‹ Histoire naturelle des poissons (volume 2)Chapitre 93 sur 157 · Richardson. Faun. bor. amer., III, p · texte numérisé non relu

Richardson. Faun. bor. amer., III, p

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que les auteurs précédents. Pour son Sahno Trutta il cite Linnë ou Pennant. Il rapporte au S. eriox le S. cambricus de Donovan. Son S.fario ne comprend que tous les vagues synonymes de l'espèce de Linné.

J'ai également le regret de dire que M. Yarrell nous a laisse dans les mêmes incertitudes sur ses différentes Truites, qu'elles soient de notre genre Fcirio ou de celui des Salar. ïl représente en effet à la page 3i, sous le nom de Buîl-trout , un poisson qu'il croit être le S. eriox de Linné, et auquel il associe le S. canihricus de Donovan. Il suffit de comparer les deux figures pour voir qu'elles n'ont pas de ressemblance. Mais le dessin du poisson de la planche 3i ressemble tellement à celui de la page 56 que je suis tenté de les rapporter à la même espèce. M. Yarrell donne à toutes deux la caudale arrondie, les mâchoires bécardées et la bouche très-largement fendue. Si cet habile ichthyologiste possède encore les deux exemplaires qui ont servi à ses dessins et que l'examen de la dentition lui prouve qu'ils ont été faits d'après des poissons d'espèces ou de genres différents, je ne serais pas éloigné de croire que celui de la page 3i est un Bécard {^Sahno liamatuSy nob.), et que celui de la page 56 appartient au S. ferox de Jardine. 21. 19

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A la page 32, dans l'ailicle du Bull-Trout, M. Yairell a donné une figure qui peut être faite tout aussi bien d'après un jeune Saumon que daprès une Truite argentée. Les figures des ])ages 36 et 3^ appartiennent-elles sûrement à la même espèce? Cela me paraît douteux, car la caudale n'est pas la même. Sont-elles des Truites de mer, c'est-à-dire du genre de nos Forelles ? on peut le croire pour la ligure de la page 36. Quant h notre petite Truite ou au S. fario, j'admets difficilement que la figure de la page 5i représente un j)oisson de la même espèce que celui de la page 57. Enfin, si l'auteur a bien donné le S. ferox de Jardine, il faut avouer que cette figure laisse beaucoup à désirer. Mais je ne puis croire qu'elle représente un poisson de la même espèce que celui donné à la page i3 du Supplément, publié récemment par M. Yarrell. Cette grande Truite des lacs me paraît être mon Fario ar^enteiis.

Dans la même publication le célèbre iclitliyologiste anglais donne la figure du S. cœcifer de M. Parnell, synonyme du Salnio le^^enensis de Walker. Je ne crois pas que les légères difTérences doivent faire distinguer cette Truite de notre Salar Ausonii, A la vérité, je n'ai pas vu d'exemplaire des lacs de l'île Locli-

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leven, célèbre par son château encore rempli des touchants souvenirs qu'y a laissés l'infortunée reine Marie.

Nous avons déjà cité les magnifiques planches de Jardine pour déterminer l'espèce du Saumon, et pour exposer nos doutes sur l'espèce du Salnio alhiis. Nous trouverons une représentation reconnaissable d'une de nos espèces de Salar dans ce qu'il a appelé Salmo ferox; mais je reste dans de plus grandes incertitudes en ce qui concerne les deux variétés qu'il a données du S.fario, Ces deux Truites de lacs n'ont point de taches rouges, leur caudale est plus profondément échancrée qu'aucune de celles de nos Truites. Je crois qu'elles appartiennent au genre Salar. Je ne serais pas étonné qu'un observateur, qui les suivrait dans tous leurs passages, ne vint à nous les montrer comme des jeunes du Salmo Jerox.

