‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 73 sur 134 · POMPELMOUSE POMPOLEON, CITRUS POMPELMOS DECUMANUS · texte numérisé non relu

POMPELMOUSE POMPOLEON, CITRUS POMPELMOS DECUMANUS

Foliis ovato - oblongis, acutis obtusisque, crassis; floribus racemosis, magnis, albis, extùs punctis viridibus notatis , sepè quadripetalis : fructu maximo, subrotundo , basi

apiceque depresso ; cortice levi, pallidè luteo, crasso, vesiculis olet essentialis vix

convexis notato.

Limo decumanus , Rumph., Herb., Amb., vol. 2, tab., p. 96, fig. 1.

Aurantium maximum, Ferr., Hesp., p. 457, tab. 459-441. ?

Var. a, Ramis junioribus pubescentibus.

Var. e, Foliis deformibus , crispis : fructu minore , rotundiore , tab. 64.

Le pompoléon est un arbre qui 9éleve è la hauteur ordinaire des orangers; ses rameaux

sont gros, Cassans, peu divisés, divergens, anguleux, dun vert blanchàtre, et quelquefois

pubescens dans leur jeunesse.

Il a les feuilles très-grandes, d'un vert blond, épaisses, oblongues, terminées en pointe

. SG I cli IRA î TESS CRE 5 émoussée ou aigue, souvent creusees en gouttière , légèrement dentées, portees sur des

petioles la plupart munis d’ailes trés-larges en forme de coeur.

Les fleurs naissent en grappe terminale ; elles sont les plus grandes du genre; leurs boutons

È n ° ed se È i sont d’un blanc verdàtre, trés- gros comme le bout du doigt; le calice est rugueux es, ordinairement inégales; les petales,

obtus, arqués ou renversés en arrière dans leur

ponctués et } trois ou cinq coupur souvent au nombre de quatre,

sont épais; trés-glanduleux en dehors, oblongs,

parfait épanowssement.

ante, sont polyadelphes, plus courtes que les

Les étamines, au nombre de quarante ou cinqu

pétales; elles ont les filets épais, en. L’ovaire est obovale, glabr

les anthères grandes, jaunes, oblongues et vacillantes après

Pémission du poll e, surmonté d’un style cylindrique, plus long O . r Rd pi aa > Pi n n 3 2 ( S po à ° que les étamines, termine par un gros stigmate strie, verdatre, creusé en entonnou et qui, dans sa jeunesse, laisse suinter un suc laiteux.

Le fruit est le plus gros de tous ceux produits par les espèces d’orangers A fleurs blanches; a forme, varient un peu; le plus petit n'a pas ordinairement

cependant sa grosseur et méme s tre, et le plus gros que nous ayons vu eu avait

moins de quatre-vingts millimètres de diamè

a forme la plus générale est celle d’une poire très-raccourcie, mais les

cent cinquante-cinq. $ est unie, d’un vert pàle, finement chagrinée

moins gros fruits sont un peu plus aplatis. La peau

par de nombreuses et petites vésicules d’huile essentielle légèrement convexes. La chair contenue

sous la peau est 6paisse, blanche, spongieuse, très-flexible, sans suc et sans saveur. La pulpe est

verdàtre, divisée en dix-huit ou vingt loges inégales, rangées autour d’un grand axe central; elle

contient une très- petite quantité de suc acide sucré, qu'on trouverait très-agréable s'l était t. Dans les fruits cultivés en Italie, on remarque beaucoup de grosses graines

plus abondan striges et anguleuses; ces fruits ont aussi une assez

oblongues, légèrement lavées de rose,

grande quantité de pulpe, et leur chair est d’autant moins épaisse; mais les fruits recucillis è

Paris, sont plus petits, ct manquent ordinairement de graines; leur pulpe est en moindre quantité, plus séche, et leur chair acquiert une épaisseur considérable. Les vésicules d’huile essentielle, toujours plus ou avance que son suc est d’une nature sucrée et sapide; mais

moins convexes, et jamais concaves

dans le pompoléon, attestent d’

ce suc, dans les pompoléons d'Europe , et surtout dans ceux de France, est en si petite

quantité, qu'on ne peut tirer des fruits aucun parti avantagenz. En Amérique méme, ce suc n'est pas assez abondant pour que le fruit y soit recherché, el on n'y cultive le pompoléon que par curiosité.

