Forsk., Faun. arah. , p. 73, n
de plus curieux, par M. de Lacépède, qui établissait pour le Clupea mjstus un genre où il devait nécessairement faire entrer le Clupea setirostrisy s'il eût seulement jeté les yeux sur la figure de Broussonnet. Mais malheureusement cet éloquent écrivain ne remontait pas toujours aux sources, il s'est contenté de copier la treizième édition du Sjstema naturœ. Nous rétablissons donc par cette discussion une espèce mentionnée par Forskal et très-différente du poisson de Forster avec lequel les auteurs précédents la confondaient. Il est de notre devoir d'ajouter que nous suivons en cela la rectification que Bloch avait heureusement faite dans le Système posthume, où le Clupea Bœlama est séparé du Clupea setirostris.
Z/'AnCHOIS SPINIGÊRE.
{Engraidis spinîfer^ nob.)
Les mers d'Amérique ont un anchois qui a
les dents encore plus petites que l'espèce précédente. Celles du maxillaire sont tellement fines qu'on pourrait leur donner le nom de cils; celles des palatins et des ptérygoïdiens sont aussi d'une extrême petitesse, ainsi que celles du vomer. L'opercule donne à son angle inférieur une petite épine
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triangulaire et plate qui devient un caractère facile pour reconnaître cette espèce. La pectorale a les rayons prolongés en filaments très-courts; les ventrales sont avancées entre les pointes de la nageoire thorachique, La dorsale est haute et pointue; l'anale est étendue sous toute la queue , haute de lavant et allant en diminuant jusque vers les derniers rayons. La caudale est fourchue.
B. 14; D. 15; A. 38; C. 21; P. 12; V. 7. Cette espèce a un rayon de plus à la membrane branchiostège que notre anchois commun : nous en avons trouvé quatorze. Les écailles sont trèsjoliment réticulées par l'entre-croisement de nombreuses petites stries ou de canaux muqueux ; dessinant tantôt des mailles hexagonales et tantôt des espèces de demi-cercles qui donnent aux compartiments l'apparence de petites écailles imbriquées. La couleur paraît avoir été verdâtre sur le dos et argentée sur le reste du corps. La caudale, rouge, est bordée de noir ; les autres nageoires sont jaunâtres.
Nos individus ont six pouces de long.
Ils nous ont été envoyés de Cayenne, à deux reprises difl'érentes, par les soins de M. Poiteau.
Nous avons aussi retrouvé des individus de cette espèce dans une petite collection qui a été donnée au Muséum par M. Leconte, savant naturaliste des États-Unis.
Le PiQUITINGA DE MarCGRAVE.
{EngrauUs Brownii, nob.)
Voici une de ces espèces qui présentent la condition assez rare en ichthyologie d'être répandues dans toutes les mers. Aussi ce petit poisson a-t-il été observé par presque tous les voyageurs, par presque tous les ichthyologistes, qui lui ont chacun donné un nom sans s'occuper des travaux de leurs prédécesseurs. Il en résulte que la synonymie est très-complexe, mais avant de nous en occuper je vais commencer par donner les caractères de cet anchois.
Il ressemble assez bien à celui de nos mers ; cependant il est plus court et plus trapu. La tête fait le cinquième de la longueur totale. Les dents sont très -fines; cependant on aperçoit encore très -bien celles du vomer et des palatins. Le maxillaire commence à être assez long, car il atteint le bord postérieur de l'opercule, où, quand on ouvre la bouche, les deux pointes dépassent les branches de la mâchoire inférieure. Les pectorales sont courtes et n'atteignent pas la ventrale. La dorsale est triangulaire; l'anale répond à peu près au milieu de celte nageoire; la caudale est fourchue.
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Les écailles sont caduques, de sorte qu'on n'examine le plus souvent dans les collections que des exemplaires dépouillés de celte partie des téguments. Mais M. Dussumier , qui en a pris un à l'embouchure du Gange, et qui l'a conservé dans de l'alcool un peu concentré, l'a rapporté avec toutes ses écailles : elles sont assez résistantes, un peu grenues, et elles s'étendent sur l'anale. J'ai été obligé de les détacher d'un côté pour compter les rayons de cette nageoire. A l'état frais , le corps était blanc, transparent, à reflet nacré; le dos, audessus de la bande argentée, d'un beau vert changeant en bleu. La caudale, jaune, est bordée de noir. L'écaillé de la pectorale n'est pas très-longue. Tout le corps est blanc, transparent, teinté de verdâtre sur le dos. Une bandelette argentée règne tout le long des flancs. Les nageoires sont blanches; la caudale est lisérée de noir.
Tel est ce poisson , dont les nombreux exemplaires du Cabinet varient entre trois pouces et demi et quatre pouces. Les premiers que nous ayons reçus ont été rapportés du Brésil par MM. Quoy et Gaimard à leur passage dans le port de Rio de Janeiro lorsqu'ils montaient la corvette l'Uranie, sous les ordres de M. Freycinet. Ces exemplaires nous ont servi à reconnaître le Piquitinga que Marcgrave y avait observé trois cents ans auparavant, et qui est resté pour ainsi dire inconnu jusqu'à notre travail. Nous avons en-
suite reçu cette espèce de la Vera-Cmz; de la Martinique , où on l'appelle la Pisquette , par MM. Achard et Plëe j de la Havane, par M. Poey. Ce naturaliste nous apprend que ce petit poisson est le Majua des habitants de la Havane, qu'il est non-seulement très-agréable à voir, à cause de la bande argentée, ressemblant à une feuille d'argent non polie, appliquée sur ses flancs , mais que son goût est ce que l'on estime le plus en lui. Les individus de cette espèce vivent en société, et on les prend en très-grand nombre aux embouchures des rivières. Nous en avons reçu de New-York par M. le comte de Castelnau. M. Lesueur l'a aussi observé à la Barbade et à Saint- Christophe. Il nous en a envoyé une très -bonne description : c'est son EngrauUs fasciata.
Ces différentes indications prouvent que ce poisson vit sur toute la côte américaine baignée par l'Atlantique , depuis le 44° ^^ latitude septentrionale jusqu'au 23° de latitude australe. Mais nous avons aussi la preuve que cette espèce habite dans la mer des Indes; car M. Dussumier en a rapporté des exemplaires pris à Bombay, et M. Leschenault l'a envoyé longtemps avant de Pondichéry.
Cet observateur nous a donné pour nom T[\d\dhdiïQTeran-Kinij, et il dit, comme M. Poey,
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que Ton pèche ce petit poisson en abondance à l'embouchure de la rivière d'Arian- Coupang, qui vient se jeter dans la rade. M, Regnaud Ta pris à Batavia, et les médecins de la dernière expédition de M. Dumont d'Urville, l'ont rapporté de la baie des îles à la Nouvelle-Zélande. Ces derniers exemplaires ont le mérite de fixer nos conjectures sur \ Atherina australis de John White.
La plus ancienne citation des auteurs qui ont mentionné ce poisson, est celle de Marcgrave, qui en a donné une figure plus reconnaissable par la bandelette argentée dessinée le long des flancs que par le dessin de la tête \ mais le peu de mots qu'il dit dans sa description supplée à ce qui manque à ses figures. Cette indication a été associée par Linné à une autre des Aménités académiques ' , qui appartient à un poisson certainement différent, de sorte que \Esox hepsetus, composé de la réunion de deux animaux, est une espèce nominale, frappée de nullité au moment même de son introduction dans le Sjstema naturce. Brown"" a donné ensuite, dans son Histoire de la Jamaïque, une nou-