ORANGER DE GÈNES
Citrus AuRANTIUM GENUENSE, ArR4NcIO DI GENOVA.
Poliis ovato-oblongis : floribus summis tripetalis : fructibus magnitudinis medie , paulisper
asperis , intensè luteis, subglobosis , basi swepè sulcatis ; pulp dulci.
Aranzo dolce da Genova, Volcam. Hesp., par. 2, p. 186, T. 187.
Citrus Aurantium Genuense , Risso, Annal. du Mus. d’Hist. Nat.,
Tel est le nom que les cultivateurs de Nice donnent è cet oranger encore peu cultivé , quoique sa récolte soit presque annuelle et que ses fruits deviennent assez beaux. Nous croyons que cestà ce méme oranger que Volcamer donne le nom d’Aranzo dolce da Genova.
Il forme une téte naturellement arrondie, parce que ses rameaux sont petits, courts et touffus; ses feuilles sont ovales oblongues, rétrécies aux deux bouts, d'un vert foncé, luisantes, entières, les unes planes, les autres creusges en gouttière , portdes sur des pétioles quelquefois ailés , quelquefois presque nus. On trouve aussi, près de la fructification, des fenilles dont le pétiole n'est pas articule.
Les. fleurs, disposées en bouquets, ont le calice è trois ou cinq dents, les pétales inégaux, souvent au nombre de trois seulement dans les fleurs supéricures qui restent pelites et peu
developpées.
A ces fleurs, succèdent des fruits ordinairement ronds, quelquefois un peu déprimés au sommet, marqués de sillons è la base, à surface unie, mais cependant un peu chagrinée, d’un
beau jaune rouge; leur intérieur se divise en dix ou douze loges qui contiennent une pulpe
DES ORANGERS. hi
jaune au centre, rougeàtre à la circonférence, remplie d’une eau sucrée très-agréable. Les
graines sont ovales, petites, peu nombreuses, plus ou moins parfaites. Long. 0,060-0,074; larg. 0,068-0,072; épaiss. 0,005-0,007.
Cet oranger se distingue par la surface finement chagrinée de ses fruits : son feuillage présente quelquefois de l’irrégularité qu'on ne peut attribuer ni à la nature du sol, ni à Peffet de la culture. C'est en Ligurie qu'il a été cultivé pour la première fois, et d’où les pépinigristes
l’ont ensuite répandu dans les provinces circonvoisines.
10 ORANGER A FLEURS DOUBLES, CiTtRUS AURANTIUM DUPLEX, AR4NCIO DI FIOR DOPPIO.
Foliis ovato-oblongis : floribus duplicibus : fructibus subglobosis, subdepressis, glabris,
sswepè fotiferis : pulpà dulci.
Arancio di fior doppio , 'Vanar.
Oranger a fleur double, Calvel, Trait. compl. sur les Pép., tom. 5, p. 155.
Citrus Aurantium sinense, flore semipleno , fructu sapè fotifero, medullà dulci; Gallesio, p. 159, N° 35, excl. synon. alt.
Citrus Aurantium duplex , Risso, Ann. du Mus. d’Hist. Nat.
L’oranger à fleurs doubles n'a pas constamment toutes ses fleurs doubles; les dernières sont ordinairement simples: parmi les autres, beaucoup manquent de style, et une partie des étamines est transformée en pétales. Ses fruits en contiennent quelquefois un autre plus ou moins complet dans leur intérieur.
La tige, droite et couverte d’une écorce d’un gris foncé, a les rameaux courts, anguleux et munis de petites épines : ses feuilles sont ovales oblongues, aigués, les unes tres-larges, les autres étroites, toutes bien nourries, d’un vert agréable, portées sur des pétioles assez longs, la plupart sensiblement ailés.
Les fleurs, souvent réunies en bonquets, ont le calice court et profondément divisé en cinq dents ; le nombre des pétales varie de cinq à vingt, sans que celui des étamines paraisse diminuer sensiblement; plusieurs ovaires sont surmontés d’un style divisé en plusieurs branches.
A ces fleurs, succèdent des fruits arrondis , ordinairement déprimés, lisses, rarement granuleux, ayant souvent au sommet une ouverture arrondie, d’où sort le rudiment d’un autre fruit; les uns et les autres sont d’un jaune foncé, rougeatre. L’intérieur des gros fruits est divisé en douze ou quinze loges inégales, placges sur deux rangs, remplies de vésicules courtes dont le jus est doux : ces gros fruits contiennent en outre, vers leur sommet, un autre fruit à trois ou six petites loges qui renferment un suc aussi doux que celui du gros fruit. Les
graines avortent constamment.
Long. 0,055-0,060 ; larg. 0,065-0,070; épaiss. 0,005-0,008.
ho HISTOIRE NATURELLE
Les fleurs simples de cette variété produisent des fruits simples; les fleurs doubles ou semi-doubles produisent des fruits dans lesquels on en trouve souvent un autre plus ou moins «ébauché, mais qui n'est jamais libre ni parfait. Ce phénoméène, que l’on pourrait observer fré- «quemment sur tous les orangers, a sa source dans la nature méme de larbre, et non dans une fécondation surabondante, comme le pense l’ingénieux auteur du Trazté du Gru scan toutes les parties surnuméraires d’un ovaire, qui doit devenir un fruit fétifère, existent avant l’acte de la fécondation.
Il ne faut pas confondre cet oranger à fleurs doubles avec le bigaradier à fleurs doubles
que nous décrirons ci-après.