fructu oblongo, crasso, eduli, odoratissimo, Gall., p. 96,

N. 1. Exclud. synon. div.

Citro Cedrat, Risso, Annal. du Mus, d’Hist. Nat.

Citro Cedratier , Nouv. Duh.

La racine du cédratier ordinaire est grosse, rameuse, chevelue, jaunàtre dans son intérieur, et d’un blanc sale en dedans.

Sa tige est droite, d’un gris rayé de blanchàtre, couverte de rameaux roides, divisés, munis de longues épines; les jeunes pousses sont anguleuses et d’un rouge violàtre.

Les feuilles sont oblongues, épaisses, d’un vert foncé, quelquefois arrondies è la base, toujours terminées en pointe au sommet, plus ou moins dentées, portées sur des petioles courts et dénués d’ailes.

Les fleurs, lavées de rouge ou de violàtre en dehors comme celles du limonier, n’offrent aucune difference notable.

Le fruit varie beaucoup en grosseur : dans son premier développement, il est d’un rouge

pourpre; il verdit ensuite, et devient, dans la maturité, d’un beau jaune safran; alors il est plus ou moins gros, de forme oblongue, plus renflé vers le sommet que vers la base, profondément sillonng è la surface, terminé par un mammelon, et quelquefois par le style qui persiste et prend un certain développement.

Sa chair est épaisse, blanche, tendre, et d’une saveur douce; la pulpe est verdatre, peu eonsidérable, divisge en dix ou douze loges, ci composée de vésicules oblongues qui contiennent une eau acidulée

Les graines sont nombreuses, grosses, pointues à la base, arquées, renflées au sommet, et

terminées par une petite téte oblique.

Long. 0,150-0,220; larg. 0,080-0,150; épaiss. 0,01 5-0,050.

Nous devons à Théophraste les premières notions sur le cédratier, dont le fruit a été connu d’abord sous les noms de Pomme de Médie, Pomme d’Assyrie (1) et Pomme de Perse; Démocrite a donné ensuite quelques apercus sur sa culture. Virgile est le premier parmi les

I Beto 5 I I latins (2) qui en ait fait mention. Pline lui conserve les noms de Théophraste, et ajoute uelques particularités è son histoire (5). Du temps de Palladius cet arbre était cultivé en ( I Italic (4), d’où il a été répandu sur tous les bords de la Meéditerranée, aux endroits dont lexposition, le sol et la température favorisent son développement, et où nous lui voyons Il ’ Ì I ’ y acquérir une hauteur de cinq à huit mètres : on peut croire que dans son pays natal, ce récieux véodtal atteint une élévation plus srande encore. Avec quelle magnificence la nature p © le) q to) a embelli le Cédratier! Elle lui a donné un port majestueux. des feuilles brillantes, des fleurs ] ’ ’ purpurines auxquelles succèdent des fruits dont la beauté et le volume étonnent en meme temps que le parfum suave qui sen exhale, et fait éprouver la plus douce sensation. Aussi la peinture de ces fruits a-t-elle enrichi les immortelles pogsies des Virgile, des Poutains, des Allamani, et tous les écrivains agricoles en ont-ils parlé avec pompe et admiration. 7 lo) Ji Il

Le cédratier se distingue encore de ses congéneres par sa plus grande propension à étre continuellement en végétation ; ses bourgeons se developpent en tous temps; de nouvelles feuilles succèdent aux anciennes sans discontinuité; ses fleurs brillent en bouquets au sein

méme de l’hiver, et on le voit toujours chargé de fruits naissans et de fruits mùrs.

° ,.//2èE.}M||M.NWii;,;Ò]'A>ZZA—.ìì|l-òì-**

(3) Par corruption, Poumsiri en patois provencal, d’où est dérivé peut-étre le nom de Poncire donné è

quelques cédrats, et plus spécialement au cédrat tubéreux.

(2) Media fert tristes succos tardumque saporem Felicis mali, quo non preesentius ullum, Pocula si quando seeve infecere noverca , Miscueruntque herbas et non innoxia verba,

Auxilium venit, ac membris agit atra venena.

(3) Plin., 1. 3, ch. 56, p. 312.

(4) Pallad. , de re Rust., 1. 4, p. 273.

en trois petits groupes les varigtés de cédratiers connus jusqu'à

Nous croyons utile de diviser

, sous le nom de Poncires, les gros fruits tuberculeux, ovales

ce jour. Le premier comprendra

ou oblongs; le second contiendra les Cédrats proprement dits; ils sont coniques ou renflés,

ce sont ceux qui ont le plus d’odeur et dont la chair est

plus ou moins striés ou canaliculés; unira les Cédrats-Limons; ce nom seul

ropre è étre confite; le troisiéme enfin re niers fruits ont les plus grands rapports immédiatement apròs les limons;

le plus p ; Ci distingue assez que ces der avec les limons, et qu'il

aurait été naturel de les mettre à la téte de ce chapitre, Sri ti zi a Si di «pieforisà 8 mais la nécessité de commencer par le cédratier franc, nous force è les rejeter è la fin de

ce chapitre.

* Poncires.

154, CÉDRATIER A FRUIT EN CALEBASSE, CITRUS MEDICA CUCURBITINA, CEDRO CUCURBITATO;

Foliis lato-oblongis, subcrispis : fructibus magnis , cucurbitee formibus, subrugosts,

virente luteis ; carne crassissimo ; pulpé exigud.

Malus Citrum cucurbitatum vulgari , Ferr., Hesp., T. 67.

Cedro a Zuchetta cucurbitato , Volc., Hesp., pars Il, 4-4,

Ferraris a figuré ce cédrat comme une variété du précédent; cependant, sa forme, sa surface presque lisse, l’épaisseur considérable de sa chair, et le très-petit volume de sa pulpe, semblent en faire une variégté assez distincte. Néanmoins, comme nous ne Pavons jamais rencontré dans aucun jardin, et que nous n’avons jamais été è méme de l’examiner vivante, nous ne nous

permettrons aucune observalion sur l’opinion de ce savant citriographe.

Page 1