hoc. cit., \u, p
5G4 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
M. Rudolphi me Fa appris, est d'une espèce différente, distincte par ses petites écailles, par sa bouche plus fendue , par sa mâchoire supérieure plus longue, redressée, crochue, comme celle d'un S. Scouleri ou d'un Gorbucha.
^ Je crois enfin pouvoir placer à la suite de cette longue énumération de Salmones, des espèces que je ne connais qu'imparfaitement par les dessins du savant zoologiste, compagnon de l'amiral Lutkee. Ce seront des indications pour les naturalistes que la baie porte vers les îles aleutiennes et le cercle du Ramtschatka.
* Le Salmone tapdisma.
{Salmo Tapdisma 3 nob.)
J'ai trouvé, dans les dessins de M. Mertens, un Salmonoïde du Ramtschatka, très -voisin de ces espèces.
Il a la lêie courte; l'œil irès-pelit; la mâchoire supérieure un peu plus longue que finférieure; le dos relevé en bosse; le dessus verdàlre, avec les flancs et le ventre argentés, et les nageoires brunes.
Ce poisson vient du Kamtschatka.
Le Salmone arabatsch.
(Salmo Arahatsch, nob.)
a les mêmes formes que le précédent; mais le museau est beaucoup moins gros, La couleur est cendrée, devenant noirâtre sur le dos et plus blanche sous le ventre.
M. Mertens dit que quelques pécheurs kanitschadales le prenaient pour une variété du Krasnaja rjha, W Faudrait de grandes altéra lions dans les formes pour qu'il en fut ainsi.
Le Salmone nummifère.
{Salmo nummifery nob.)
Nous avons vu que le nom russe de Krasnaja rjha s'appliquait à plusieurs espèces assez différentes les unes des autres. J'en dis autant du nom de Kunsha- car j'ai sous les yeux deux dessins de M. Mertens qui portent ce nom, et qui représentent des poissons certainement différents des espèces précédentes.
Celui-ci a la bouche très-peu fendue. La mâchoire inférieure plus longue que la supérieure ; les dents petites et égales; le dos est vert noirâtre; les flancs gris, à reflets roussâtres; le ventre blanc, teinlé de rougeâtre. Des taches, rondes et blanches, ou roussâtres, très-serrées, d'inégales grandeurs, couvrent
300 LIVRE XXII. SALMONOIDES.
tout le corps. Le bortl de la caudale est vert assez i'oncé. L'adipeuse est rougeatre. Les autres nageoires sont grises ou verdàlres. La dorsale est un peu rougt'âtre. Les nombres sont :
Celte jolie espèce rappelle à certains égards notre Sahno fontinalis. M. Mertensl'a donnée comme un poisson du Kamtscliatka.
Le Salmone mélamptère.
{Salmo melcimpterus i nob.)
J'ai encore trouvé, dans les dessins de cet infatigable naturaliste , la figure d'un autre saumon que j'appelle Solnio melampterus ,
parce que ses deux nageoires, sa pectorale et sa caudale, sont noirâtres; que les ventrales et l'anale sont grises, plus ou moins foncées. Le bleu violet très-foncé du dos s'éclaircit sur les flancs pour se fondre dans le blanc argenté du ventre. Le dessin représente des mâchoires égales, non crochues; une tête courte; l'œil de médiocre grandeur.
L'espèce vient du Kamtscliatka.
Le Salmone au bec rouge.
{Salmo erjthrorjnchos i nob.)
Je n'ai pas osé placer à la suite de notre Salmo alpinus cette espèce, qui y prendra
CtlAP. III. TRUITES. 367
probablement place lorsqu'elle sera mieux connue.
C'est un Saumon à petile tête ; à bouche peu fendue, qui est vert sur le dos, rouge sous le ventre. Tout le corps est semé de points flmves. Les deux dorsales et la caudale sont noirâtres, sans aucune tache. La pectorale, la ventrale et l'anale ont leur premier rayon blanc et les autres rouges. Le bout du museau est également peint en rouge.
On voit que cette espèce doit être trèsvoisine de notre Sabiio alpinus si elle en est différente. Le dessin, fait au Kamtscliatka , porte pour dénoinination en langue de ces peuples, Kaniciioïl^oletz.
568 LIVRE XXII. SALMOxNOÏDFS.
CHAPITPxE ly.
Du genre Eperlan {Osmerus, Cu\.)
Ija dentition caractérise très-bien le genre des Eperlans. Les dents intermaxillaires sont petites et crochues; celles des maxillaires sont beaucoup plus petites j celles du vorner sont grosses, coniques et si avancées, qu'on les croirait implantées sur les mâchoires. Il y en a une rangée sur le bord externe du palatin et une autre sur le bord interne du ptéry- | goïdien : on en voit aussi de grosses sur la langue. Du reste, ces poissons ressemblent aux | autres Salmonoïdes par leur petite adipeuse; les ventrales répondent au bord antérieur de la première dorsale; les ouïes sont largement fendues; les parois de la vessie natatoire sont minces et argentées : cet organe communique avec le haut de Fcesophag^e. Les Eperlans ressemblent donc, dans leur constitution générale, à nos truites; ils vivent, comme elles, dans la mer ou à l'embouchure des fleuves. L'espèce, que l'on peut appeler marine, ne remonte pas au delà de l'endroit où arrivent les plus fortes marées. On connaît une seconde, plus petite, qui se tient dans les grands lacs, d'où elle passe dans les rivières.
Nous désigQons ce genre par la dénomination employée par Artedi; elle vient ôJoafj^s^yjç, odorant. Ainsi caractérisé, ce genre ne comprend plus les mêmes espèces que cet auteur y avait réunies; en effet, il l'a composé de notre Eperlan et du Saurus.
Notre Eperlan a été assez mal représenté dans Rondelet % qui le reconnaît très-bien pour une espèce vivant à Femboucliure des fleuves tributaires de l'Océan, très-commune à Rouen et à Anvers. Cet auteur croit que le nom d'Lperlan vientjle la couleur argentée et brillante, qui rappelle celle des perles.
La figure de Relon est sensiblement meilleure que celle de Rondelet; la description qu'il en donne, prouve que cette espèce était bien mieux connue d'un ichtliyologiste né en Normandie. Il le distingue d'ailleurs très-bien, sous le nom d'Éperlan de mer de l'Éperlan de Seine , appelé aussi par les Rouennais TVelle^ c'est le Leuciscus punctatus.
Gesner, qui n'a point copié les figures de l'Eperlan de mer de Relon ou de Rondelet , ne donne que celle de l'Able que je viens de désigner.
Schœnevelde a latinisé le nom de la Basse-