‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 5 sur 134 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

E xposilon des caractères physiques ci phystolo-

giques des Orangers

ARTICLE PREMIER

Caractères physiques.

Tovs les Orangers observés jusqu'à ce jour , sont de petits arbres et des arbrisseaux toujours parés d'une verdure agréable qui retrace l'image d'un printemps perpéiuel , et donne aux contrées où ils sont cultivés en grand aspect le plus riant et le plus animé.

La graine de l’Oranger mise en terre à une température et è une humidité convenables, opère sa germination dans l'espace de dix è quinze jours. Sa radicale devient un pivot, qui, avec le temps, s’enfonce perpendiculairement en terre è plusieurs mètres de profondeur, tandis que d'autres racines latérales sétendent horizontalement près de la surface du sol, se divisent en un grand nombre de ramifications qui produisent un chevelu considérable et très-délie. Toutes ces racines sont fort dures, et leur couleur est ordinairement d’un blanc sale jaunàtre.

La tige de l’Oranger varie selon les différentes espèces : dans quelquesunes, elle se divise près de terre et a de la tendance è former un buisson de petite stature : dans d’autres, elle se ramifie dans toute sa longueur avec un certain désordre qui n'est pas sans agrément ; mais la plupart de celles qu'il nous importe le plus de cultiver, élèvent naturellement leur tige droite, nue et sans branches, jusqu'à la hauteur de deux à quatre mètres, et la divisent ensuite en plusieurs branches très - ramifiées qui forment une téte hémisphérique ou arrondie, dont la plus grande dimension est d’environ dix-huit à vingt métres de circonférence.

L'écorce du vieux bois est assez lisse, d’un gris cendré, et finement gergée; mais celle des jeunes pousses est verte, luisante et parsemée de glandes. Le bois lui-méme est d’un blanc jaune clair, pesant, d'un tissu fin, serré et tràs-dur: Vaubier sy distingue à peine, et le canal médullaire est fort étroit.

Les feuilles, placées sur des supports si saillans que les jeunes rameaux en deviennent toujours anguleux, sont alternes , coriaces , glanduleuses , entières ou légèrement dentées, quelquefois lavées de violet dans leur jeunesse , mais toujours Iuisantes et d’un vert brillant en dessus dans l’état adulte , longues d'un è huit pouces , et se montrent dans toutes les proportions entre la forme lingaire et celle de l'ovale arrondi : elles sont unies è leur pétiole par une articulation , et ce pétiole est ou simplement marginé ou muni d’oreillettes cordiformes, décurrentes, plus ou moins larges.

Dans Vétat de nature, ou par leffet d’une végétation vigoureuse , plusieurs Orangers sont armés d’épines axillaires , très-acérées sur la plupart de leurs jeunes rameaux.

Les flcurs naissent axillaires et terminales sur les rameanux des anciennes pousses et sur ceux des pousses actuelles ; elles sont solitaires ou groupées plusieurs ensemble , et forment des thyrses, des grappes et des espèces de corymbes à l’extrémité des rameaux : toutes ont un pédoncule particulier , et leur couleur, d'un blanc pur dans beaucoup d'espèces, est lavée de violet en dehors dans d’autres. Chaque fleur est composée :

1° D'un calice monophylle urcéolé, échaneré ou découpé sur le bord en trois, quatre, cinq ou six dents obtuses ou légèrement aigués.

5° Dune corolle composte de trois è quinze pétales oblongs, étalés, dénués d’onglet, insérés a la base d’un bourelet glanduleux qui entoure l’ovaire.

3° De vingt è soixante étamines insérées un peu plus haut que les pétales, les unes libres, les autres soudées plus ou moins par le bas de leurs filets en plusieurs corps, et formant comme un tube autour de l’ovaire : les anthéres sont oblongues à quatre lobes et è deux loges qui souvrent longitudinalement.

4° D'un ovaire libre , obovale cu arrondi, entouré à la base d’un bourelet

monté d’un style gros, cylindrique, de la hauteur des étamines

glanduleux, sur un stigmate capité, creusé en entonnoire : l’ovaire est inté-

et terminé par rienrement divisé en loges dont le nombre varie de cinq è quinze; chaque

vinet ovules superposés et attachées sur deux rangs

loge contient de six è

TÀ e. Les vésicules qui se trouvent dans les loges

dans J'angle intérieur de la log à . , , sstr* d'un fruit mùr sont à pene ébauchées dans l’ovaire.

