NW'-For/i Fauna, p
51 4 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
des rayons ne sont pas sulTisarament indiques, et l'on ne conçoit pas assez ce que les auteurs ont voulu dire par une lèvre jirolubérante et, bifide.
Les difFerentes espèces de Corëgones déjà décrites, sont toutes réunies par le caractère remarquable du prolongement de la mâchoire supérieure. Je vais traiter maintenant, dans celte seconde section, des espèces qui ont la mâchoire inférieure plus longue que l'autre. Nous en possédons plusieurs en Europe. J'ai pu en voir quelques-unes, les autres ne me sont connues que par les descriptions de Pallas et des ichthyologistes récents. Il en existe aussi dans les eaux douces de l'i^mérique septentrionale : le Cabinet du Roi a reçu du lac Ontario une de • ces corégones , remarquable par sa grandeur et par son abondance, qui la rend l'objet d'une pèche importante sur les lacs.
La CORÉGONE VIMBE.
{Coregonus viniba^ nob.)
Je vais commencer par décrire la plus grande de nos espèces. Elle a été connue de Linné, mais non d'Artedi; elle ressemble plus, au premier aspect, au hareng qu'à un saumon.
Son ventre est arqué et saillant. La hauteur est près de cinq fois dans la longueur totale. La tête est petite, du sixième de cette même longueur. L'œil est assez ^rand. La pectorale, pointue, est courte; la ventrale n'est pas très -grande. La caudale est fourchue.
Les écailles sont de grandeur moyenne; le dos est bleu; les flancs et le ventre très-argentés.
J'ai trouve un exemplaire de cette espèce à l'embouchure de l'Escaut en i 824 - il est long de sept pouces. M. de Humboldt nous en a donné un autre exemplaire venant de Pétersbourg. îl y en a un troisième dans le Cabinet du Tîoi, plus petit et dont j'ignore la patrie : c'est le Coregomis wimha de M. Nilsson ; les propordons sont exactement les mêmes. On le prend dans le lac d'Aniramen, de la province de Dalécarlie , d'oii le poisson est tramsporté en Suède sous le nom diAninis-J'Vimha. Comme les autres espèces de ce genre, il fraie au commencement de novembre : sa chair est excellente.
La détermination de M. Nilsson nous apprend à reconnaître le Salmo -wimha de Linné, indiqué très-brièvement dans le Sjstema îiatiirœ.
Il me paraît, que le poisson figuré dans les
51 6 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Mémoires* de FAcadëmie impériale de Saint- Pétersbourg par M. Ozeretskovsky, appartient à cette espèce. Ce naturaliste russe a présenté des observations sur un poisson, nommé improprement Hareng, et il a même proposé de nommer cette Corégone Pseudo-hareng. Il a reconnu, en effet, que son poisson n'appartient pas plus à ce genre que les Pollans d'Ecosse, désignés également sous le nom de Harengs d'eau douce. Nous apprenons, dans cette observation, que ces corégones sont apportées à Moscou du grand lac Péreslaw Zaleski, si célèbre dans l'Histoire de la Russie par les premiers exercices de Pierre-le- Grand dans lart de la navigation. Le Coregojius "winiha y vient, tantôt gelé, tantôt enfumé, mais jamais salé comme les harengs : les habitudes de la vimbe sont celles des corégones. Elle fraie au mois de novembre ; les œufs sont rougeâtres et petits. Hors de l'eau elle meurt bien vite. Les vimbes se tiennent dans le fond du lac, et ne montent pas dans la rivière de Troubège qui y entre, ou ne descendent pas dans la Weksa qui en sort. Comme on prétend que cette corégone ne se trouve dans