Si nous examinons maintenant les Faunes particulières des différentes contrées de TAllemagne, nous trouverons qu'en général la petite Truite des rivières a été assez bien reconnue. M. Agassiz en a donné plusieurs variétés qui font parfaitement connaître cette espèce. 11 a représenté sur les planches 1 4 et 1 5 de sa belle monographie des Salmonoïdes, un Saumon argenté qu'il a nommé S. lacustris. Je regrette

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qu'il n'ait pas alors connu la nécessite de figurer les dents voniériennes ou de les décrire. Il aurait dissipé les incertitudes qui nous restent sur cette espèce. Il regarde son Saumon argenté comme de la même espèce que l'Illanken de Wartmann et de Bloch, et il a cru, avec cet auteur, reconnaître en lui le S. lacustris de Linné. Il n'est pas nécessaire de revenir sur cette dénomination, mais en examinant la plan elle qui représente le jeune âge, et en comparant cette figure avec une petite Truite argentée que j'ai reçue de Vienne, je ne serais pas éloigné de considérer ces poissons comme de l'espèce du S. SchiefennuUeri , et je serais en cela du même avis que M. Agassiz. Si l'on démontre que cette similitude n'existe pas, je crois que l'on considérera ce poisson du lac de Constance comme étant d'une espèce toute particulière.

Relativement au poisson qu'il a appelé le S. trutta , les planches 6 et 7 représentent notre grande Truite du lac de Genève, celle que M. Cuvier a appelée S.Lemanus.ie citerai ses figures comme type de l'espèce. La longueur des mâchoires, leur crochet, la forme de la caudale, la grandeur de l'adipeuse conviennent parfaitement à ce que jai observé nombre de fois à Paris, mais les deux sexes

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de cette espèce ont la même forme; j'ai vu tout aussi souvent des ("emelles que des mâles. Ce malheureux préjugé de croire que les truites mâles deviennent seules bécardées a été cause de nombreuses erreurs dans la détermination des truites. Quant au poisson représenté pi. 8, je ne pense qu'il soit de la même espèce que ceux des planches précédentes. Je ne serais pas étonné qu'il n'ait eu une double rangée de dents vomériennes, et je le prendrais alors volontiers pour un S. Schiefeniiulleri.

M. Jurine a donné aussi une bonne représentation de notre S. Lemanus , planclie 4? mais je ne vois pas que cet habile ichthyologiste ait distingué les différentes espèces qui vivent dans les eaux qui Fenvironnaient. Je crois qu'il a regardé le S. fario comme des jeunes de la grande espèce du lac.

J'ai étudié avec tout le soin que je mets à ce genre de recherches, les ouvrages publiés récemment sur les poissons du Nord; car mes lecteurs comprennent qu'il est inutile de discuter ceux c[ui ont été écrits un peu plus anciennement après les travaux de Bloch et de Linné. Je ne puis appliquer à aucune de nos espèces les caractères que M. Nilsson atti^ibue, dans son excellent Traité sur l'iclithyologie Scandinave , à son -5. trutta et à son S. truttula.

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Pour designer le genre dont je vais traiter dans ce cliapitre, j'ai francisé le nom allemand très -connu que l'on donne aux truites. J'ai adopté le nom de Forelle, a cause de sa ressemblance avec la dénomination latine usitée par Ausone, et qui peut être appliquée avec d'autant plus de raison au genre dont je parle, que le poète latin considéraitson Fario comme une traite intermédiaire entre le saumon et le salar, ce qui peut convenir parfaitement à nos espèces, à cause de leur grande taille. J'ai cité plus haut les vers d'Ausone, je ne les répéterai pas ici.

Je vais commencer par décrire d'après nature les deux espèces que je possède, et je tâcherai d'en rapprocher les descriptions des autres Forelles que je pourrai reconnaître dans les auteurs.

La Forelle argentée.

{Fario argenteiiSj nob.)

