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CHASSE AUX CHENILLES

Si l’on veut être certain d’avoir des papillons d’une grande fraîcheur, il faut élever soi-même des chenilles ; pour s’en procurer, on va les chercher sur les végétaux dont elles se nourrissent.

Les premières explorations auront lieu au mois d’avril.

A cette époque, le chasseur fera une battue dans les mille-feuilles, les orties, les plantains ; il y trouvera des écailles et des callimorphes.

Au milieu de mai, et même en juin, il fouillerale genêt à balais; il y trouvera l’écaille pourprée, le grand et le petit minime, l’agathe, la chenille lichnée du chêne, du peuplier, du sanle^ et beaucoup d’autres espèces qui abondent sur ces arbres, ce qui, plus tard, produira des sujets du genre nymphale, le grand et le petit bombyx, le mars, le morio, etc.; sur l’épine, le chêne et la ronce, la chenille du bombyx petit paon ; sur le peuplier blanc et sur le frêne, la lichnée bleue.

En juillet, les sphinx tête de mort, que donnent les crépusculaires, se trouvent sur la pomme de terre et la moreille; le laurier-thym et le lilas plaisent au sphinx du troène ; dans les feuillages du pied d’alouette et du chèvre-feuille, des haricots, du lizeron, du caille-lait jaune, du tilleul et de la vigne, on trouve le sphinx à cornes de bœuf, le livournien et la noctuelle incarnat.

Le chasseur qui aurait trop tardé à se mettre en campagne pour se procurer des chenilles, trouvera, vers la fin du mois d’août, sous les parties saillantes des murs, les cocons du bombyx grand paon; au pied des peupliers et des tilleuls, les cocons des smerinthes du peuplier et du tilleul; et dans les creux des vieux saules, les cocons du sphinx demi-paon.

Le mois de septembre offre en abondance les chenilles des nocturnes, surtout celles qui paraissent deux fois l’an, telles que la petite-queue-fourchue, le bois-veiné, la porcelaine, les hausse-queues, les noctuelles-volant-doré et volant-argenté, les premières sur le peuplier et sur le saule, les deux dernières sur l’ortie et sur la fétuque des prés (chiet^ent flottant).

Pour se procurer des hespéries et des pyrales, ou fouille les feuilles roulées ; sous les pierres et dans les cavités des écorces, on trouve des chenilles de noctuelles et de phalènes.

Les arbres, les buissons recèlent des milliers de chenilles qui échappent à.la vue la plus perçante; alors

on étend au-dessous des arbres, à l’entour des buissons, un grand linge ou un parapluie renversé; puis l’on frappe les branches avec un bâton.

Le chasseur doit se munir d’une poche en toile claire et de forme pareille à la poche en gaze qui sert à la chasse aux papillons. Cette poche sert à faucher de droite à gauche dans l’herbe et dans les fleurs, afin d’avoir des polyommates, des satyres et des zygènes.

Il faut autant que possible ne pas laisser ensemble des chenilles d’espèces différentes, dans la crainte qu’elles ne se dévorent. Le chasseur doit donc par prudence avoir une boîte dont l’intérieur sera divisé en compartiments et aéré aux extrémités.

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