‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 28 sur 157 · Storer, Synops. of the fish. of North-America , p · texte numérisé non relu

Storer, Synops. of the fish. of North-America , p

maxillaire ne dépasse pas l'arliculalion de la mâchoire inférieure. La pectorale est courte et large; la ventrale répond à sa pointe; la dorsale est plus avancée que l'anale : celle-ci est de longueur médiocre. La caudale est fourchue. Les écailles, couchées le long de chaque lobe, sont très-prononcées. On ne voit ni on ne sent aucune dent aux mâchoires ni aux différentes pièces osseuses du palais. B. 1; D. 16; A. 26; P. 15; V. 7.

La membrane branchiostège est beaucoup plus large et ses rayons sont plus longs que ceux de toutes les espèces précédentes : nous n'en comptons que sept. Les écailles sont fermes et adhérentes, et au nombre de quarante-trois entre l'ouïe et la caudale. Une d'elles, exarainée à la loupe, montre les plus admirables réticulations, qui sont tout à fait disposées comme des écailles imbriquées.

D'après un croquis envoyé du Brésil par M. Ménétrier, nous voyons que cette espèce, lorsqu'elle est fraîche, a le dos bleu plombé; le ventre argenté, la dorsale et la caudale jaunes; les autres nageoires ont une légère teinte jaunâtre. Le poisson est désigné sous le nom de Sardinia ou de Boca torde ^ dénomination qui rappelle celle de la Havane et qui dérive du nom espagnol de l'anchois.

Nos différents individus ont près de six pouces. Nous en avons reçu un assez grand nombre de Rio de Janeiro par MM. Quoy et Gaimard, Lesson et Garnaud, Ménétiier et Gay. Mais l'espèce nous est venue en outre

de Cuba par M. Desmarets, de la Guadeloupe par M. Riccord. M. d'Orbigny l'a retrouvée à Monte- Video. M. Poey nous l'a donnée de la Havane sous le nom de Bocon. Il dit qu'on prend cette espèce dans les rivières, et qu'elle ne pèse jamais au delà d'une demi-livre.

Il y a une figure fort reconnaissable de ce poisson dans le Voyage à la Jamaïque publié par M. Sloane ; il l'a confondu avec le Sprat ^ disant même qu'il ne pouvait trouver aucune différence entre cette espèce américaine et celle des côtes d'Angleterre; ce qui prouve que cet habile naturaliste n'a pas comparé les deux espèces sur la nature, mais qu'il s'est fié à sa mémoire. D'ailleurs la figure de Sloane a été oubliée par nos prédécesseurs.

Je trouve dans l'Inde un certain nombre d'anchois formant un petit groupe naturel caractérisé par le prolongement du premier rayon de la pectorale, donnant naissance à un filet plus ou moins long. C'est le seul caractère que j'aie pu saisir, et comme je le vois se modifier d'une espèce à l'autre par des nuances insensibles, je n'ose donner à cette subdivision l'importance d'une coupe générique. Les naturalistes qui croiront devoir le

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faire , pourraient leur donner le nom de Telara, qui a été imposé par Hamilton Buchanan à l'une de nos espèces. Tous ces poissons ont le museau prolongé et le maxillaire court des anchois; cet os ne dépasse pas l'articulation de la mâchoire inférieure. Les râtelures des branchies sont un peu plus fortes que celles des autres anchois, et chaque pointe porte des aspérités assez rudes qui doivent servir à retenir la proie.

Z/'Anchois au filet court.

{Engraulis hrevifilis , nob.)

Je commence la description de ces espèces par celle dont le rayon de la pectorale est le moins prolongé; il n'atteint guère qu'au premier rayon de l'anale.

Ce poisson a le corps u^ès-comprimé, car l'épaisseur est comprise quatre fois et demie dans la hauteur , qui fait le quart de la longueur totale. Le ventre est tranchant et dentelé. Les pièces en chevron sont recouvertes, pour la plus grande partie, par les écailles du ventre. Les épines ou branches montantes de ces chevrons sont rigides et dures presque comme des os. Les dents du vomer, des palatins et des ptérygoidiens sont fines, mais assez résistantes. Le bord de l'opercule fait trois festons : celui qui répond au scapulaire est assez ouvert. La

dislance du bout du museau à la dorsale mesure à peu près les deux cinquièmes du corps. L'insertion de l'anale se fait à une distance égale à partir de la saillie du museau. La première de ces deux nageoires est courte et deux fois et demie plus haute que longue. L'anale est prolongée sous toute l'étendue de la queue, de sorte que sa longueur égale la moitié de celle du corps en n'y comprenant pas la caudale. Une série d'écaillés embrasse la base des rayons, mais ceux-ci ne sont pas recouverts et cachés , de sorte qu'on ne peut pas dire que la nageoire soit e'cailleuse. Celle de la queue est fourchue; le lobe supérieur est large et tronqué; les rayons mitoyens sont courts; le lobe inférieur est pointu à son extrémité : son bord interne est assez convexe. La pectorale est insérée près de la carène du ventre, derrière la fente des ouies. Elle a dans son aisselle un appendice écailleux libre, large et peu pointu, et en dessous d'autres écailles complètent en quelque sorte la gaine dans laquelle elle se meut. Ces nageoires s'ouvrent en s'écartant horizontalement du corps , mais elles ne peuvent pas se coller contre le thorax. Les ventrales sont très -petites.

