‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 119 sur 157 · Rond., De piscibus , p · texte numérisé non relu

Rond., De piscibus , p

naturaliste avait sous les yeux l'Argentine 5 mais comme il s'en est rapporté à Rondelet pour la figure , il a oublié la nageoire adipeuse , dont il ne fait également aucune mention dans son texte qui, cependant n'est pas copié sur celui de Flclithyologie de Montpellier.

/^'Argentine de Cuvier.

{Argenlina Ciii'ieri, nob.)

Je commence par décrire dans ce genre dont M. Cuvier, comme nous venons de l'établir, ne connaissait qu'une espèce, celle que ce célèbre savant a figurée dans les Mémoires du Muséum, t. Xî, pi. I, fig. 1. Comme je fais ma description d'après l'exemplaire qui a servi au mémoire de mon très-illustre maître, on ne pourra douter de ridenlité spécifique. D'ailleurs j'en ai plusieurs autres exemplaires qui présentent les mêmes caractères.

Ce poisson a le corps arrondi, un peu méplat sur les flancs, allongé, car la hauteur n'est que le huitième de la longueur totale. La tête est longue; portée sur le corps, elle y est contenue quatre fois et un tiers. Le museau est étroit et déprimé; la bouche est petite et peu fendue. L'œil est grand; son diamètre mesure à peu près le tiers de la longueur de la tête. L'intervalle qui sépare les deux yeux, ne fait guère que la moitié de ce diamètre; mesuré entre les mastoi-

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diens, l'occiput a la même largeur que rœil. On ne trouve aussi qu'une longueur du diamètre de l'oeil entre le bord antérieur de cet oreane et l'extrémité du museau. Il y a une paupière adipeuse très-marquée, qui recouvre presque entièrement le cercle de la pupille. La paupière postérieure est beaucoup moins large. Le sous-orbitaire est une pièce tiiangulaire, assez large, couchée derrière le maxillaire sans le recouvrir, et il est placé tellement au devant de l'œil, qu'on ne peut véritablement dire qu'il contribue à former par en bas la portion antérieure du cercle de l'orbite; il en est éloigné par une trèslarge adipeuse. Le second sous-orbitaire est étroit et allongé; il commence tout près de la terminaison du maxillaire, par conséquent bien au devant de l'œil; il n'atteint pas en arrière la moitié du globe. Celui-ci est suivi d'un troisième, qui est également une petite pièce oblongue; puis, vient le quatrième sous-orbitaire, qui est quadrilatère et forme une petite plaque au-dessous du cercle de l'orbite auquel il ne touche que très-peu. Le cinquième sous-orbitaire remonte derrière l'orbite presque jusqu'au haut de l'œil; sa partie inférieure est élargie en une sorte de petite palette; cependant une sixième pièce trèsétroite et pointue, courbée en arc, complète le cercle de l'orbite sous le bord des frontaux. Tous ces os sont un peu caverneux. Il résulte de Là que l'ensemble du sous-orbitaire forme une sorte de plaque, que l'on pourrait comparer à un triangle rectangle, dont l'angle droit est au-dessous et derrière l'œil, et riiypothénuse serait tracée de l'angle externe du

frontal postérieur vers le bout du museau. Cette forme générale de l'os a élé indiquée plutôt qu'étudiée dans la fisure des Mémoires du Muséum. Les deux bords