Le fruit est une grande baie coriace, arrondie, ovale ou oblongue, lisse

ou raboteuse, divise intérieurement en autant de loges qu'il y en avait dans Vovaire. Le nombre de graines parfaites dans un fruit mùr est toujours bien moins considérable que m’étaient les ovules dans l’ovaire; on n’en trouve ordinairement que d'une è quatre dans chaque loge, attachces dans langle aigu vers le milieu de la hauteur du fruit : ces graines sessiles et posces dans une direction horizontale varient extrèòmement de forme et de grosseur; elles offrent dans leur composition une lorique coriace, parcourue dans l'un de ses còtés par une raphe qui va s'épanouir et former une chalaze striée et souvent colorée au sommet d’un tegmen mince et membraneux. Ce tegmen recouvre immédiatement un ou plusieurs embryons composcs chacun de denx cotyledons ovales, légèrement convexes en dehors, et d’une radicule obtuse, saillante, centrifuge, enfoncée dans une échancrure des cotyledons, et dirigée vers la chalaze du còté opposé è l’ombilic. Mais, outre ces graines, les loges de l’orange contiennent encore un grand nombre de vésicules le plus souvent fusiformes, terminées en filet délié aux deux bouts, placées parallèlement, dirigées vers le centre du fruit, pleines de suc limpide amer ou sucré, et attachées au secteur de cercle qui forme le còté extéricur de la loge.

Tels sont les caractères physiques et très-apparens des végétaux appartenant au genre Oranger.. Nous avons donné à ces caractères plus d’extension que les botanistes ne leur en donnent communément, parce que nous les avons deéduits d'un grand nombre d’espèces ou variétés dont ils n’ont pas coutume de s’occuper. Les modifications comprises entre les limites que nous venons de tracer, caractérisent les espèces et les variétés que nous décrirons dans les chapitres suivans.

ARTICLE IL

Anatomie des Orangers.

DI 0 °

Nous n’avions pas eu d’abord l’intention d’entretenir nos lecteurs de ce sujet; . Vo ; i ala ; i ais ayant à rappeler à leur mémoire les fonctions des divers organes qui entren iti sg 1 t dans la composition des végétaux, et devant faire connaitre la nature

nous dispenser de faire è l’occasion des Orangers l’exposition abrégée de l’organisation végétale d’après la théorie de M. Mirbel, comme la plus simple et la plus généralement suivie. Ces details nous conduiront naturellement è quelques considérations générales sur la physiologie des végétaux.

Le végétal est un tissu membraneux dont toutes les parties sont continues entre elles. Il n’offre à l’inspection que des cavités de différentes figures et de différentes grandeurs, formées par des cloisons simples de différentes solidités; car une partie de celles qui sont dans le sens longitudinal sont infiniment plus solides que celles qui ont une direction transversale.

La plupart des cavités du tissu végétal sont remplies par des liquides ; quelques-unes semblent ne contenir que de l’air. Ces cavités ont été nommées, les, unes d’après leur forme, et les autres d’après le fluide qu’elles contiennent. Celles dont tous les còtés sont à-peu-près égaux, et qui approchent de la forme d’une alvéole d’abeille, s'appellent ce/lules : celles dont la longueur est sensiblement ou plusieurs fois plus grande que la largeur, ont été nommées i2bes ou vaisseaue. On n'a pas encore cru devoir reconnaitre plusieurs espèces de cellules quoiqu'il y en ait de grandes, de petites, d’irrégulières, d’hexagones, de polygones, etc. ; mais il n’en est pas ainsi des tubes. M. Mirbel en reconnaît six modifications à chacune desquelles il donne un nom propre, ainsi qu'il suit :

1° Les tubes poreux : ils sont criblés de pores rangés en séries transversales;

2° Les tubes fendus ou fausses trachées : ils sont coupés de fentes transversales;

3° Les trachées : elles sont formées de lames étroites, épaisses, souvent élastiques, roulées en hélices; on trouve des trachées à hélice double, triple, quadruple, etc.;

4° Les tubes mixtes: ils sont percés alternativement dans leur longueur de pores, de fentes et de découpures en tire-bourre;

5° Les vaisseaux en chapelet; ce sont des vaisseaux poreux étranglés de distance en distance et coupés par des diaphragmes percés à la manière d’un crible ;

6° Les vaisseaux propres ; leurs parois sont parfaitement entiers; ils ne présentent aucune espèce d’ouverture, et ils contiennent des sucs huileux, résineux, gommeux, etc. etc. généralement connus sous le nom de sucs propres.

Outre les vaisseaux et les cellules dont nous venons de parler et qui sont le produit de l’organisation végétale, on remarque encore dans plusieurs plantes des vides formés par le déchirement des membranes : M. Mirbel les nomme /acures : ils: remplissent quelquefois les fonctions de vaisseanx séveux et mème de vaisseanx

propres.

RI alate Ai

HISTOIRE NATURELLE se trouvent sur les parois des cellules et Vun dans l’autre, et portent

