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CHAPITRE III

De la classification et de la nomenclature des Orangers.

ARTICLE PREMIER

De la Classification.

Les orangers ayant les étamines réunies par la base en plusieurs faisceaux, ont été classés par Linné dans la polyadelphie de son système sexuel. Quelques botanistes, entre autres Persoon, s'attachant moins à la réunion qu’au nombre des étamines, ont transféré ces arbres dans la polyandrie du méme systèeme. M, de

Jussicu les place dans le dixièéme ordre de la treiziéme classe de sa méthode. Les

promoteurs des familles naturelles faisant peu de cas des classes et des ordres

blis par leurs prédécesseurs, et s'attachant particulirement è grouper les

éta wéectaux d’après la plus grande vraisemblance, ont séparé les véritables ORBRBETE SI les plantes avec lesquelles on les avait classés, et en qu formé ce ua appellent une famille naturelle, sous le nom d’Hespérides , que Linné et quelques anciens leur avaient déjà donné.

L'ordre et l'harmonie sont tellement dans la nature de l'homme, quil n'y a que la perversité qui puisse l’en éloigner. On remarque de la méthode , de l’enchainement et des divisions calculges jusques dans les productions des hommes les moins civilisés; mais en aucun temps, et peut-étre chez aucun peuple, on n'a porté lesprit analytique aussi loin qu'on le porte aujourd’hui en France dans les sciences physiques et naturelles : telle substance regardée en tout temps comme un élément très-simple, se trouve aujourd’hui ètre un corps très-composé. Les organes, mieux étudiés, offrent des caractères inconnus è nos prédécesseurs, et qui nécessitent des changemens dans les distributions qu’ils nous avaient laissées. C'est l'amour de l’ordre et de l’harmonie qui porte les plus habiles botanistes francais è se donner tant de peine pour établir des familles naturelles dans les végétaux.

Mais ces classifications plus ou moins savantes appartiennent è la botanique proprement dite, et ne sont pas celles qui doivent nous occuper dans cet ouvrage: notre but est seulement d’examiner si les nombreux orangers que nous connaissons peuvent se diviser en plusieurs groupes, soit naturels, soit artificiels , afin de les mieux distinguer et d’en rendre l’étude plus facile.

Parmi les auteurs qui nous ont précédés, on remarque Ferrari (1), qui a divisé les orangers en trois sections, sous les noms de Citrors, Limons et Orangers. Depuis Ferrari, qui écrivait en 1646, jusqu'à M. Gallesio, qui a publié son ouvrage (2) en 1809, on n’avait apporté aucune modification raisonnée ou importante aux divisions de cet auteur; mais M. Gallesio, en séparant les bigaradiers des orangers, a fait une quatrième section dans cette intéressante famille. Peu de iemps après, lun de nous a inséré dans les Annales du Muséum d'’histoire naturelle de Paris, un Essai sur Histoire naturelle des Orangers, où l’on trouve une cinquièéme section sous le nom de Limeztiers. =—i.{.1.:.iì..i.iz;iz ii Fe:

(1) Hesperides » sive de Malorum aureorum culturà et usu, libri quatuor, ‘(@) Traité du Citrus.

Chaque section a un caractère propre déduit de l'ensemble des espèces ou variétés qui la composent : cependant il reste encore plusieurs sortes d’orangers qui échappent à ces cinq sections, et qu'il est très-difficile, sinon impossible, de grouper, dans l’état actuel de nos connaissances. Nous tàcherons néanmoins de les placer dans cet ouvrage, selon leur plus grande affinité, en les présentant comme des chefs de tribu qui attendent de nouvelles espèces ou variétés qui viendront probablement se ranger autour d’eux par la suite des temps et par les

progrès de la botanique et de la culture.

ARTICLE IL

De la Nomenclature.

Cest une chose assez remarquable que la légèreté avec laquelle les botanistes décident, du fond de leur cabinet, que telle plante est une variété, et qu’en conséquence elle est indigne de leur attention. On les voit blanchir, la loupe è la main, sur une mousse, sur un lichen de la Nouvelle-Hollande ou de la Cochinchine, et ils négligent de savoir, & priori ; quel est le froment qui fait le meilleur pain, et quel est le raisin qui fait le meilleur vin. A peine trouve-t-on quelques orangers dans leur répertoire, malgré le grand intérét qu’excitent ces arbres charmans chez tous les peuples et dans tous les climats. Nous convenons qu'il y a plusieurs variétés parmi les orangers que nous cultivons; mais il est certain qu'il yaaussi beaucoup d’espèces venues directement de l’Inde, et que les botanistes reconnaitraient pour telles, s'ils les cussent recueillies cux-mèmes dans le pays. Il serait cependant assez difficile aujourd’hui de distinguer avec certitude toutes ces espèces indiennes des variétés européennes; et tant que la botanique sera, sous beaucoup de rapports, une science purement spéculative, nous ne devons pas espérer de voir les botanistes s'occuper de cette distinction.

La botanique seule a des principes pour fixer irrévocablement la nomenclature des plantes : or comme les botanistes ont jusqu'ici négligé les orangers, la nomenclature de ces arbres n’est pas encore faite, et l'on ne peut en appeler è aucune autorité pour résoudre des doutes, ou accorder des différens à ce sujet.

Cependant il est nécessaire de s'entendre; et si nous avons fait un choix judicieux de noms; si nous avons débrouillé la synonymie encore vague et confuse des orangers, notre ouvrage est de nature, par le grand nombre de descriptions et de

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Rpeszae ni

tu, See ea DI

clature uniforme pour tout ce

figures qu'il contient, è beau genre de végétaux.

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