B. 14 - 18; D. 13; A. 75; P. 14; V. 7. Nous comptons un rayon de plus à la membrane branchioslège droite qu'à celle de gauche. Les écailles sont grandes, assez adhérentes : elles n'offrent aucune strie remarquable; il y en a cinquante- sept rangées le long des flancs. Lu couleur du poisson me paraît être un argenté brillant et uniforme; ie

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dos pouvait avoir quelques teintes verdâtres. Les nageoires sont incolores.

Nous ne possédons qu'un seul individu de cette espèce, long de onze pouces et qui a ëtë envoyé du Bengale par M. Alfred Duvaucel.

Je ne vois pas que Buchanan ait connu cette espèce, puisque les deux lobes de la caudale ne sont pas également pointues. Elle est cependant la seule dont le nombre des rayons de l'anale soit égal à celui du Clupea pliasa de Buchanan. Je trouve encore une autre raison de l'en distinguer, dans la brièveté du rayon de la pectorale, dont on ne pourrait pas dire radio longissimo.

L'Anchois telara.

{Engraulis telara, nob.)

Une seconde espèce , voisine de la précédente par la forme générale, me paraît avoir

le corps plus allongé; car la hauteur n'est que le cinquième de la longueur totale. Le premier rayon de l'anale est plus avancé que celui de la dorsale, et la distance de celte nageoire au bout du museau est moindre que dans l'espèce précédente. Le filet de la pectorale dépasse la moitié de la longueur de l'anale. Les ventrales sont plus cachées entre les deux nageoires de la poitrine. L'échancrure du bord de l'opercule est moins profonde.

Quoique l'anale fasse plus de la moitié de la longueur du corps, la caudale non comprise, elle a cependant cinq rayons de moins que celle de l'espèce précédente. La caudale est tout à fait semblable à celle de l'espèce précédente, c'est-à-dire, que le lobe supérieur est tronqué. J'ai observé ce caractère, qui n'avait point échappé à Buchanan, sur une dizaine d'individus de différentes provenances, conservés dans le Cabinet du Roi. Les écailles me paraissent beaucoup moins adhérentes : il n'y en a pas sur les nageoires. M. Dussumier, qui a vu ce poisson frais , dit que le corps est argenté , bleuverdâtre sur le dos; la dorsale et la caudale sont jaunes; l'anale et les ventrales incolores et transparentes; les pectorales, d'un vert très- foncé, ont le filet blanc.

Le Muséum possède un assez grand nombre d'échantillons de ce poisson, dont la taille varie de six à sept pouces. Outre ceux que nous tenons du voyageur cité plus haut, nous en avons reçu par les soins de M. Duvaucel, et d'autres se sont trouvés dans les collections faites à l'embouchure du Gange par M. Reynaud. Ce professeur l'a entendu nommer Galoua. Les couleur» qu'il nous a indiquées sont assez semblables à celles que nous a indiquées M. Dussumier, mais il dit que les nageoires sont jaunes de soufre et que l'anale est bordée

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d'une ligne rouge. Je ne trouve pas de différence dans les formes; il pourrait se faire cependant que la variété de couleur, signalée par deux observateurs aussi exacts, fut constante et un caractère distinctif entre deux espèces voisines. Je laisse ceci à décider aux naturalistes qui observent les poissons sur les lieux.

Je n'observe pas non plus de différence sensible entre ces individus péchés dans le Gange et ceux que le même officier de la marine a péchés dans l'Irrawaddi, à Rangoon, dans le pays des Birmans. Il l'a entendu nommer Na-tarot. Les exemplaires que j'ai sous les yeux ne sont pas en très-bon état. Ils me paraissent avoir le dos un peu plus droit.

Ce poisson est, à n'en pas douter, de la même espèce que le Clupea telara de Buchanan*, qui observe que c'est un des poissons que les Bengalis appellent Phasa, mais il a adopté pour sa dénomination spécifique le nom donné à ce poisson dans le district de Dinajpur. Je ferai cependant observer que cet auteur compte à Fanale soixante - quatorze rayons, nombre que nous ne trouvons pas sur nos exemplaires; mais ce qu'il dit de son

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