Au moyen des pores et des fentes qui x, les fluides séveux passent aisément de

: . ot oissement dans toutes les parties du végétal. artagent par leur isolement, par leur

des vaisseau la vie et l’accr

Les organes que nous venons d’énumeérer p

position respective et leur réunion, tous les végetaux en tro1s grandes classes assez

naturelles appelées Acoty/edons, Monocotyledons et Dicotyledons. Ainsi les que de cellules ou tissu cellulaire ; les monocotyle-

acotyledons ne sont composés asse de leur

faiscexux de vaisseaux séveux dispersés dans la m une trachée au milieu de chacun de ces faisceaux de tubes; les dicotyledons ont au centre un système de tissu cellalaire qui porte le

nom de m0é//e : autour de cette moélle est un cercle de trachées et de tubes séveux avers duquel cependant elle envoie des rayons

dons ont plusieurs

tissu cellulaire, et au moins

qui lui forment comme un étui au tr de sa substance jusque sous l’épiderme de l’écorce. J E Les tubes séveux sont fort nombreux et d’un diamétre très-étr

par leur aggrégation ce que l’on appelle la fibre du bois. Les trachées sont toujours ans les nervures

oit; ils constituent

placées autour de la moélle et non ailleurs: si on en trouve jusque d des feuilles, c'est que le centre de ces nervures est occupé par un filet de moélle. Quant aux autres vaisseaux, on les rencontre partout ; cependant les vaisseaux propres sont ordinairement plus nombreux et plus gros dans l’écorce que dans le bois, et comme ce sont eux qui contiennent les huiles, les résines, les baumes, etc. l'écorce a souvent plus de propriétés médicinales que le bois.

ARTICLE JI

Produits immeédiats des végetaux.

Tout cet appareil vasculaire ne serait qu’un squelette s'il n’était parcouru par

des fluides qui lui donnent la vie et l’accroissement. L’eau est le véhicule de la . TASCINSTÀ O 70 O °

nourriture des végétaux; mais elle-méme ne les nourrit que peu ou point, car une

plante meurt promptement dans l'eau distillée,

On peut diviser les élémens des végétaux en essentiels et accidentels. Les essentiels sont le carbone, les gaz hydrogène, oxigène et azote : les accidentels sont la chaux, la silice, le carbonate et les sulfates de chaux, le carbonate de potasse, de

; o. . ; soude, le nitrate de potasse, l’oxide de fer, etc. C'est l'eau seule qui charie toutes ces substances; elle les tient en dissolution et les introduit dans les plantes, ou bien

elle y introduit seulement leurs élémens qui s°y combinent ou s'y désunissent. Ainsi

quoique le carbone compose presque toute la masse du végétal, l’eau n°y en charie pourtant pas un atòme tout formé; mais elle tient en dissolution le gaz acide carbonique qui, étant arrivé dans la plante, dégage son oxigène, et dépose son carbone. Les autres substances sont ou plus particulières à certaines plantes, comme la silice aux graminces, ou en dissolution dans quelques terres seulement, et pompées par les végétaux qui y croissent.

Outre le carbone que les végétaux accumulent en grande quantité, la plupart produisent encore des substances qui different de l’eau de transpiration par leur couleur, leur odeur et leur densité. Ces substances, connues la plupart sous le nom de suc-propre, peuvent se diviser en sécrétion interne, et en séerétion externe. On rangera dans la première les sucs stationnaires qui restent enfermés dans le vegétal, comme l’huile essentielle de l’orange, etc. : dans la seconde on rangera tout ce qui se répand au-dehors du végétal; cette dernière se divise méme naturellement en séerétion gazeuse et en séerétion palpable. La séerétion gazeuse produit des odeurs et des vapeurs inflammables; la séerétion palpable donne des résines, des gommes, des huiles, etc. qui decoulent des végétanx ou qui recouvrent quel-

ques-unes de leurs parties.

ARTICLE IV

Notions physiologiques.

Nous avons dit, dans le premier article de ce chapitre, qu’une graine d’oranger mise en terre à une temperature et à une humidité convenable, opérait sa germination dans l'espace de dix à quinze jours; et nous avonsajouté, en d'autres termes, que cette graine en se développant pouvait successivement devenir un arbre de dix à douze métres de hauteur. Ce développement et tous lesphénomènes qui le suivent ou l’accompagnent sont l’effet de la nutrition; mais la nutrition elle-méme est une chose fort peu connue. Dans l’état actuel de la science, nous nous bornons è dire que l’embryon mis en terre absorbe l’humidité qui l’environne, qu'il sen pénètre, se l’assimile, et qu'elle lui sert non-seulement è développer les organes qui le constituent; mais encore à lui en faire produire d’autres qui n’étaient pas encore apparens. La racine étant principalement destinée è nourrir les autres parties, se développe naturellement la première : elle a évidemment la propriété de s’étendre d’elle-mème et par ses seules forces, puisqu'on voit beaucoup de plantes naissantes

HISTOIRE NATURELLE à longue d'un pied avant que la plumule arde pas è se développer et

à cotyledons hypogés, qui ont la racine déj rès sensible. Cependant la tige ne t alors il sétablit entre celles-ci et la racine un rapport de difie sans cesse, et que mème il intervertit

ait fait aucun pros è se couvrir de feuilles;

fonctions que l’état de l’atmosphère mo quelquefois totalement. En effet, la principale fonction des racines paraît étre de t aux branches où

erre pour la transmettre è la tige € feuilles qui en rejettent le superfiu par une rti si les feuilles se trouvent dans

pomper lhumidité de la t elle est puissamment attirée par les véritable transpiration ; mais cet ordre est interve i dans lequel végète la racine ; ce sont elles alors qui

un milieu plus frais que celu au tronc, aux racines, el

pompent lhumidité, la transmettent aux rameaux, qui entretiennent la vie dans tout le corps de la plante.

