‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 84 sur 157 · Valenc, Poissons d'Isl. et du Groenl., pi. 15, fig · texte numérisé non relu

Valenc, Poissons d'Isl. et du Groenl., pi. 15, fig

forme de ces deux poissons, la grosseur de la tête, s'accordent assez bien avec nos individus, mais comme ils étaient jeunes, ils ont encore la livrée des Saumons de cet âge.

Le Saumon de la Mana.

{Salmo gracilis , nob.)

Nous possédons aussi dans le Cabinet du Roi un Saumon remarquable

par son corps allongé et rond. Sa hauteur est comprise huit ou neuf fois dans sa longueur totale. Les mâchoires, d'égale longueur, portent de petites dents, assez semblables à celles de nos Truites, sur les maxillaires, sur les palatins et sur le chevron du vomer. Il y en a non -seulement sur le corps de la langue deux rangées plus nombreuses chacune que celles de nos Truites, car on en compte dix ou douze de chaque côté, mais la queue de l'hyoïde se trouve encore hérissée de petites dents. Ce caractère le distingue de toutes les autres espèces dont nous avons jusqu'à présent parlé.

B. 10; D. 12; A. 12; C. 25; P. 12; V. 10. Les couleurs sont évidemment distribuées par bandes transversales sur le corps. On en compte dix ou douze. Je ne vois point de trace de taches sur le ,corps ni sur les nageoires.

Notre plus grand exemplaire, de huit pouces et demi de longueur, a été envoyé de

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la Mana par Madame Rivoire, sœur hospitalière établie sur les bords de ce fleuve, et qu'un noble zèle de charité chrétienne a porté au milieu de ces contrées encore peu civilisées. Elle y a fondé un établissement de sœurs, et elle emploie ses moments de loisir à la recherche des produits de ce pays. Elle a fait plusieurs envois curieux au Muséum d'histoire naturelle, parmi lesquels se trouve ce poisson, qui est, jusqu'à présent, la seule espèce de Truite que j'aie observée dans les régions équatoriales. J'ai plusieurs fois appelé l'attention sur ce fait curieux, du manque de Truites dans les hautes montagnes de l'Amérique, et M. Heckel a aussi fait la même remarque en ce qui concerne les eaux douces des hautes montagnes de l'Inde.

Le Saumon de Mitchill.

( Salmo fontinalis , Mitch.)

Nous trouvons dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale un Saumon qui appartient au groupe dont nous nous occupons. Il a le corps assez trapu. Le museau large et arrondi. La nuicholre inférieure paraît un peu plus longue que la supérieure quand la bouche est ouverte. Les dents du chevron du vonier sont réunies

en un petit groupe composé de deux bandes, l'antéileure ayant quatre dents et la postérieure deux seulement. Tous les exemplaires, grands ou petits, que je possède, ont la caudale tronquée ou du moins irès-faiblement échancrée.

B. lOj D. 9; A. 9; C. "2.1 -, P. 12; V. 6. La peau est très-muqueuse. Les écailles sont trèspetites. Les individus, décolorés par l'alcool, ont le dos plus ou moins rembruni et le ventre pâle. Il paraît avoir été rougeâtre. On voit des taches jaunâtres, entourées d'un cercle noirâtre, semées sur le dos et sur les flancs. La dorsale est chargée de grosses taches noires. Les pectorales, les ventrales et l'anale ont le rayon externe pâle, le suivant noir, et le reste de la nageoire pâle; mais il a été probablement décoloré.

Je possède un assez grand nombre d'ëcliantillons de cette espèce, tous très-semblables malgré leur différence de taille. Le plus grand n'a que dix pouces. Ils ont été envoyés de New-York par M. Milbert, mais ce zoologiste les avait pris dans une course au lac de Sarratoga.

C'est là le poisson décrit d'abord par MîtcliilP sous le nom que nous lui avons conservé, et qui a été adopté par les naturalistes américains. Cette espèce se trouve ensuite

l. Mitch., Nciv-York phiî. transact. fisk., t. I, p. 345.

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décrite avec détail et parfaitement figurée clans i'ïchthyologie américaine de M. Richardson. ^

Cette description prouve que ce poisson, des lacs Georges et Sarratoga , se porte au Nord jusque dans le lac Huron.

M. Dekay^ l'a également décrit et figuré dans la Faune de New «York. Il l'appelle le Brook-Tj^out ; il indique les côtés bleuâtres, mêlés de blanc d'argent, tachetés de vermillon, le premier rayon de la pectorale jaunepâle, le second noir, le reste de la nageoire orangé. Le premier rayon des ventrales et de l'anale est blanc, le second est noir, le reste des nageoires est rougeâtre. Je ne sais pas pourquoi M. Richardson a imprimé que M. Cuvier pensait retrouver le Salmo Gœdenii de Bloch dans cette espèce. Je ne vois pas dans le Règne animal, ni autre part, aucune preuve imprimée de cette opinion. Il me paraît que ce Salmo fontinalis se retrouve aussi dans les eaux de Terre-Neuve, du moins je le juge d'après un dessin que M. Lapylaie a fait d'une Truite de cette île.

1. Ricliardson, Faun. hor. amer., p. 176, pi. 83, fig. \, et pi. 87,%. 2.

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