Hist. nat. des Poiss., t. X, p
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n'avons jusqu'à présent osé le dire. 11 ne serait pas impossible que VÀrgentina carolina que nous avons rapportée à XElops sauras, d'après le caractère des vingt -huit rayons comptés par Linné à la membrane branchiostège, n'ait été, dans la pensée de Garden, le petit anchois de la Caroline, et qu'alors XAtherina nienidia ne serait aussi qu'un anchois. Cependant nous n'avons pas osé, par respect pour l'illustre auteur du Systenia naturœ, supposer qu'il eût associé dans un même genre un poisson à deux dorsales ou une véritable athérine , et un poisson à une seule dorsale et aussi éloigné d'une athérine que peut l'être un anchois. Cependant si nous faisions cette supposition, la citation de la figure de Brow^n faite par Linné sous son Atherina nienidia, serait une excuse que les naturalistes accepteraient. D'ailleurs il faut bien reconnaître que la figure de Brown ne représente pas très- exactement l'anchois de l'Amérique septentrionale, parce que celui-ci a l'anale sensiblement plus longue.
Gmelin a heureusement séparé ï Atherina menidia des deux synonymies que Linné y ajoutait à tort, et il a établi pour ceux-ci un Atherina Brownii, qui habite , selon lui, dans l'Océan américain et dans l'Océan pacifique.
Toutefois , si \Atherina rnenidia appartient bien au genre des Atheiines, Gmelin aurait dû en retirer cet Atherina Brownii. S'il avait ajouté les nombres des rayons du poisson à sa description, il eût établi une bonne espèce; et il aurait complété cette utile réforme, s'il n'avait pas fait un second emploi, en acceptant \ Atherina japonica d'Houttuyn , qui ne me paraît être qu'une description incomplète du poisson dont il s'agit dans cet article.
Cet Atherina Brownii a été cité par Bloch dans son Système posthume, comme l'anchois, et il ne s'est pas prononcé sur Y Atherina japonica.
Commerson a trouvé l'anchois dont nous parlons sur les côtes de l'Ile-de-France en 1770. Ce poisson se pressait par myriades à l'embouchure des ruisseaux. Le compagnon de Bougainville en a laissé une description détaillée, aussi exacte que toutes celles sorties de sa plume. Un dessin fait au crayon par Jossigny, représente avec une grande fidélité les caractères de l'espèce. Ces matériaux furent employés par M. de Lacépède, et, comme il lui est presque toujours arrivé, il en fit un double emploi. Le dessin servit à établir un genre particulier, celui des Stoléphores^ et l'espèce fut dédiée au voyageur dont il la tirait, sous
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le nom de Stoléphore conimersonien. A cause de la bande argentée qui règne le long des flancs, M. de Lacëpède y adjoignit l'espèce non caractérisée de XAt.japonica d Houttuyn ou de Gmelin. Mais en même temps il composa, avec la description de Commerson , sa Chipée raie d'argent. Shaw ' a, dans sa Zoologie générale, donné une copie du Stoléphore de Lacépède, en l'appelant l'Athérine de Commerson; mais il a oublié d'en faire mention dans le texte.
Nous avons dit que c'était aussi XAtherina australis de JohnA^hite; M. de Lacépède, qui a cité plusieurs fois cet auteur, n'a pas fait mention de cette espèce. Nous la trouvons aussi dans Russell, qui en a donné une bonne figure, en indiquant que les Indiens de Vizigapatam l'appellent Natoo ou. Nettooli. L'auteur compte, à peu près comme nous, les rayons de l'anale; il le rapprochait, mais avec doute, du Clupea atherinoides de Linné.
C'est aussi sous cette espèce que Bloch a confondu les individus ôHEngraulis Brownii envoyés de Tranquebar à Berlin par le missionnaire John.
Je trouve aussi cette espèce mentionnée par M. Richardson'', qui lappelle En^raulis