Tl ne faut pas conclure de là que toutes les plantes peuvent vivre indifféremment

ou par leurs feuilles ou par leurs racines. La simplicité de l’organisation des vége-

taux permet bien aux fluides de les traverser facilement dans tous les sens; mais

s'îl en est quelques-unes, tels que certains lichens, qui ne prennent aucune DOutr

riture par leurs racines, il n'est pas moins vrai que la majeure partie des plantes serait bientòt desséchée si elles étaient réduites è ne vivre que par les feuilles.

Comme il est certain que la plupart des végetaux pompent lhumidité de la terre au moyen de leurs racines quand l’atmosphère est chaude ou sèche; comme il est également certain que ces mémes végétaux aspirent par leurs feuilles les rosces et la fraîcheur pendant la nuit ou pendant les pluies après une longue sécheresse, on a été amené è admettre une sève ascendante et une sève descendante dans les plantes : et quoique la route que suivent ces sèves soit encore une chose assez obscure pour nous, on gaccorde assez è dire que la sève ascendante s’élève par le centre du tronc, et que la séve descendante abaisse entre le bois et l’écorce. Ces deux sèves, si différentes par leur origine, doivent nécessairement contenir des principes un peu différens; aussi, è quelques variantes et è quelques modifications près, croit-on assez généralement que la sìve ascendante produit le bois et les feuilles, et que la sìve descendante contribue è la grosseur des fruits et è lallongement des racines.

Ces attributions distinctes établies d’après un assez grand nombre d’observations souffrent cependant quelques difficultés qui décèlent des exceptions ou de nouvelles lois à découvrir.

Les organes élémentaires dont nous nous sommes occupés dans l’article II for-

ment, parleur combinaison et leur développement, deux sortes d’organes composés.

La première sorte comprend les organes de la végétation, qui sont la racine, le bois, l’écorce, la tige et les feuilles. La seconde sorte comprend les organes de la reproduction qui sont la fleur et le fruit. Les premiers forment des milliers de produits ou de combinaisons nécessaires au grand système de la nature : les seconds paraissent particulitrement destinés à reproduire l’individu par l’acte de la fécondation, car ils ne se montrent que pour consommer cet acte important, et ils périssent ensuite ou changent de nature.

Puisque la fleur joue le premier ròle dans la reproduction des végétaux, nous rappelerons ici ce qui la caractérise essentiellement, et comment les physiologistes concoivent l’acte de la fécondation lui-méme

Les personnes qui ne se sont point appliquées à l’étude de la botanique pensent que la fleur consiste uniquement dans cette partie brillante, souvent très-délicate et odorante qui dure peu de temps sur les végétaux, et qui se fait remarquer par la légèreté de son tissu, par ses formes aussi variées que gracieuses, et par ses inimitables couleurs; mais pour le botaniste, cette partie si brillante et si admirée ne constitue pas la fleur; elle n’en est que l’enveloppe. La fleur, suivant le langage des botanistes, consiste dans l’étamine et le pistil, seuls organes qui la constituent essentiellement, puisqu'ils concourent seuls directementà la fécondation des ovules.

Cette définition rigoureuse de la fleur, généralement admise aujourd’hui en botanique, est cependant assez souvent oubliée ou méconnue par les auteurs méme qui l’ont établie; et le plus ferme Linnéiste admet des fleurs miles, des fleurs femelles et des fleurs neutres.

L’étamine est l’organe màle de la fleur : le pistil en est l’organe femelle : tous deux recoivent le nom d’organe sexuel. Le premier est une petite boite remplie de poussitre appelée po/ler : le second se compose essentiellement de l’ovaire et du stigmate. L’ovaire contient l’ovule : le stigmate est attaché à l’ovaire ou immédiatement ou par un prolongement nommé szy/e.

Au moment de l’anthèse, ces deux organes préludent à l’acte de la génération : ils semblent alors pénétrés eux-mèmes d’une nouvelle vie; ils exécutent des mouvemens comparables à ceux excités par le désir et la sensibilité : il en est qui développent une chaleur si considérable, que leur superficie en devient toute carbonisée. Dans diverses fleurs è plusieurs étamines, chaque étamine s’approche alternativement du stigmate, et s'en éloigne ensuite pour faire place è une autre qui la presse. Quelquefois le stigmate semble partager cet empressement, et fait la moitié du

chemin : il shumecte d’une liqueur particulière : l’anthère s'ouvre, son pollen

— e 8 IE refer A : Po (È. (oto, (2,

tu prolifique, et l’ovule caché dans

@dlance sur le stigmate quiil pénètre de sa ver

le fond de l’ovaire se trouve fécondé (1).

Le pollen d'une fleur emporté par les ve

, x x à So 2 ce ; = È ‘(i 3 1 "i peut f&conder; è de très-grandes distances, non seulement une autre fleur de so

nts, par l'homme ou par les animaux,

espèce, mais encore une autre espece de son genre ou d’un genre vo1sin, Sl l’analogie

est assez naturelle ou assez rapprochée.

