Buchanaii, Gnng. fish. , p. "241 et 382, pi
Clupea phasa peut me faire supposer que le
nombre des rayons de l'anale varie dans ces
espèces.
Z'Anchois phasa.
{Engraulis phasa, nob.)
L'auteur de l'Iclithyologie du Gange a fait précéder la description de l'espèce que nous venons de rappeler, par celle d'un poisson très -semblable, nommé Clupea phasa.
Il a le premier rayon de la pectorale très -long; la forme du corps semblable à celle du précédent; l'anale serait seulement un peu plus longue, puisqu'elle aurait de soixante-quinze à soixante-dix-huit rayons. Son caractère dlstinctif consiste dans la forme de la caudale, qui a les deux lobes pointus et en croissant.
Le bout du museau est transparent; le dos est
brun olivâtre; les côtés et le ventre sont argentés;
toutes les nageoires sont transparentes; la caudale
seule est jaune, avec un liséré noir au lobe supérieur.
M. Buchanan dit que le nom de Phasa est commun dans tout le Bengale, que ce poisson est de la taille d'un petit hareng et d'une assez grande beauté.
J'ai rapporté cette description de M. Buchanan, telle que l'auteur l'a conservée, mais je doute beaucoup de la réalité de cette espèce,
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car il me semble que les notes de l'auteur n'ont pas du être prises sur ce poisson avec une grande exactitude, puisqu'il indique pour nombre des rayons branchiostèges Br. 3.? Il est bien clair qu'il avait mal écrit B. 1 3. L'espèce que je décris plus loin, sous le nom cïEjîgraulis tenuifilis a bien les deux lobes de la caudale pointus, mais l'anale n'a que cinquante-un rayons; on ne peut donc pas la comparer à l'espèce actuelle. C'est à cause de cette variation dans la forme de la nageoire de la queue, que je n'ai pas osé rejeter ce Clupea phasa, mais je ne doute presque pas que les ichthyologistes qui examineront de nouveau les poissons du Bengale ne fassent cette réforme.
Z;' Anchois taty.
{Engraulis taty y nob.)
L'espèce désignée sous ce nom malabare se distingue de la précédente
par la brièveté de son anale entièrement écailleuse. Le filet de la pectorale est aussi beaucoup plus long que dans toutes les autres espèces; il atteint aux deux tiers de l'anale, et il dépasse la moitié de la longueur totale. L'anale ne fait guère que la moitié du tronc, c'est-à-dire que, mesurée dans le corps entier, elle v est comprise deux fois et un peu plus
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des deux tiers. Son premier rayon répond au milieu de la nageoire du dos, tandis que dans les autres espèces il est beaucoup en avant du premier rayon de cette nageoire. La dorsale est couverte d'écaillés
comme l'anale.
D. 13; A. 52, etc.
Ce poisson a le corps assez trapu. La hauteur est trois fois et trois quarts dans la longueur totale. Les écailles sont grandes, caduques, et sont réticulées de stries hexagonales, élégamment disposées. Ce poisson, argenté et très-brillant, a le dos vert.
M. Leschenault dit que les nageoires sont rougeâtres, et M. Dussumier indique celles de son exemplaire d'un jaune vif. La caudale est bordée de noir. On pèche cette espèce pendant toute l'année dans la rade de Pondichéry. Elle est bonne à manger : on la porte au marché sous le nom de Tatj pooroowa.
Nos individus ne dépassent pas six pouces. Je crois que l'on pourrait rapprocher de cette espèce un dessin envoyé de Malacca à la Compagnie des Indes par le major Farqhuar. Il représente le poisson avec son anale courte, ses filets aussi longs. Le corps et les nageoires sont colorés en jaune; il y a du bleu sur la tête , une tache rouge et brillante derrière l'opercule et une bande longitudinale rougeâtre le long des flancs. Toutes les nageoires sont bordées de noir. Le dessin porte pour
nom malais Eekan-Becang-Becan^. Je n'ose vraiment pas établir une espèce d'après ce seul document , cependant j'ai eu plusieurs fois l'occasion de vérifier l'exactitude de ces dessins. Il me paraît donc assez probable qu'un poisson venant de Malacca et peint de couleurs si différentes deviendra le type d'une espèce particulière.
/.'Anchois a filets déliés.
{Engraulis tenuifilis^ nob.)
