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Truite saumonée du lac de Genève, une des espèces les plus grandes et les plus estimées de ce genre.
C'est un poisson à corps épais, à dos arrondi, à queue forie et raccourcie, à caudale peu développée, proportions qui donnent à ce poisson une forme beaucoup plus lourde que celle du Saumon. L'épaisseur fait à peu près les deux tiers de la hauteur, qui est comprise environ cinq fois et demie dans la longueur totale. La longueur de la tête n'y est que quatre fois et demie. Le dessus du crâne est plus large et à proportion plus arrondi. L'œil est à la moiilé de la longueur de la joue. Le préopercule est arrondi; l'opercule a le bord inférieur arrondi; il se loge dans le croissant du bord correspondant du sous- opercule, lequel est une palette assez large. L'interopercule est étroit et a le bord échancré. L'intermaxilîaire est assez long; il fait un peu plus du tiers du maxillaire. Les dents de ces deux os sont courtes et assez grosses; elles sont beaucoup moins fortes que celles des palatins. J'en trouve sur le vomer deux au chevron, et une bande de quatre ou cinq le long du corps de l'os. A l'extrémité de la mâchoire supérieure il existe une petite fossette, dans laquelle pénètre un tubercule assez haut de la mâchoire inférieure; mais il faut faire bien attention que ce tubercule n'a jamais la forme ni la saillie de celui du 6". hanialus. La pectorale est plus courte et plus large que celle du Saumon. Les ventrales sont plus éloignées, car elles correspondent aux derniers rayons de la dorsale. Celle-ci
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répond au milieu de la longueur totale. L'adipeuse est très-haute, très-large- elle est à proportion beaucoup plus grande que celle du Salmo hamatus.
Le poisson, desséché, a les flancs plus tachetés que le dos et le ventre. On voit des points sur la joue, sur l'opercule et sur la dorsale. Il n'en reste pas de traces sur les autres nageoires. Les écailles sont petites et comme perdues dans la peau. Nous en comptons cent trente rangées le long des côtés. La pectorale est plus arrondie; la caudale coupée carrément; l'anale aussi haute que longue.
Nous conservons clans le Cabinet du Roi deux grands individus empailles, dont l'un a trois pieds quatre pouces et demi de long; nous avons aussi un squelette long de detix pieds neuf pouces, qui avait ëtë envoyé h M. Cuvier par le sénat de la ville de Genève. Outre ces exemplaires, j'en ai examiné un grand nombre que le commerce apporte à Paris, ce qui m'a rendue l'acile l'appréciation des caractères généraux de cette espèce. M. Pentland en a donné un petit exemplaire du lac de Como, long d'un pied et deux pouces, mais sur lequel nous retrouvons aussi trèsbien les caractères spécifiques de cette Truite.
Le squelette nous offre aussi certains caractères qui servent à distinguer ce poisson des espèces voisines.
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Le crâne est plus rugueux. La crêie moyenne formée parla réunion des deux frontaux principaux, est plus élevée, et comme elle se continue avec celle des frontaux antérieurs, il en résulte une crête longitudinale , allant depuis les intermaxillaires jusqu'aux pariétaux. Sur les cotés de la créie moyenne il y en a deux autres rugueuses; puis les rebords des frontaux antérieurs se redressent un peu. Je ne vois pas sur les côtés du crâne les grands trous latéraux de l'espèce précédente.
Je compte cinquante -six vertèbres, dont trentetrois pour l'abdomen.
Cette espèce si célèbre n'a été figurée que dans ces derniers temps. On en doit une première et bonne représentation à M. Juriiie% et plus réceranient M. Agassiz en a donné de très-élégantes figures dans sa belle monographie des Saîmonoîdes. M. Jurine pense que l'accroissement des Truites^ d'une livre augmente dans une année du quart de leur poids, celles de trois livres d'un sixième, et que de plus grosses gagnent à peine une livre dans le même tenq:>s. Je ne suis pas très-sûr que ces observations se rapportent à la même espèce. Cet auteur nous dit qu'il n'a pas vu prendre