Le résultat immédiat de la fscondation, est l’apparition de l'embryon dans Povule (2); car quoique le premier développement de l’ovaire précède ordinairement l’apparition de V'embryon, ce développement n'est quun résultat relatif: mais la fécondation elle-méme échappe è pos sens et à notre intelligence : nous ne saurons probablement jamais quelle relation existe entre le pollen ou l'aura seminalis qu'il est sensé contenir, et Pembryon qui se manifeste dans l’ovule. Nous allons cependant rappeler è nos lecteurs les trois principales hypothèses avancées à ce sujet par les plus habiles métaphysiciens.

Selon Leuwenheock, les germes seraient contenus dans la liqueur séminale du mile, et Vacte de la fécondation ne serait que le passage de ces germes dans les ovaires de la femelle où ils doivent se développer.

Graaf soutenait que les germes sont tout formés dans les ovaires avant l’acte de la fécondation, et que la liqueur seminale du màle ne fait que leur donner la

wie et le mouvement.

Buffon pensait que le germe se forme dans l’acte méme de la génération par le concours et le mélange de la liqueur séminale du mile et de celle de la femelle.

Comme il est généralement admis que la fécondation s'opère par le concours des deux sexes dans les végétaux de meme que dans les animaux, ces trois hypothèses s'appliquent également aux deux règnes. On sent bien qu'elles ne peuvent pas ètre vraies toutes trois; qu'il y en a au moins deux fausses, et que si la troisiòme est vraie, on est encore loin de pouvoir le prouver.

Après la fécondation , l’embryon et le fruit qui le contient se développent et

IO AApARO e TTT

(©) L’anatomie montre clairement des vaisseaux qui descendent du stigmate jusqu’aux ovules; mais dire qu'ils servent à conduire l’aura seminalis dans ces ovules, c'est pure conjecture.

(2) C'est par erreur ou par abus de mot que Spallanzani et d’autres ont éerit avoir vu des embryons ou des germes avant la fécondation dans les plantes. Ils ont vu le sac et la liqueur dans lesquels le 0 ou

VPembryon devait se ifester, et ri i li y manifester, et rien de plus. Il faut donc, en lisant ces auteurs, entendre du contenant

ce qu'ils disent du contenu.

grandissent selon leur nature, et selon les lois de la nutrition (1). Mais ici nous sommes arrètés par un vaste champ encore hérissé de conjectures. Les botanistes ayant observé, dans plusieurs cas, que quand les ovules n’étaient pas fécondés, le fruit ne grossissait pas, ont dit, en thèse générale, Point de fécondation , point de fruit. Il eùt été plus exact de dire, Point de fécondation, point d’embryon; puisqu’on a prouvé de suite l’existence de beaucoup de fruits qui atteignent le dernier degré de leur développement, et qui cependant n’ont point d’embryon. Les botanistes, au lieu de modifier leur aphorisme, ont mieux aimé admettre que la fécondation agit aussi sur le fruit.

Cette concession ayant ouvert la porte è tous les écarts de l’imagination, on a mis sur le compte de la fécondation une infinité de phénomènes auxquels il est loin d’étre prouvé qu'elle ait aucune part. Si une graine reste petite ou maigre, la f4condation a, dit-on, été incomplète. Si un fruit acquiert un volume considérable, ou des formes inusitées, on dit qu'il a été fécondé avec excès, etc. etc. L’inspection des hybrides et des mulets prouve, sans réplique, que la fécondation peut modifier la physionomie de l’embryon; mais il répugne au bon sens de croire qu'elle influe directement sur les formes de l’ovaire qui sont bien déterminges et bien arrétées long-temps avant quelle ait lieu (2). Les protubérances, les cornes, les ailes, les algrettes qui distinguent certains fruits, étaient dessinées sur l’ovaire, et n’ont fait

que s'alonger ensuite, chacune selon sa nature (3). Loin que l’ovaire acquiert quel-

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(x) Dans la plupart des plantes, l’embryon devient visible peu de jours après la fécondation : dans plusieurs le fruit ne grossit sensiblement que quand l’amande ou l’embryon est bien formé; mais la noix et la pistache ont atteint presque toute leur grosseur quand leur amande commence à se manifester, avec cette différence, que la noix est pleine d’un mucilage qui doit servir de nourriture è l’embryon, et que la pistache est presque vide; voilà pourquoi l’amande peut se former dans une noix détachée de l’arbre, tandis que celle de la pistache ne le pourra jamais.

Si nos observations sont exactes, l’embryon ne se manifeste dans la graine du Pin Pignon (Pinus Pinea, L.) que deux ans’ après la fécondation.

(2) Il est tellement recu que la fécondation ne modifie pas l’ovaire, que l’Institut de France n’a pu donner son approbation à une opinion contraire que M. Gallesio a développée dans son sein, en 1810; quoique cet auteur se fit appuyé de beaucoup d’expériences qui lui paraissaient irrécusables.

