‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 12 sur 157 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Du genre Anchois {Engraulis).

Nous allons décrire dans ce chapitre l'histoire naturelle de poissons qui offrent plusieurs traits caractéristiques de conformation ou de mœurs semblables à ceux des Harengs, des Aloses et des Sardines. Ce sont les poissons connus sur presque toutes nos côtes d'Europe par le nom d'Anchois, ou par une dénomination semblable à celle-ci, et qui semble en dériver, ou en être une corruption. Le caractère remarquable de ce genre consiste dans la grandeur de la fente de la bouche et dans la saillie du museau. C'est l'ethmoïde qui s'avance au-devant des mâchoires. Les intermaxillaires sont peti ts et cachés sous le museau : ils sont tellement réunis au maxillaire qu'ils se meuvent avec lui et qu'on ne les aperçoit que par la dissection. Les maxillaires sont grêles, couchés sur les côtés de la joue. Le vomer est étroit et a quelques petites dents à son extrémité. Les palatins et les ptérygoïdiens forment aussi des lamelles étroites et allongées , hérissées de petites dents qui , dans

quelques espèces, ne sont que de simples âpretës. Ces dents de la voûte palatine deviennent si petites dans l'Anchois d'Europe que l'on peut discuter leur présence, mais dans la plupart des espèces étrangères, elles sont extrêmement visibles. La fente des ouïes paraît en quelque sorte proportionnée à la grandeur de celle de la bouche. Les anchois sont les poissons qui me paraissent avoir ces ouvertures les plus larges. La membrane branchiostège est étroite , cachée sous les branches de la mâchoire; elle est soutenue par des rayons courts dont le nombre est variable suivant les espèces, et souvent même d'un côté à l'autre de la gorge. Nous avons des anchois qui n'ont que neuf rayons, tandis que d'autres en ont jusqu'à quatorze. Ces poissons ont le corps en général arrondi, une petite dorsale et une caudale fourchue. Les pectorales sont insérées en bas et près de la fente de l'ouïe; les ventrales sont très-petites. Plusieurs espèces étrangères ont cependant le corps comprimé et le ventre tranchant; leur tronc pourrait être comparé à une lame de couteau. Le canal intestinal est replié plusieurs fois sur lui-même; l'estomac est cylindrique, assez large, et muni d'un grand nombre de cœcums au pylore. J'ai trouvé à toutes les

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