du préopercule sont parallèles à ceux de la plaque sous-orbitaire. La limbe inférieure de cet os est caverneuse. L'opercule est très-mince; le bord postérieur a une faible écbancrure; son angle inférieur est peu profond. Le sous-opercule est étroit et placé obliquement le long du bord de la pièce précédente. L'inieropercule est un petit os en arc très-rnince, presque entièrement caché sous le bord horizontal du préopercule; on ne le voit qu'en écartant la membrane branchiostége, et on le prendrait, si l'on n'examinait pas avec attention, pour un rayon de cette membrane. Ceux-ci sont longs, grêles, parce que la forme des ouïes est très-largement ouverte. Il y a six rayons à la membrane branchiostége. Il n'y a pas de branchie supplémentaire à la face interne de l'opercule. Nous avons déjà indique la petitesse de la bouche. Les intermaxillaires sont trèscourts, très-grêles, placés un peu au-devant des maxillaires qui cependant bordent presque en entier l'arc supérieur de la fente. Les branches de la mâchoire inférieure sont hautes, mais courtes. Ces os n'ont pas de dents, mais la lèvre supérieure a de petites papilles, que l'on prendrait facilement pour des dents. Le chevron du vomer et l'extrémité des palatins en ont de petites en velours, qui forment derrière les mâchoires un arc parallèle au leur. La langue en a cinq ou six qui sont crochues et longues, méritant, comme Ta très-bien dit M. Cuvier,

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cVèlre comparée avec celles des truites. L'os de la ceinture liuiiiérale, quoique tiès-mlnce, est assez large et a son bord festonné. On les voit se réunir tous deux surla gorge et former une grande plaque en losange, à laquelle sont altacliées les pectorales, de sorie que ces deux nageoires sont insérées tout à fait sur la ligne du profil à la même hauteur que les venlrales, et elles s'étendent horizontalement quand le poisson les écarte du corps. La ventrale est insérée à peu près au milieu de la longueur du corps en n'y comprenant pas la caudale. La dorsale dépasse de plus de la moitié de sa longueur ces nageoires. L'anale est basse, peu longue j la caudale est fourchue.

B. 6; D. iO — 0; A. 12; C. 29; V. 10; P. 12. Les écailles sont plutôt grandes que petites; elles se détachent si facllemenL qu'elles ne sont conservées sur aucun des trois exemplaires qui font partie de notre collection. La couleur est verdâtre sur le dos; une bandelette argentée, placée à la hauteur de la ligne latérale, va se perdre sur le verdâtre du bas des flancs; le dessous du ventre est d'un blanc d'argent mat. L'iris de l'œil est aussi brillant; il en est de même des opercules et de toute la peau qui passe sous l'isthme. On aperçoit à travers la minceur des téguments du ventre, le brillant argenté de la vessie épaisse et fibreuse, si remarquable dans cette espèce. L'estomac est très-petit et très-flûble; il est de couleur noirâtre , ou plutôt c'est le péritoine qui paraît lui donner cette teinte. Llniestln est replié deux fois; il y a une douzaine de cœcums. La vessie natatoire a ses deux extrémités coniques et pointues. Elle est

assez renflée dans le railieu ; ses tuniques sont trèsépaisses et brillent du plus bel éclat argenté. Elle n'a assurément aucune communication avec le canal digestif. Les œufs tombent dans l'abdomen comme dans les autres salraonoides. Je crois n'avoir vu qu'un seul ovaire.

Le plus long de nos exemplaires a près de sept pouces : il vient de Malte. Nous en possédons un autre, originaire de Malaga. Celui que M. Cuvier a décrit, avait été rapporté des îles Baléares par M. de la Roche.

Cette espèce d'Argentine a été très-probablement confondue avec les autres du genre, de sorte qu'il est impossible de s'étendre plus longuement sur sa synonymie.

Zy 'Argentine a langue lisse. {Argentina leioglossa y nob.)

J'ai une seconde espèce d'Argentine, qui ressemble par ses formes extérieures à celle décrite dans l'article précédent, mais qui s'en distingue par un caractère facile à saisir. Le poisson n'a pas de dents sur la langue. Je me suis demandé, si ce caractère ne devait pas le faire séparer des autres Argentines. Les espèces décrites plus loin montreront que les dents sur la langue deviennent très-petites, 21. 27

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et que ce caractère ne peut pas être considéré comme d'une assez haute valeur pour devenir générique.