Ce poisson, qui me paraît habiter également les mers ou les grands lacs, et remonter de ces eaux dans les rivières qui les alimentent, a la forme du Saumon; il me semble, cependant, proportionnellement un peu plus court. Sa hauteur est'comprise quatre fois dans la longueur du corps, sans la nageoire de la queue, ou quatre fois et demie avec la caudale. Les deux mâchoires sont cà peu

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près égales. Il faut dire, cependant, que la supérieure dépasse un peu l'inférieure. La longueur de la lêie est du cinquième de celle du corps entier. Le globe de l'œil est un peu plus grand que le huitième de la longueur de la tête. On lui voit, en avant, ses deux paupières adipeuses. L'exlrémilé du maxillaire n'atteint pas en arrière au delà de l'œil, et il ne mesure que deux fois la longueur de l'inlermaxillaire. Les dents sont de moyenne force sur les deux mâchoires, sur les palatins, sur la langue, et il n'y a qu'une seule rangée longitudinale sur le corps du vomer; elle est composée de quatre ou cinq dents. Il y a onze rayons à la membrane branchiostège. La dorsale est sur le milieu de la longueur du corps, en n'y comprenant pas la caudale; la ventrale est au milieu de la longueur totale ; l'anale est un peu au delà des deux tiers de cette même mesure.

B. 11; D. 13 — 0; A. 10; C 23 ; P. 15; V. 9. La ligne latérale est une série de petits traits tracés un peu au-dessus de la moitié de la hauteur. Il y a environ cent vingt-cinq rangées d'écaillés le long des flancs. Ces écailles sont petites, mais ne sont pas aussi cachées dans la peau du corps que celles du Saumon. La couleur est un vîrdâtre, légèrement gris de fer sur le dos. Les flancs el le ventre brillent d'un bel éclat argenté. Il n'y a que des taches éparses noires au-dessus de la ligne latérale. On n'en voit que deux ou trois sur la région pectorale, un peu au-dessous de cette ligne. Le crâne et l'opercule portent aussi quelques points noirs. On les

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rencontre également sur la dorsale : c'est la seule nageoire qui ait des taches. La caudale, très -faiblement échancrée dans le milieu-, est olivâtre et bordée de noirâtre. L'adipeuse est verdâtre. L'anale et les ventrales sont blanches. Du noirâtre semble salir la couleur blanche de la pectorale. Il arrive quelquefois que les grands individus ont des taches rouges sur l'opercule. Je crois que ces taches sont passagères et qu'elles existent en plus grand nombre sur les individus qui redescendent à la mer.

La Truite argentée, que j'ai distinguée, était une femelle. Le foie est presque en entier dans le côté droit de l'abdomen. La vésicule du fiel repose sur la branche montante de l'estomac. Il n'y a qu'une simple bande transversale sous l'œsophage; mais aucune partie du foie ne passe à gauche de l'estomac. Celui-ci, ainsi que l'œsophage, ressemble tout à fait à ces viscères dans le Saumon; mais il y a un plus grand nombre de cœcums autour de la branche pylorique, puisque je compte soixante-dix appendices cœcales autour de cette portion de l'intestin.

Le reste du canal intestinal n'offre rien de remarquable. Le grand nombre de Tœnia dont l'intestin était rempli, est vraiment remarquable : il y en avait un dans chacun des cœcums. M. Rayer a fait de son coté la même observation. Outre ces tœnia il y avait aussi quelques Filaria piscium retenus autour des épiploons graisseux des appendices. Les ovaires occupaient la moitié antérieure de la longueur

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de l'abdomen ; les œufs sont assez gros ; ils tombent, comme c'est l'ordinaire chez les truites, dans l'intérieur de la cavité abdominale.

Sur le squelette nous voyons les os du crâne formant une voûte à peu près semblable à celle déjà décrite dans le S. hamatus. Ainsi, les deux frontaux principaux recouvrent en partie les deux pariétaux; mais ils ne se touchent pas aussi complètement que ceux de l'espèce que nous venons de citer; de sorte qu'il y a un trou sur le crâne et deux trous latéraux circonscrits par les occipitaux, les mastoïdiens, la grande aile et le frontal principal. Les deux frontaux antérieurs forment une plaque assez grande sur l'extrémité du museau. Les autres os ne présentent pas des différences bien notables d'avec ceux du grand S. hamciius. Nous comptons cinquante-quatre vertèbres à cette espèce, dont trente -cinq sont abdominales.

