‹ Histoire naturelle des papillonsChapitre 3 sur 32 · FAMILLE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

FAMILLE PREMIÈRE

Les Dinrnes.

Les Diurnes, ainsi appelés parce qu’ils volent de jour, se distinguent encore parleurs antennes à masse, khonton, en forme de massue ou en forme de corne de bélier. Leurs chenilles ont seize pattes et leurs chrysalides sont rarement enveloppées dans une coque. Le plus ordinairement, elles sont nues, anguleuses et suspendues par l’extrémité postérieure. Ces espèces sont extrêmement nombreuses ; on les reconnaît aisément à leurs aigrettes globuleuses et à leurs ailes qui demeurent élégamment relevées pendant le repos.

Rien n’égale la magnificence et la splendeur ravissante qu’étalent à nos regards certains papillons des Indes et des pays chauds ; ni les oiseaux les plus somptueux, ni les fleurs les plus éclatantes, ni les coquillages enrichis d’or et de nacre, ne peuvent en approcher. Mille teintes se jouent sur leurs ailes avec des reflets inimitables et une profusion inouïe, qu’on ne se lasse point d’admirer. On en forme des cadres charmants, qui ornent les salons

à l’égal des plus belles peintures. Quelques chenilles aussi, malgré le dédain qu’on leur témoigne, présentent des nuances vives et variées. Mais, sous son opulente parure, le papillon n’a qu’une existence éphémère; comme le plaisir folâtre dont il est l’image, il brille un instant devant nos yeux et nous échappe pour toujours.

Page 1