Notre Argentine léioglosse a le corps un peu plus court que l'espèce précédente ; car la hauteur ne mesure que le septième de la longueur totale. La tête est proporlionnellement beaucoup plus longue; elle n'est contenue que trois fois et demie dans celte même longueur totale. Le museau est plus aigu. L'œil est aussi grand. Les dents palatines et vomériennes sont plus fines.

Les écailles sont tout aussi caduques que dans l'espèce précédente, et les couleurs me paraissent semblables. La vessie natatoire de cette espèce est petite et ses parois sont peu épaisses.

Les exemplaires qui ont servi à cette description sont longs de quatre pouces et quelque clïose. Ils ont été rapportés de la côte d'Afrique par M. Guichenot, l'un des préparateurs du Muséum, et qui a pris ces poissons dans la rade d'Alger pendant l'expédition scientifique de l'Algérie.

L'Argentine de Yarrelu {Argentina Yarrelli, nob.)

Nous avons déjà eu occasion de signaler plusieurs fois la ressemblance qui existe entre

tertains animaux des mers septentrionales et ceux de la Méditerranée. Nous trouvons une nouvelle preuve de cette affinité de la Faune des deux mers dans les deux belles espèces d'Argentine trouvées sur les cotes de Norwége.

L'une d'elle&a d'ailleurs le corps presque tétraèdre, tant le méplat des flancs est prononcé. La hauteur est contenue h peu de chose près huit fois dans la longueur totale. La longueur de la tête y est quatre fois et un cinquième. L'oeil est plus petit: son diamètre est du quart de la longueur de la tête; il est éloigné du bout du museau d'une fois et un tiers le diamètre. La tête a la nuque plus large ; le museau déprimé est un peu moins pointu. Les deux mâchoires sont à peu près égales. L'arcade des dents palatines et vomériennes est composée de trèsfines aspérités qui semblent placées sur deux rangs. Je vois sur la langue deux rangées de dents crochues, plus petites que dans l'espèce de la Méditerranée, même lorsqu'on les a entièrement dégagées de la muqueuse épaisse, qui les cache en partie. La dorsale est haute de l'avant, ses derniers rayons sont très-bas. L'anale est courte et basse; la caudale est fourchue.

Les écailles sont grandes, assez résistantes, peu adhérentes; cependant elles sont restées sur les exemplaires du Cabinet du Roi. Elles sont beaucoup plus hautes que longues; leur bord radical n'a que de fines stries concentriques, sans rayons à la racine.

Les stries sont plus rares sur la partie nue, qui est hérissée de petites pointes visibles à l'œil nu. Je compte quarante-huit rangées d'écaillés le long des flancs. Une bande argentée, brillante, assez large, en couvre la partie inférieure. Le dos et le bas du corps paraissent dans l'esprit de vin d'une couleur ambrée avec quelques reflets argentés. Une plaque d'argent irès-vif est étendue sous l'isthme. Les viscères sont semblables à ceux du poisson de la Méditerranée. La vessie natatoire se détache par son bel éclat d^rgent sur le fond très-noir du péritoine; sa partie antérieure est plus courte et plus obtuse que celle de \u4rgentina CuvierL

Le Cabinet du Roi possède deux exemplaires de ce curieux poisson : le plus grand est long de sept pouces; ils y ont été donnés par M. le professeur Nilsson de Stockholm. Cette espèce est figurée dans le supplément du second volume de l'Ichthyologie anglaise de M. Yarrell; la description de cet habile observateur confirme cette détermination.

