Cuv., Mém. du Mus., t. 1, p. 2-28, pi. H
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de dents. Derrière la supérieure on voit un arc, ou une bandelette arquée de petites dents en velours, implantées sur le chevron du vomer. La bande est allongée de chaque coté par un petit groupe de dents continués à celles du vomer, adhérentes à chaque palatin. La langue a aussi des dents, mais de grandeur variable , selon les espèces , de sorte qu'il ne faut pas dire de ces poissons, comme on peut le faire pour les Truites , que leur langue est armée de fortes dents. Les ouïes sont largement fendues j la membrane branchiostège porte six rayons ; l'estomac est assez grand et en cul-de-sac; le pylore est entouré d'appendices ccecales nombreuses, mais courtes; l'intestin ne fait qu'un repli; l'ovaire est composé de feuillets, flottant dans la cavité abdominale et y laissant tomber les œufs, comme dans les autres Salmonoïdes.
On voit que, sous ce rapport la splanchnologie des Argentines ressemble beaucoup à celle des espèces dont nous avons déjà traité; mais leur vessie natatoire, en général assez grande, l'est cependant beaucoup moins que celle des Truites. Elle en diffère aussi par l'épaisseur de ses parois fibreuses et argentées, chargées de cette substance brillante qui se divise par le lavage, d'abord en paillettes,
puis par la précipitation, avec l'ammoniaque, en une poussière argentée, si abondante dans un grand nombre de poissons, mais que l'on n'extrait dans le commerce que de deux ou trois espèces, afin de s'en servir pour la fabrication des fausses perles.
La vessie natatoire de l'Argentine a un autre caractère anatomique et physiologique fort intéressant pour nos études; elle ne communique pas avec le canal digestif; je n'ai pu du moins trouver de conduit pneumatique dans les trois individus d'espèces différentes que j'ai disséqués et dont les viscères étaient cependant parfaitement conservés.
Le péritoine est d'un brun roussâtre, tirant au chocolat sur toute sa face interne: mais l'externe, ou celle qui tapisse les muscles, a le même éclat que la vessie natatoire. On aperçoit son éclat métallique à travers la couche peu épaisse des muscles abdominaux ; aussi éprouve-t-on quelque surprise, quand on ne connaît pas la coloration des deux faces de cette séreuse, à trouver tout l'intérieur de l'abdomen si rembruni lorsqu'on fend ces parois, qui paraissaient à l'extérieur brillantes de l'éclat de l'argent.
Tels sont les caractères d'un genre dont nous possédons dans le Cabinet du Roi quatre
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espèces : deux nous viennent de la Méditerranée ou des côtes méridionales de l'Europe baignées par rOcéan; deux autres nous ont été envoyées des mers de Norwege. L'une d'elles , remarquable par sa taille et par la grandeur de ses yeux , est un poisson fort rare , tiré des grandes profondeurs de cet Océan septentrional.
Il est assez curieux, qu'un poisson si connu en Italie , puisqu'il sert à un commerce qui a tant de célébrité, n'ait pas été indiqué par Salviani , par Belon ou par Paul Jove. Hondelet ^ ne paraît pas avoir oublié cette espèce. On doit admettre, avec M. Guvier, que c'est la petite spliyrène de cet auteur; cependant il a oublié de faire représenter l'adipeuse. Gesner et Aldrovande, selon la méthode suivie dans leurs traités, se bornèrent à copier Piondelet. Ces auteurs ne parlent pas encore de l'emploi de la vessie dans la fabrication des fausses perles; mais du temps de Willuglîby et de Ray fusage en était généralement connu à Rome, où ces naturalistes revirent ce poisson. Willuglîby ajoute quelques détails à ceux que Rondelet avait déjà donnés sur ce poisson, qui prouvent que ce