L’Institut n°a pas cru, non plus, pouvoir donner son approbation è la classification des espèces et variétés d’orangers que le mème auteur lui a présentée comme une classification naturelle.

Cela n’empéche pas que le livre de M. Gallesio ne soit un bon livre, et que nous ne le lisions d’ailleurs avec plaisir et avec fruit. Yoyez Traité du Crrrus, imprimé è Paris, chez P. Didot, en 1811.

(3) Nous n’entendons pas parler de ces productions variées et singulières , telles que le Bédéguar du rosier, qui doivent leur naissance aux morsures ou aux sues particuliers de certaines larves.

erge

Vétat de fruit, il en perd assez souvent plusieurs qui

ques parties, en passant à le caractérisaient dans sa jeunesse.

Si d’une part les botanistes peuvent alléguer un g e que les ovules qu'ils contenaient n’av

rand nombre d’exemples de fruits avortés parce aient pas été f&condés, les cultivateurs de leur còté peuvent montrer beaucoup de fr e bonnes graines : de sorte que l’influence

uits stériles plus gros et plus savoureux que ceux qui renferment d le développement du fruit est encore un probléme. Voici e faire pencher pour la négative. On cultive dans les jardins un Néflier sans pepins dont la fleur, absolument privée d’étamines, de styles et de stigmates, est neutre dans toute la force du terme. Son ovaire est plein,

solide, dénué de loges et d’ovules : le calice et la corolle n’offrent rien de remars-unes des divisions calicinales prennent ordinairement

de la fécondation sur pourtant un fait capable d

quable, sinon que quelque

les dimensions et la couleur des

les autres, et devient une nèfle très-réguliére très-bonne, un peu moins grosse 5) to} 5) 9

que celle des bois, mais qui serait beaucoup plus volumineuse si, comme elle,

pétales. L’ovaire grossit dans la saison comme

elle contenait cinq gros osselets.

Malgré le grand poids de ce fait, nous pensons qu'il y a beaucoup de cas où la fécondation contribue d’une manière indirecte au développement du fruit, en ce que l’embryon fecondé attire la nourriture, et que bientòt cette nourriture devenant trop abondante pour l’embryon, est absorbée par le fruit qui l’entoure.

Ayant dit page 11, que les botanistes pensaient que le nombre des espèces et des variétés augmentait par des fécondations croisées, c'est ici le lieu de rappeler ce que les botanistes entendent par les mots espece et variété. Selon Linné et les maitres de la science, l’espèce est un étre ou une collection d’ètres qui ne diffère pas de l’individu qui la produit par voie de géncration. La variété est un étre ou une collection d’étres qui ne ressemble pas è l’individu qui l’a produit par voie de génération.

Rien de plus simple, de plus clair, de plus précis et de plus satisfaisant, en spéculation, que ces deux définitions; mais, d'un autre còté, rien n'est plus difficile à mettre en pratique. Comment en effet savoir si un chène séculaire ressemble, ou ne ressemble pas è son père? Comment savoir si les graines que nous recevons de la Nouvelle-Hollande ou de la Cochinchine, produisent ici des individus semblables aux individus qui ont produit ces graines ? Les botanistes qui ont ainsi

da r* x È CO) 9 .

caractérisé l’espèce et la variété, n’abordent pas méme ces difficultés; et ils sont

les premiers à ne considérer que les différences pour établir les espèces et les va-

PIL 7 N Ri ° ta riétés, sans trop sembarrasser d’où viennent ces différences.

On ne reconnaît pas de degrés dans l’espèce, mais on en reconnait trois dans la variété :

1° La variété produite par une fécondation adultérine, on l’appelle Aybride : elle se reconnaît en ce qu'elle offre des traits de ressemblance avec les deux planies qui l’ont produite.

2° La variété qui ne procède que d’une seule plante, et qui représente les traits de cette plante plus ou moins modifiés : on n’avait encore rien avancé sur la source de son existence jusqu'à M. Gallesio, qui croit l’apercevoir dans certaines circonstances de la fécondation.

3° La variété produite par le climat, la nature du sol, la culture, etc. Cette variété est accidentelle, et disparaît souvent avec les causes qui l’ont fait naître : elle représente l’espèce avec des dimensions plus petites ou plus grandes, et plus ou moins colorées que dans l’état naturel.

Tous les végétaux ne paraissent pas organisés de manière à produire également des variétés. Le dattier et le pistachier sont des arbres cultivés de toute antiquité; cependant, après une si longue suite de générations, ils n’offrent pas de variétés bien remarquables. Le noyer en a quelques-unes; l’olivier en compte davantage; le figuier encore plus : mais celles de la vigne, du pommier et du poirier seraient incalculables si on les conservait.

L’oranger n’est pas moins fécond en variétés que le pommier et le poirier; et il se distingue de tous les végétaux connus par des caractères physiologiques trèscurieux, qui paraissent dépendre d'une organisation particulière. Nous allons , rappeler les cinq plus saillans de ces caractères.