M. Yarrell a reçu ce poisson d'un de ses correspondants, M. William Euing, de Glasgow, qui le tenait lui-même d'un pécheur de la baie de Rothsay : il avait été pris à deux cents toises de la côte par douze brasses de profondeur. Le pêcheur disait que c'était un poisson rare. Plus tard, M. Yarrell en a reçu un second exemplaire des mêmes lieux, plus

grand que le précèdent et long de huit pouces. Ce naturaliste a publié l'espèce, en la classant dans le genre des Éperlans, sous le nom d'Osmeriis hehridicus. On voit qu'il n'avait pas bien saisi les différences génériques qui peuvent séparer les Argentines des Éperlans; car il a donné une nouvelle figure de XOsmerus eperlanus de la Tamise, dans une vignette placée à la fin du nouvel article, destiné à faire connaître cet Osmerus hehridicus. Or, la différence des formes dans les mâchoires, l'absence de dents et la position avancée de la dorsale auraient du lui montrer qu'il avait sous les yeux deux poissons de genres différents; néanmoins, ce naturaliste nous ayant mis sur la voie de déterminer notre poisson par l'excellente figure qu'il en a publiée, je me suis fait un vrai plaisir de lui donner une nouvelle preuve de la haute estime que je joins aux sentiments d'amitié que j'ai pour lui, en lui dédiant cette argentine.

L'Argentine sil.

{Argent ina silus y Risberg.)

La grande et belle espèce d'Argentine que je vais décrire est remarquable par la dimension de son œil. Le Pomatome télescope ou

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les Priacanlhes sont les seuls poissons que l'on pourrait lui comparer pour la grandeur de cet organe.

La forme générale du corps est semblable à celle de nos petites espèces. Le dos est large et arrondi; les flancs sont méplats; ils sont séparés par une carène obtuse du dessous du ventre qui est également oplali. La hauteur est six fols et demie dans la longueur totale. Celle de la tête en mesure le quart. Le diamètre de l'œil n'est que deux fols et demie dans la longueur de la tête. La distance du bord antérieur à l'extrémité du museau n'est guère que de la moitié du diamètre. Une paupière épaisse et adipeuse le couvre en partie; elle s'étend en arrière jusque sur l'opercule; elle cache également la plupart des pièces sous-orbltalres, qui ne diffèrent pas beaucoup de celles de nos petites espèces. Elle remonte aussi sur la nuque et se confond avec la peau épaisse qui recouvre tout le dessus du crâne. Cette peau est traversée par de nombreuses veinules, ramifiées et anastomosées, depuis la nuque jusqu'audevant des yeux. Les dents palatines et vomériennes forment une bandelette arquée, plus large au centre qu'aux extrémités. Les dents de la langue sont petites, nombreuses. La dorsale est haute et pointue; les rayons antérieurs égalent la hauteur du tronc; les derniers n'ont guère que le cinquième de la hauteur des premiers. Les pectorales sont petites; lu ventrale est reculée sous le dernier rayon.

B. 6; D. 11 — 0; A. 15; C. 27; P. 17; V. 12. L:i caudale est fourchue; l'adipeuse est petite. Les

écailles sont semblables à celles de l'espèce précédenie. La ligne latérale est fortement marquée; léchancrure de ces écailles est profonde. La couleur me paraît aussi avoir été argentée comme celle des autres argentines. Les viscères offrent très-peu de différences. La vessie natatoire me paraît un peu plus étroite et un peu plus courte; ses extrémités coniques sont plus aiguës; elle est d'ailleurs composée de ce même tissu fibreux et argenté, que l'on emploie avec tant d'avantage en Italie pour l'orientation des perles.

Le Cabinet du Pvoi a reçu un très-bel exemplaire de cette espèce par les soins des conservateurs du Musée de Bergen. Il est long d'un peu plus d'un pied. J'ai lieu de croire que cet individu a été tiré des grandes profondeurs, car son estomac était renversé.

Nous trouvons une très -belle figure de cette espèce dans Ascanius\ Cet auteur nous apprend que c'est le SU ou le J^al-Sil des environs de Bergen. Il dit que sa grandeur varie d'un à deux pieds; que le Sil est la seule espèce du genre Saumon qui soit vraiment pélagique, c'est-à-dire, qu'on ne le prend qu'à la haute mer, parce qu'il ne s'approche jamais des côtes. Ce poisson, très-gros, a une chair très-blanche, quoique rempli de petites arêtes comme le Lavaret. Sans l'examen du poisson

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