Amoen. acad. , t. IV, p. 252, ii
74 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.
dorsale; mais ce qui distinguera l'espèce actuelle de tous nos autres Thrysses, c'est que l'anale, très-longue, est réunie à la caudale, et celle-ci est arrondie. Linné dit que la membrane brancliiostège a neuf rayons. Je ferais seulement remarquer que , dans la figure des Aménités académiques, la caudale et l'anale ne sont pas comple'tement réunies ; mais le texte est trop explicite pour que l'on puisse douter de cette réunion.
Linné compte les rayons de la manière suivante :
Je n'ai pas eu occasion d'examiner ce poisson d'après nature , mais les beaux dessins chinois que nous devons à la générosité de M. Dussumier, qui ont été cités plusieurs fois dans cet ouvrage et dont nous avons souvent vérifié l'exactitude, nous donnent une représentation de cette espèce, de manière à nous laisser désirer fort peu de chose. Il nous montre un poisson
à corps très-allongé, car la hauteur n'est guère que le septième de la longueur totale. Les maxillaires, prolongés, dépassent un peu l'insertion de la pectorale. Ces nageoires, terminées en pointe, atteignent à la base de la dorsale. A la vérité, cette petite nageoire est reportée tout à fait en avant sur le dos, au delà du quart de la longueur totale. Le ventre est dentelé; l'anale égale la moitié de la longueur du corps, en n'en comprenant pas la caudale.
La couleur est un verdâtre mêlé de quelques teintes jaunes, glacées d'une couche d'argent des plus brillantes. Les nageoires sont quelque peu jaunâtres; la caudale, arrondie et lancéolée, est jaunâtre.
Voilà donc le poisson cle Linné entièrement reconnu ; examinons maintenant comment il a été placé dans le Sjstema natiirœ. Il est bien clair qu'il a été la première pensée du Clupea mystus, mais en l'inscrivant dans la dixième édition, Linné a tout de suite gâté cette espèce en y associant le Clupea rnjstus d'Osîjeck, qui est un de nos Coilia, Le Clupea mjstus du Sjstenia naturœ a donc été frappé de nullité dès son apparition. Reproduit dans la douzième et dans la treizième édition, il est devenu dans M. de Lacépède le type d'un genre appelé Mjste (Mfstus), caractérisé d'une manière un peu vague par la réunion de l'anale à la caudale, par la carène d'un ventre dentelé ou très-aigu et par plus de trois rayons à la membrane branchiostège. M. Cuvier a cité le Clupea mjstus comme une des espèces de son genre Thrysse, mais comme contre son ordinaire, il n'est pas remonté aux sources, il n'a point reconnu les erreurs commises par Linné, et il a de plus associé un poisson, qui a quatre-vingt-quatre rayons à l'anale , avec le Pedda poorawah de
Russell, qui n'en a que quarante- cinq j d'où |
l'on voit que si le genre Thrysse pouvait être I
admis en ichthyologie , cette espèce viendrait * toujours en altérer la composition.
CHAP. XIII. COÏLIA. n