1° L’oranger appelé dizarerie offre, dans un seul et mème individu, des portions pures et sans mélanges de trois ou quatre espèces fort distinctes l’une de l’autre. On voit dans cet arbre des branches couvertes de feuilles, de fleurs et de fruits de cédratier, changer brusquement de nature, et produire des feuilles, des fleurs et des fruits de bigaradier, ou se couvrir alternativement de ces différentes productions. Souvent un fruit est cédrat d’un còté, et bigarade ou orange de l’autre còté : on en voit méme qui sont divisés en quatre portions alternativement de bigarade et de cédrat. Il semble que, dans ce végétal, les élémens de trois ou quatre espèces circulent sous la méme écorce, sans se mélanger, et que chacune d’elles se fait jour où elle peut; car toutes n’apparaissent pas è des distances ni à des époques déterminées.

2° Toutes les parties superficielles de l’oranger, excepté les étamines, sont

PEC. SSPAPTCRE

pnent une huile essentielle; mais quand ces

2h parsemées de vésicules qui contie étamines manifestent des dispositions à se tr entielle se manifestent è leur surface.

e suc essentiel de l’orange mùre est resorbé par e, l’orange redevient plus succulente bre (1), rattache ce

ansformer en pétales, aussitòt des

vésicules d’huile ess

3° Dans les pays chauds, 1 V’arbre pendant la floraison : après cette époqu et plus douce qu'auparavant. Un physiologiste justement célè fait particulier è la propriété générale qu'ont tous les végétaux de mettre leurs fluides dans une sorte d’équilibre.

4° Nous avons les premiers remarqué un caractère curieux p certitude une orange douce d’une orange acide, quelque soit la forme, la couleur

et la rugosité de ces fruits. L’orange douce a les vésicules de lhuile essentielle con-

our distinguer avec

vexes; l’orange acide les a concaves : les limes et toutes les variétés à suc fade ou indéterminé, ont les vésicules planes. Il parait donc que la forme de ces vésicules, ou la qualité de l’huile essentielle qu'elles contiennent est en rapport avec la qualité du suc renfermé dans la pulpe, puisque plus le suc est sucré, plus les vésicules sont convexes, et plus il est acide, plus elles sont concaves.

5° La graine de l’oranger contient souvent plusieurs embryons emboités les uns dans les autres sous un seul tegmen. Celle des oranges et des limons du commerce en contient, assez souvent, de trois è quatre. Grertner en a compté jusqu'à vingt dans une graine de pompelmousse ; mais ces embryons étaient la plupart incomplets d’après la description de Geertner.

L’oranger ne partage la propriété d’avoir plusieurs embryons sous un seul tegmen qu’avec très-peu d’autres végétaux. Les deux seuls faits que nous ayons à ajouter ont été observés par nous pendant notre séjour dans l'A mérique Meridionale. Le premier est une graine de pomme-rose (Eugeria Jambos, Lrx.) quicontenait trois embryons parfaits que nous avons fait germer : le second est une graine d'Ardisia serrulata, VENT. qui contenait deux embryons séparés dans un périsperme corné. Pour que ces deux faits isolés ne soient pas perdus pour la science, nous avons placé ici, tab. 2, les deux dessins que nous en avions faits sur les lieux.

Quant à Ss circonstance de ne mùrir ses fruits que dans la seconde année de leur existence, l’oranger la partage avec plusieurs arbres résineux, plusieurs chénes et beaucoup de végetaux de la zone torride.

(1) M. Mirbel, Élém. de botan. part. 1) pag. 320.

ARTICLE V

Idée de la grosseur et de la durée des plantes.

La famille des champignons renferme les plantes de la vie la plus courte, et celles du plus petit volume. Tel champignon naît, se multiplie et meurt en un jour : l’existence de tel autre ne peut se constater qu’au travers du microscope : mais depuis cet espace de quelques heures jusqu'à la durée de plusieurs siècles, et depuis ce point imperceptible jusqu'au volume de plusieurs milliers de métres cubes, tous les degrés sont partagés entre les différentes races des végétaux.

En examinant le tissu végétal et son mode d’accroissement, on est porté à penser que la plante devrait toujours croitre, et qu'elle ne peut périr que de mort violente. La mort naturelle, constante et périodique des plantes annuelles est donc un sujet d’étonnement pour l’anatomiste qui voit dans le bled, dont la durée est d’une année, la méme organisation que dans le roseau qui vit des siécles.

La courte durée de la vie de beaucoup de plantes n’étonne guère le vulgaire, qui est facilement convaincu par les faits ; mais soit orgueil, soit jalousie, il lui faut des témoignages du plus grand poids pour croire à la longévité prodigieuse de certains arbres.

Adanson a mesuré au Sénégal des baobabs de soixante-dix-huit pieds de circonférence, et d’autres voyageurs en ont vu de plus grands encore dans le méme pays. Ces baobabs, d’après le calcul très-plausible d’Adanson , existaient depuis au moins cinq mille ans.

Pline parle de beaucoup d’arbres merveilleux, les uns par leur dge, et les autres par leur grosseur. Il cite un platane dans la cavité duquel Lucinius Mutianus soupa avec vingt ei une personnes, couchées suivant l’usage des anciens. Il décrit un figuier de l’Inde qui avait soixante pieds de diamttre.