Rumph a décrit quatre varigtés de pompelmouses, dont deux è pulpe rouge, et deux à

pulpe plus ou moins jaune; nous n’avons rien en Europe qu'on puisse rapporter aux varictés

à pulpe rouge; mais le pompoléon que nous venons de décrire pourrait bien étre la quatrièéme variété de cet auteur.

Notre dessin, tab. 61, représente un fruit conservé dans Pesprit de vin, au jardin royal des Plantes de Paris; ce fruit avait été envoyé d'Ttalie, on ne sait plus en quelle année, è M. Fourcroy qui en a fait présent à Pétablissement dont il était un des professeurs les plus distingués : M. Gallesio dit, p. 165 et 164, quil est venu d'Amérique et qu'il est d'une belle couleur

SR (È 5 a b) î d’or : la première assertion mest. pas prouvée , et la seconde est résultée d’une erreur

DES ORANGERS. 129 d’optique. Nous avons été plus favorisés, pour nos observations, que ne Pavait été M. Gallesio, nous avons deélutéet et ouvert le bocal dans lequel ce fruit est contenu; nous avons extrait de ce bocal la liqueur qui s'est trouvée d’un jaune safran, et au travers de laquelle le fruit paraissait en effet d'une belle couleur d’or, quoiqu'il soit d’un jaune trés-pàle, et méme presque blanchàtre, à cause, sans doute, de son long séjour dans la liqueur.

Pour mieux examiner ce beau fruit, nous avons tenté de le tirer hors du vase, mais nous n'y avons point réussi, parce que son moindre diamétre est de quatre lignes plus grand que celui de l’ouverture de ce vase; en sorte qu'il faut, ou que la liqueur ait fait gonfler le fruit, ce qui n'est pas probable, ou qu'il ait été introduit dans le vase étant encore attaché à sa branche, avant quil eùt atteint son parfait développement. Cependant il nous a été très-facile d’en cxaminer toute la surface, d’en mesurer les proportions ct la véritable grosseur. Ce fruit est de la forme d’une pomme, assez régulier, ayant seulement l'un de ses diamétres moins fort que autre, aplati du còté opposé è la queue et d'une surface très-unie; sa couleur, la nature de sa peau et ses vésiculos saillantes remplies d’huile essentielle, sont évidemment celles qui caractérisent les véritables pompoléons tels qu'on les cultive en France et en Italie. Ce fruit doit avoir été soigné sur l’arbre, car on remarque à sa base Pempreinte de deux bandelettes disposées en croix qui ont servi à le soutenir, dans la crainte que par son poids il ne vint è rompre la branche qui le nourrissait; nous Pavons dessiné de grandeur naturelle et dans ses proportions, sans y rien changer, à Pexception d’un petit bout de queuo que nous avons ajouté pour en faire mieux distinguer la base et le sommet.

L'Aurantium maximum , Ferr. Hesp., tab. 439, se rapporte évidemment à ce fruit. Ferraris en fait une description pompeuse et très-gtendue. Selon cet auteur, c'est de la ville de Génes qu'on Pa regu dans divers jardins des environs de Naples : il n'atteint sa parfaite maturité que dans sa deuxièéme ou troisième année. Déjà on en distinguait deux variétés; lune à fruit déprimé et à pulpe agréable à manger; lautre à fruit plus arrondi et è pulpe non mangeabie.

On voit que ces differences se rapportent parfaitement à nos variétés de pompoléon encore

peu caractérisées.

TAB. LXII et LXIII.

go. POMPOLÉON ORDINAIRE, CITRUS POMPELMOS VULGARIS, POMPOLEONE ORDINARIO. Ces figures représentent un pompoléon de grandeur naturelle recueilli sur le territoire de

ES [ESE RS EZIO Î fenpit ient va LCOU Nice : les jeunes pousses de ses rameaux sont légèrement pubescentes. Le fruit vient beaucoup

moins gros X Paris et il est ordinatrement sans gran

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