‹ Histoire naturelle des orangersChapitre 78 sur 134 · LUMIE POIRE DU COMMANDEUR · texte numérisé non relu

LUMIE POIRE DU COMMANDEUR

LUMIA PYRIFORMIS, LUMIA, DETTA PERO DEL COMMENDATORE,

Foliis ovatis, breviter acutis , subdentatis : fructu magno , levi, pyriformi; cortice

crasso è viridi luteo pallescente ; pulp non ingratà aciduld.

Le poirier du commandeur est un arbre inconnu en Italie, et encore assez nouveau à Paris. L’individu le plus gros et le plus agé que nous connaissions, appartient è M. Huard; cet arbre paraît avoir environ vingt-cinq ans; il est trés-beau, régulier, et forme bien sa téte : ses jeunes pousses sont légèrement violettes et ses rameaux sont munis de quelques courtes épines.

Ses feuilles sont ovales, terminées en pointe raccourcie, trés-légèrement dentées, portées sur un pétiole ailé comme dans les orangers.

Les fleurs se développent en juin è Paris et viennent par bouquets; elles sont violettes en dehors, fort grosses, un peu moins cependant que dans le pompoléon et dans le chadec, mais au moins aussi larges; elles ont au reste une bien meilleure odeur; les étamines au nombre de trente è trente-six sont peu adhérentes entre elles; leurs anthéres sont grosses et fort jaunes. L’ovaire est vert, alongé, surmonté d’un style violet, ei terminé par un gros stigmate verdàtre.

Le fruit et gros, léger, pyriforme, lisse, d’un vert jaune très-pàle; les vésicules de son huile essentielle sont convexes et saillantes; sa chair est épaisse, blanche, flexible, spongieuse, sans saveur; la pulpe est verte, divisée en huit on dix loges, composée de grosses vésicules courtes qui contiennent un suc peu abondant, assez semblable è celui d'une orange douce qui n'est pas encore bien mire. Les graines sont assez nombreuses, courtes, ridées, tronquées, rougeàtres du còté de la chalaze, aplaties, blanchàtres, et munies d’une membrane du còté

de Pombilic.

Long. 0,100-0,110; larg. 0,080-0,090 ; épaiss. 0;015-0,018.

Ce fruit, peu savoureux à Paris, nous semble de nature à étre excellent dans les pays NI 0a PSRSI |] Bere È De x ì È J chauds : il est d’ailleurs d'un beau volume et d’une forme très-agréable. Les fleuristes de la capitale le multiplient beaucoup, et bientòt il sera assez commun dans le commerce. Ses

rapports avec le chadec sont frappans; cependant son suc n'est pas le méme, et il nous paraît supéricur au suc du chadec.

96. LUMIE DE SAINT-DOMINIQUE, CITRUS LUMIA DOMINICA, LUMIA DI SANTO-DOMINICO,

Foliis parvis, ovatis, crassis, petiolo alato insidentibus : fructibus ovatis , mammillatis s

cortice crasso , lutescente ; pulpd ingratà aciduld.

Lumia Dominici divi sive salis, Ferr., Hesp., p. 517, tab. 525. Lumia di Santo-Dominico , Vole., Hesp., pars II, p. 150. Lumia limonata , Volc., Hesp., p. 152, a. ?

Limone di Santo-Dominico , 'Tanar., p. 287.

Les anciens auteurs des Hespérides considéraient les lumies comme un groupe distinct. Cependant plusieurs citriographes modernes les ont placées les uns parmi les bigarades, les autres parmi les limons, et méme parmi les orangers à fruits doux. Mais s'l est difficile de suivre la nature dans ses modifications et dans ses combinaisons, il serait bien plus difficile encore de nous faire entendre, autrement qu’en établissant des coupes artificielles dans ses productions : ces coupes, basées sur quelques caractères constans, et appelées classes, ordres, sections, tribus, genres, etc. , sont indispensables dans l’étude de PHistoire Naturelle.

La lumie qui fait le sujet de notre description a la tige assez élevée; les rameaux étalés, longs, flexibles et quelquefois épineux.

Les feuilles sont petites, ovales, épaisses, d’un vert jaunàtre, è pétiole légèrement ailé.

Leurs fleurs, peu nombreuses et en partie stériles, sont lavées en dehors d’une faible teinte rose qui s'évanouit è mesure que les pétales se développent.

Les fruits sont ovales arrondis, d’un jaune clair et terminés par un mammelon plus ou moins large et obtus; leur écorce est épaisse, lisse, amère, faiblement adhérente à la pulpe qui est jaundtre, divisée en dix ou douze loges, et qui renferme un suc acidule peu agréable et nauséabond.

Les graines avortent ordinairement.

Le nom de cette lumie indique probablement quelle a été anciennement cultivée dans quelque monastére : on la connaît depuis long-temps en Italie; elle y est rare aujourd'hui et le deviendra encore plus sans doute par la suite, parce que linutilité de son produit en

fait négliger la culture.

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