Nous nous occupions d’extraire encore quelques citations de Pline, surla durée des arbres, quand nous fùmes arrétés par les mots ibi platanus ostenditur ex qué pependit Marsya victus ab Apolline, qua jam tim magnitudine electa est; nous fùmes bien surpris de trouver cette fable dans un ouvrage d’histoire naturelle.

L'oranger est un arbre encore trop nouveau en Europe, pour que nous ayons quelque chose de certain sur le temps de sa durge; et il est trop sensible à la rigueur de notre climat, pour que nous connaissions la grosseur et la hauteur auxquelles il peut naturellement parvenir. Cependant les deux faits que nous

sa

arbre vit très-long-temps, et que sa tige ne parvient ste è Porangerie de Versailles un oranger

allons citer prouvent que cet grande élévation. Il exi ivre encore des siècles. On voit è Rome, que l’on croit avoir été

jamais è une Lressemé en 1421, et qui parait devoir v dans la cour du couvent de Sainte-Sabine, un oranger

2dt famala dlevé planté par Saint-Dominique , Vers l'an 1200, et cet oranger ne S est jamais éleve

à plus de trente pieds (1).

ARTICLE VI

De la Maturation des fruits » du nombre et de la dissémination

des Graines.

Les fruits étant ««idemment faits pour les graines, changent de nature , se dessèchent ou se détruisent peu de temps après que celles-ci ont atteint leur état de perfection. C'est alors que l'homme attentif s'approprie ceux de ces fruits qui deviennent succulens, nutritifs, ou propres à lui fournir des liqueurs salubres

ou agréables.

Il ya des fruits, comme la groseille et quelques cerises, qui mùrissent un mois après leur naissance : il en est d’autres, tels que plusieurs oranges , la plupart des pins, quelques glands, auxquels il faut quinze ou dix-huit mois pour atteindre leur parfaite maturité. Le pignon, le jocca ( Arzocarpus integrifolia, Lin. ), ont mème besoin de trois années pour mùrir complétement.

La datte , la pistache, la prune, sont des fruits qui ne contiennent ordinaire-

‘Lia RT (1) M. Gallesio cite un oranger, dans le Finalois, qui a neuf mètres de hauteur, et qui a rapporté jusqu'à huit mille oranges en une seule année. En 1789) il existait è Nice, sur la propriété de M. Defly, un oranger dont l’àge était inconnu, mais dont la tige était si grosse , qu'il fallait deux hommes pour l’embrasser : cet arbre avait près de cinquante pieds de hauteur, et ses branches ombrageaient une table de quarante couyerts : il rapportait chaque année de cinq è six mille oranges sur une seule moitié de sa téte, tandis que l’autre moitié n’en offrait qu’une centaine ; mais l’année suivante, cette dernière moitié en donnait è son tour de cinq à six mille, pendant que l’autre se reposait , et ainsi de suite. Ce bel oranger, qui s’élevait comme un géant au milieu des autres, avait résisté aux gelées meurtrières de 1709 ) 1763, 1778; mais déjà vieux , affaibli , il succomba sous celles de 1789. Nous n’avons remarqué nous-mèmes aucun oranger ni aussi gros ni aussi fertile à Saint-Domingue 3 cependant un colon digne de foi nous a assuré qu'il existait un bigaradier sur l’habitation Bourdon, dans le quartier de Jérémie, qui avait bien cinquante pieds de hauteur : il nous a cité aussi un oranger à

foi iO pp de SE 3 n ruit musqué, introduit dans le méme quartier sur l’habitation Bayaud vers lan 1790, et que i senu d’Otaiti, :

tà

ment qu'une graine. Un fruit de pavot en contient trois ou quatre mille, et un seul fruit de vanille en renferme peut-étre cent mille. Il y a des graines qui ne peuvent conserver leur vertu germinative que quelques jours, comme celle de l’arbre è pain ( Artocarpus incisa, Lin. ); et d’autres, comme le bled, qui peuvent la conserver pendant plusieurs siècles.

Certains fruits, comme celui du chàtaignier, du magnolia, s'ouvrent doucement, et laissent tomber leurs graines au pied de l’arbre qui les produit; d’autres, tels que le sablier(Hura crepitans, Lin.) , la balsamine, la cardamine, souvrent avec fracas et lancent leurs graines è de grandes distances; mais la pomme et l’orange ne s'ouvrent jamais, et la pulpe qu’elles contiennent paraît destinée à favoriser la germination de leurs graines. Il y a des fruits et des graines organisés de manière à pouvoir se soutenir dans l’air, et étre poussés par les vents d’une contrée è une autre. Linné pense méme que l’Ericeror caradense est venu par les airs de l’Amérique en Europe. Plusieurs graines résistent aux forces digestives des animaux qui les avalent et qui les rendent ensuite mieux disposées à germer. Les graines des Mimosa scandens ei entada sont tellement clòses, quelles conservent encore leur faculté germinative après avoir flotté sur les mers pendant plusieurs années.

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