TAB. XXXI
4B. BIGARADIER GRAND - BOURBON,
Ramis subspinosis : foltis oblongis, acuminatis : floribus magnis, albis : fructibus magnitudinis medie , basi apiceque depressts , scepè apice stellatis, aut rariter areolatis ;
pulpà acidd.
Ce n'est pas à cause de ses caractères différentiels que nous placons ic ce bigaradier, puisqu'il ne se distingue guére que par la dépression constante de ses fruits; mais c'est è cause de son àge et de sa celébrité.
On appelle Grand-Bourbon, Grand-Connétable , Frangois I°, un bigaradier fameux par son'àge, par sa hauteur, et qui fait depuis long-temps le plus bel ornement de Porangerie
de Versailles. Cet arbre provient d’une graine qu'une Reine de Navarre donna en 1421 è
son jardinier, pour la semer dans un'pot: il fut élevé è Pampelune, alors capitale du
Royaume de Navarre, ct vint a Chantilly par succession, où il resta jusqu'au régne de Fran-
cois I°".
tu, Pre aeio > SERI , r x 7 Le Connétable de Bourbon, seigneur de Chantilly, s'étant révolté et ayant pris le parti 10 ina AREA A ea S a 4 de Charles-Quint contre Francois I°", celui-ci fit confisquer les biens du Connetable, et L i 5 ses = re ù na Ei 7 a notamment cet oranger , unique alors en France, qui fut transporté de Chantilly è Fonhi end La , I Li .
tainebleau en 1552. Ce transport a été payé trois cents écus (l’argent valait alors seize francs le marc).
En 1684, Louis XIV fit venir cet oranger de Fontainebleau & Versailles; il en colta six
a Ta pi 2 yy È 1 q 5 © € Ri P cents francs de transport ( l’argent était alors à cinquante-quatre francs le mare ).
Conservé depuis cette époque dans lorangerie de Versailles, ce bel arbre y a recu les noms que nous venons de rapporter; il a maintenant trois cent quatre-vingt-dixhuit ans: non-seulement il est le plus àgé et le plus grand parmi les orangers de la superbe collection de Versailles, mais il est encore le plus vigoureux, le mieux portant et le plus fertile. L’an passé, on a cueilli dessus une immense quantité de fleurs, et cette année (1819), il est chargé de plus de mille fruits. Sa hauteur est de vingt-deux pieds, y compris la caisse, et sa téte a quarante-cinq pieds de circonférence ; il aurait un bien plus grand développement, si les portiques de l’orangerie par où on le sort au printemps et par où on le rentre l’automne, étaient assez grands. La caisse dans laquelle il est planté et dans laquelle vivent ses racines, a quatre pieds neuf pouces de hauteur sur quatre pieds trois pouces de largeur; sa tige, extraordinairement courte et de forme triangulaire, paraît formée de trois tiges distinctes qui se seraient greffées dans leur jeunesse; elle a quatre pieds huit pouces de circonférence; elle se divise presque en sortant de terre en trois bras, dont deux se subdivisent bientòt, et forment en tout cinq grosses branches qui s’élévent en s’éloignant les unes des autres, et qui, par leurs nombreuses ramifications, constituent la téte de l’arbre : ses rameaux ont par-ci parlà quelques courtes épines.
Les feuilles sont grandes, oblongues, aigués, légèrement dentées, d’un beau vert et portées sur de longs petioles ailés.
Sa fleur est grande, ferme, d’un blanc pur, et très-odorante; elle a quelquefois l'ovaire strié; ce qui produit un fruit étoilé.
Le fruit est de moyenne grandeur, toujours déprimé aux deux péòles, souvent étoilé ou marqué d’un aréole au sommet, légèrement sillonné è la base, fortement chagriné et un peu inégal à la surface; son écorce passe du vert au jaune rougeàtre dans la° maturité, et les vésicules d’huile essentielle de sa surface sont petites, nombreuses et concaves ; l’intérieur du fruit est divisé en neuf ou dix loges pleines de vésicules jaunàtres qui contiennent un suc
acide très-propre à l’assaisonnement des viandes. Les graines sont petites et assez nombreuses. Long. 0,050-0,060 ; larg. 0,055-0,070; épaiss. 0,006-0,009.
L’auteur du Zraiîté du Citrus, qui a vu cet oranger à Versailles en 1810, se trompe en disant dans une note, page 285, qu'il n'a que deux tiges. Les raisons que le méme auteur allégue pour prouver que ces mémes tiges ne sont que des pousses peu anciennes qui au-
SUC IL 1 5 I ie i raient remplacé la tige primordiale de larbre, ne nous paraissent nullement fondées : il n°y a au contraire aucune apparence que cet. arbre ait jamais perdu sa tige, et, d’aprés plusieurs examens, voici comment nous concevons qu'a pu se former la triple tige qui existe:
n sait qu’une graine d’oranger renferme très-souvent trois ou quatre embryons, que ces
Il lo) 5 I ESE embryons se développent tous dans la germination et qu’ils forment chacun un arbre distinct; or il nous paraît assez probable que la graine semée par le jardinier de la Reine de Navarre contenait trois embryons qui se seront développés en autant d’orangers; et si on se reporte
i lannée 1421, on n’aura pas de peine à croire qu'à cette époque, la culture des plantes
plutòt existant è peine, le jardinier n'ait pas
étrangéres étant as su detruire les
encore dans l’enfance, ou deux plus faibles de ces trois orangers, pour favoriser la
osé ou n'ait p alement aujourd'hui les cultivateurs intelligens.
e du plus fort, comme font gener Iles semble démont anches sorties d’un tronc commun : all reste, il faudrait
croissanc L’inspection de l’oranger de Versai nsemble par la base, que trois br
cet arbre pour décider la question.
rer en effet plutòt trois tiges greflées
e ou arracher ou disséquer