La taille des individus que l'on trouve sur les marchés de Paris est quelquefois de deux pieds et demi ; mais il n'est pas rare cependant d'eu voir de deux pieds. C'est d'après l'un d'eux que j'ai donné dans l'iconographie du Règne animal une figure un peu petite, à la vérité, de la Truite de mer, en adoptant alors pour sa dénomination latine celle que je trouvais dans l'ouvrage dont nous voulions illustrer le texte. Cette truite de mer est, sans aucun

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doute, de la même espèce que Lacépède a cta}3lie sous le nom de Salmone CumherlancL Il serait difficile de détermine)', dans louvrage que nous citons, le poisson que son illustre auteur a inscrit dans ce supplément. Mais j'ai eu le bonheur de retrouver dans les papiers que M. de Lacépède m'a légués, les notes manuscrites de Noël, et j'y vois une représentation de la disposition des dents du palais; il n'y en a, sans aucun doute, qu'un seul rang sur le vomer. Noël avait pris ses notes sur un individu apporté à Rilvington en Westmoreland , et qui avait été pêclié dans un lac voisin du Penryth. Cet iclitliyologiste la désignait sous le nom de Truite blanche et présumait qu'elle était de la même espèce que celle des lacs d'Ecosse. Or, comme je trouve dans l'ouvrage de Yarrell que son Salmon-trout, qu'il considère aussi comme la Truite de mer, est la Truite blanche du Devonsliire , du pays de Galles et de l'Irlande, et qu'il rapporte une observation de M. MaccuUock, constatant que la truite de mer d'Ecosse vit dans un lac d'eau douce de Lismore, l'une des Hébrides; que ces truites ne peuvent sortir de ce lac pour se rendre à la mer; je prolite de ces observations pour admettre également que notre espèce peut se trouver dans le lac de Cou-

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stancCj passer de ce lac dans les nombreux ruisseaux qui y aflluent, soit directement, soit par le vieux Rhin, vivre dans les profondeurs du lac, et en sortir pour remonter dans les rivières au temps du frai, d'où Ton conclurait, avec M. de Lacépède, que les grands lacs seraient, pour les individus qui ne peuvent se rendre a la mer, ce que FOcéan est aux espèces qui remontent dans les petites rivières qui viennent y verser leurs eaux. C'est ce que M. de Lacépède a dit, avec autant d'ëlëgance que de justesse dans Farticle quil a écrit, d'après Bloch, et par conséquent d'après le docteur Wartmann, sur le Salmo illanken. Si Ton vient à lever ces incertitudes, il en résulterait que notre Forelle argentée serait, comme il y a tout lieu de le croire d'après l'examen des figures, très-bien représentée dans Agassiz, sur les planches 1 4 et 1 5 de son ouvrage, et que ce serait aussi flllanken (5. lacustris) de Bloch. L'illustre continuateur de Buffon faurait reproduite , une seconde fois, comme je viens de le dire, sous le nom de Salmone Cumherland. Le Salmo trutta de Bloch peut encore la représenter; mais la figure et la synonymie de cet auteur laissent de grandes incertitudes pour cette détermination. Ce serait plus probablement le Salmo lacustris de Gesner.

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En remontant à la discussion générale que j'ai faite de toute cette synonymie on voit la nécessité de donner à ce salmonoïde un nom nouveau; car presque tous ceux que je viens de rapporter ont été appliquées par d'autres auteurs à des espèces difFérentes. N'oublions pas que les dénominations d'Artedi ou de Linné embrassent, par leur synonymie, des poissons différents les uns des autres.

Si le Salmon-trout de M. Yarreîl est un des noms de l'espèce actuelle, nous verrons cette espèce abonder sur les marchés de Londres comme sur ceux de Paris. Je n'aurais aucun doute sur cette détermination, si le docteur Richardson' s'était exprimé d'une manière plus nette sur la disposition des dents du vomer. Je crois bien cependant qu'il n'y admet qu'une seule rangée.

La figure de la planche 91 , n."" 1 , A et B, de l'ouvrage de Richardson, ne peut laisser aucun doute sur le genre auquel le poisson qui a été dessiné pouvait appartenir; c'était une Forelle argentée.

La Forelle du lac Léman.

{Farlo Leinaniis y nob.; Salmo Lemanus^ Cuv.) Nous recevons à Paris, sous le nom de

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