J'ai encore à citer une espèce dont la forme du corps est assez semblable à celle du précédent : elle a l'anale aussi courte,
mais les rayons de la pectorale sont beaucoup plus courts, puisqu'ils ne dépassent pas le quatrième ou le cinquième rayon de la nageoire de l'anus. Le filet est d'une grande ténuité.
D. 13; A. 51, etc.
Le poisson, verdâtre sur le dos, est argenté sur tout le reste du corps. La caudale était bordée de noirâtre.
Les deux exemplaires que M. Reynaud a rapportés de Rangoon sont longs de quatre pouces et demi.
J'arrive maintenant aux espèces que M. Cu-
vier avait voulu réunir dans un genre particulier sous le nom de Thrisse; mais j'ai fait déjà sentir que le prolongement du maxillaire ne fournissait qu'un caractère artificiel , et que le genre sur lequel il repose ne serait nullement caractérisé : c'est ce que les descriptions suivantes vont encore mieux prouver.
Le Myste a épaulettes.
{Engraulis malaharicus , nob.)
Pour justifier ce que je viens de dire, je commence la description des espèces de ce groupe par celle qui a les maxillaires les moins prolongés.
C'est un poisson à corps assez court, mais plus haut que tous les autres. La hauteur est trois fois et un tiers dans la longueur totale. Le tronc est très-comprimé , car son épaisseur est comprise quatre fois et demie dans la hauteur. La tête est petite et courte. Le maxillaire dépasse de très-peu le bord de l'opercule ; il n'atteint pas la pectorale. Cette nageoire est petite et touche à peine à l'insertion de la ventrale. L'anale commence au milieu de la longueur du corps. B. 12 ; D. 13 ; A. 40 ; P. 13 ; C. 19 ; V. 7.
Ce poisson paraît avoir été verdâtre sur le dos, argenté sur tout le reste du corps. Sur les côtés des joues, des opercules et des maxillaires, il y a un fin sablé de points pigmentaires rembrunis. Derrière
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l'épaule, les premières écailles sont recouvertes d'une plaque adipeuse, couverte de lignes brunes rapprochées. Quand on l'examine à la loupe, on voit que ces lignes sont formées de points semblables à ceux de la tête. Leur réunion constitue une tache rembrunie très- caractéristique dans cette espèce. Les pectorales et les ventrales sont noirâtres- mais les rayons internes de cette dernière nageoire ne sont pas colorés. L'anale et la caudale ont une large bordure noirâtre. La dorsale, qui est pointue, a son premier rayon bordé d'un fin liséré noir. L'extrémité des derniers est aussi un peu rembrunie.
L'exemplaire que nous avons reçu de Bombay , par M. Roux, a six pouces de long. Les proportions le font ressembler sous tous les points au Clupea inalaharica que Bloch a représenté à la planche 432. Bloch, cependant, ne lui donne que trente-huit rayons à l'anale, mais comme il ne compte que huit rayons à la membrane brancliiostège , nous avons là une preuve qu'il ne faut pas lui demander tant cVexactitude. Ce poisson, que le missionnaire John avait envoyé à Berlin, a été aussi observé par Bussell, qui en a donné une figure très-reconnaissable sous le n.° 194 de ses poissons de Vizigapatam.
Le'MYSTE PURAVA.
{Engraulis piirm'a , nob.)
Cette seconde espèce
a le maxillaire un peu plus long, car son extrémité louche à l'aisselle de la pectorale. Le corps est plus allongé. Sa hauteur est quatre fois et un cinquième dans la longueur totale. Les pectorales dépassent un peu l'insertion des ventrales, et l'anale est insérée un peu au delà de la moitié du corps.
B. 12; D. 13; A. 45; P. 14; V. 7. La couleur est, suivant M. Leschenault, qui l'a observée fraiche, blanc, argenté sur tout le corps, avec des teintes azurées sur le dos. La dorsale et la caudale sont jaunes; les autres nageoires blanches.
La longueur des individus est de six à sept pouces. M. Leschenault dit que l'espèce est commune à l'embouchure c^e la rivière d'Ariantoupang, mais qu'elle est plus rare dans la rade. Les pécheurs de la côte de Coromandel le désignent par le nom d'/4tou~pooroiwa. Il est bon à manger, quoique le corps soit rempli d'arêtes. L'espèce a été observée longtemps avant par Sonnerat, qui en avait rapporté quelques peaux desséchées. C'est bien certainement l'espèce que Puissell ' a figurée sous le nom de Peddah poorawah.