‹ Histoire naturelle des papillonsChapitre 27 sur 32 · CONTRE-APPLICATION · texte numérisé non relu

CONTRE-APPLICATION

La méthode d’impression, dont nous avons parlé plus haut, a pour résultat de présenter les écailles retournées, qui, chez la plupart des individus, sont tout à fait semblables à l’intérieur comme k l’extérieur.

Mais il existe un petit nombre de papillons, tels que certains diurnes et quelques phalènes, ayant des couleurs

plus pâles, et chez lesquels cette méthode produit un tel effet qu’ils sont méconnaissables ; ainsi voulez-vous avoir à l’aide dudit procédé les écailles retournées d’un adonis^ dont la couleur bleue est si jolie, vous n’obtenez qu’un papillon noirâtre, que l’œil le mieux exercé ne pourrait reconnaître.

Il est donc utile et nécessaire, pour conserver à ces papillons leur véritable couleur et pour reproduire réellement la partie supérieure des plumules ou écailles, d’avoir recours à un autre procédé que nous allons exposer.

Cette méthode assez délicate offre quelques difficultés dans l’exécution ; mais, avec un peu de patience et après quelques essais, on obtiendra un succès complet qui dédommagera amplement les amâteurs de leurs peines.

Vous vous servez d’abord du procédé que nous avons indiquéplusbaut, et lorsqu’après avoir exécuté les diverses opérations prescrites, vous avez une épreuve exacte, contenant toutes les plumules retournées d’un papillon, vous faites ce qui suit :

Appliquez sur ladite épreuve une feuille de papier à calquer ; et, au moyen d’un crayon de mine de plomb bien tendre, tracez dessus les contours du papillon.

Placez ensuite sur ce papier à calquer une feuille de vélin ou de hollande sur laquelle vous faites, soit à l’aide de chiffres ou de lettres, soit à l’aide de traits de crayon ou de toute autre manière, des points de repaire, faciles

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DES PAPILLONS. Si

à reconnaître, afin de pouvoir remettre plus tard ces objets dans la même position.

Une fois cette opération terminée, enlevez les deux feuilles de papier posées sur l’épreuve ; plongez dans l’eau claire celle de Hollande, que vous retirez immédiatement et que vous égouttez à l’aide de trois ou quatre doubles feuilles de papier Joseph, et appliquez-la sui' la feuille à calquer, qui doit lui présenter la face sur laquelle a été tracé au crayon le contour du papillon.

Couvrez alors ces deux feuilles de quatre ou cinq doubles de papier et d’un morceau de carton ordinaire, et chargez le tout d'un poids de 5 àôkilogs, ou, si vous le préférez, employez le brunissoir.

Quand vous vous êtes assuré que les lignes au crayon de votre papier à calquer, formant le contour du papillon, sont exactement reproduites sur le papier de Hollande, répandez, avec un pinceau, à l’intérieur de ces lignes, de manière à ne pas les dépasser, une mince couche de vernis à l’esprit de vin n“ 1, que vous avez eu soin de faire épaissir sur une assiette plate ou sur un morceau de verre.

Prenez ensuite l’épreuve sur laquelle se trouvent les écailles retournées du papillon que vous voulez transposer, et mettez-la flotter sur un vase rempli d’eau claire, en ayant soin que les plumules ne soient nullement mouillées ; au bout de quelques secondes, nécessaires pour dissoudre la gomme, appliquez ladite épreuve sur le papier de

Hollande vernissé, et irainécliatement, toutes les écailles, restant attachées sur ce dernier, vous donneront toute la partie supérieure de votre papillon.

Dans la méthode que nous venons d’exposer, il y a une opération assez difficile à exécuter : c’est celle qui consiste à ramollir la gomme sans mouiller les écailles du papillon. Nous avons imaginé un moyen plus expéditif.

Il consiste à verser environ deux litres d’eau bouillante dans un vase quelconque, une soupière par exemple, sur lequel on tend et maintient attaché une gaze ou un tissu assez fin pour livrer un passage facile à la vapeur.

On place sur ce tissu bien uni l’épreuve sur laquelle sont attachées les écailles du papillon à transposer, de manière à ce que le papillon soit à la partie supérieure.

On couvre cette épreuve d’une double feuille de papier Joseph, et on pose sur le tout un vase creux, un saladier

Aussitôt la vapeur pénètre les pores du papier et dissout la gomme qui a servi à fixer les ailes du papillon ; au bout de dix minutes, il ne reste plus qu’à ôter le couvercle, à enlever avec précaution le papier Joseph en évitant toute espèce de frottement, à placer l’épreuve sur un morceau de carton garni de plusieurs feuilles de papier à dessécher, et à appliquer sur ce papillon le papier de Hollande vernissé, en observant bien attentivement les points de repaire.

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