Dekaj, New-York Faun., p. 235, pi. 38, fig
Le Saumon de Hearn.
(Saimo Hearniii Rich.)
k la suite de ces espèces, je trouve dans l'ouvrage de M. Ricbardson' quelques espèces de Saumons, que ses descriptions ou ses figures me font seulement connaître. Ce savant ichtbyologiste a décrit dans le premier voyage de Franklin, sous le nom que nous indiquons ici, une espèce prise dans la rivière de la Mine de cuivre, et qu'ils ont observée dans ies mers où ce fleuve verse ses eaux.
Ce Saumon a des dents pointues j une seule sur l'intermaxillaire; un petit nombre sur la partie antérieure du vomer, et de plus fortes sur la langue. Le dos est vert olivâtre; les côtés sont pales; le ventre bleuâtre. Plusieurs rangées longitudinales de taches, couleur de chair, se voient sur le dos et sur les côtés.
La chair en était rouge, assez semblable à celle du Saumon ordinaire, mais peut-être moins ferme et plus buileuse.
1. Rich., Fr. Journ., p. 706, et Faun. hor. am., III, p. 167.
270 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Le Saumon a longues nageoires.
{Salmo alipeSj Ricli.)
Cette espèce ^ appartient aussi au groupe dont nous traitons, ainsi que le remarque M. Ricliardson, parce qu'elle a la partie postérieure du vomer lisse et sans dents.
La couleur, autant qu'il en a pu juger d'après un individu desséché, a été indiquée brune sur le dos, plus pâle sur les côtés, avec des marbrures jaunâtres, blanches ou jaunes sous le ventre. Les nageoires inférieures de couleur orangée, avec des raies plus foncées. Quand les ventrales sont couchées le long du corps elles touchent presque à l'anus.
B. 11 ou 125 D. 13 — 0; A. 11; C. 25; P. 15; V. 9.
Cette longueur lui a fait donner le nom sous lequel M. Richarclson a désigné ce saumon. Les individus ont été pris dans un petit lac qui se décharge dans liie du Prince régent, par un courant d'un mille et demi de long. Plusieurs Brachielles adhéraient aux cotés de la mâchoire inférieure.
1. Rich., Fnun. bor. amer., III, p. 169^, pi. 81 et pi. 86, flg. 1, et ejusd. Hist. rai. app. Ross' s Voy., p. 67.
Le Saumon angmalook.
(Salrno nitidus y Ricliardson. ^ )
Un autre poisson, voisin du Charr des Anglais, et, par conséquent du précédent, par la disposition de ses dents sur le vomer, est le S. nitidus de Ricliardson.
Il a ]e dos plus étroit j le corps plus épais et les nageoires plus courtes que le S. allpes.
Les couleurs sont assez semblables à celles de ce poisson.
Il a été pris dans le même lac que le précédent. M. Ricliardson trouve tant de ressemblance entre les deux espèces, qu'il n'a, en quelque sorte, décrit cette seconde que pour mieux asseoir les caractères du /S", alipes.
Le Saumon de Hood.
Salino Hoodii, Ricli.^)
Les dents sont plus petites que celles du précédent; d'ailleurs, elles sont disposées de la même manière.
1. L. cit., p. 171, pi. 82 et 86, fig. 2, et ejusd. Ilist. nat. app. Ross' s Voy., p. 57.
2. Rich. , Ilist. nat. app. Ross's Voy., p. 58, et Faun. bor. am., m, p. 173, pi. 82, fig. 2, pi. 83, %. 2, et pi. 87, % 1.
272 LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
Le corps est beaucoup plus étroit. L'orbite est plus près de l'exlrémité du museau. Les maxillaires sont plus courts. Le dos et les côtés ont une teinte intermédiaire entre le vert olive et un brun nuageux; des tacbes d'un gris jaunâtre, grosses comme des pois. Le ventre et le dessous de la gorge est blanc, pointillé de gris bleuâtre; sur la dorsale et sur la caudale de petites taches. Des individus de vingt-deux pouces de long avaient la chair rouge; mais leur frais était peu développé.
Cette espèce est bien connue des habitants de l'extrémité septentrionale du continent sous le nom de Masamecoos. C'est un poisson vorace que l'on prend facilement à l'hameçon. Ceux que les compagnons du capitaine Francklin trouvèrent au mois de juin, avaient leur estomac plein de larves d'insectes. On croit que, pendant l'été, le Masamacush se retire dans les profondeurs du grand lac. Son poids est d'environ huit livres; mais il fraie avant d'avoir atteint cette taille.
Le Saumon corégonoïde.
{Salmo coregonoides,V3LW.)
Je crois devoir placer à la suite des saumons, mais tout à fait à part, une espèce de Russie, qui semble appartenir aux ombres
(Thf7milus), par la forme et par la petitesse de sa bouche et aussi par celle des dents, mais sa dorsale étroite et ses petites écailles semblent l'en éloigner, pour le rappeler aux saumons. C'est un poisson qui offre des caractères tout à fait intermédiaires entre les deux genres que je viens de citer.
Son museau est gros et arrondi; la mâchoire supérieure dépasse et recouvre l'inférieure. Les intermasillaires sont petits et situés en travers sur la bouche; les maxillaires attachés sur les côtés, forment deux petites palettes ovales. Il n'y a qu'une rangée de petites dents coniques aux mâchoires , sur les palatins et sur le vomer; et quelques petites, pointues, sur la langue, plus sensibles au doigt que visibles.
La dorsale est courte, basse, trapézoïdale; c'est évidemment celle d'une truite et non d'un thymalus. L'adipeuse est très-large, basse et ponctuée. Les pectorales et les ventrales sont petites. La caudale est échancrée.
Les écailles sont très-petites, sans être cependant perdues dans l'épaisseur de la peau, comme celles des truites et des saumons. Elles n'ont point de dentelures à la racine, on ne leur voit que des stries concentriques. Il y en a par tout le corps, jusque sous la gorge. Nous en comptons cent cinquante rangées.
274^ LIVRE XXII. SALMONOÏDES.
La couleur est un bleu d'acier plombé sur le dos, couvert de petits points grisâtres plus ou moins effacés. Au-dessous de la ligne latérale tout le corps est blanc. Les nageoires me paraissent blanches ou jaunâtres; je n'y vois aucune tache.
Le seul exemplaire déposé dans le Cabinet du Eoi, est long de treize pouces. 11 a été envoyé par S. A. I. la gi^ande-ducbesse Hélène. Le présent que le Muséum a reçu de cette grande princesse a, comme on le verra encore dans les autres genres, considérablement accru les collections de notre établissement, et nous a été d'autant plus précieux qu'il nous a donné les moyens de reconnaître plusieurs espèces fort importantes, décrites dans le grand et trop rare ouvrage de Pallas.
Ce poisson est du nombre. En lisant la description de la Faune russe *, on y retrouve les traits distinctifs de ce singulier saumon. Ce doit être une des plus grandes espèces de ce genre, puisque Pallas dit qu'on en prend dans la Witima du poids de quatre-vingts livres. Il n'atteint pas une taille aussi considérable dans les autres fleuves, et cependant c'est encore un poisson de soixante livres de poids.
Il abonde dans les rivières, les ruisseaux et