‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 25 sur 100 · Flem., Brit. ann. , p · texte numérisé non relu

Flem., Brit. ann. , p

4. Jenn. , Brit. verteb., p. 434, n.° 116. &. Yar., Brit. fish. , p. 110.

62 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.

inscrit un grand nombre d'erreurs à rectifier, que j'ai essayé de composer l'histoire naturelle de ce poisson.

Presque tous les naturalistes et les voyageurs s'accordent à dire que le hareng se trouve également sur les côtes d'Amérique comme sur celles d'Europe. Plusieurs ont même rapporté, d'après Anderson, que les légions innombrables de ces poissons sortant des mers du Nord , se séparaient en deux grandes cohortes lorsqu'elles étaient arrivées à la hauteur de l'Islande, et que l'une d'elles allait remplir les vastes baies de l'Amérique septentrionale. S'il en était ainsi, il s'ensuivrait que le hareng apparaîtrait sur les côtes américaines à peu près à la même époque que ce poisson vient se montrer sur les côtes d'Europe; or, c'est à la fin de mars ou en avril que la baie de Chesapeake est remplie de harengs, tandis que c'est pendant l'hiver qu'ils apparaissent sur les côtes d'Europe. Mais, d'ailleurs, ce qui tranche d'une manière bien plus évidente la question, c'est que nous donnerons dans un des articles suivants la description du hareng de ces contrées, et l'on verra qu'il est d'une espèce certainement distincte.

On prétend que le hareng meurt aussitôt

qu'il est sorti de l'eau; qu'on essaierait en vain de le rappeler à la vie en le tirant du filet et en le rejetant à la mer. Cette assertion a obtenu un tel crédit qu'elle a donné lieu à plusieurs proverbes : As dead as a herring, disent les Anglais. M. de Lacépède a même essayé d'expliquer, par de très -longues considérations physiologiques, fondées sur la grandeur de l'ouverture branchiale du hareng, la cause de cette mort prétendue si prompte. Le fait est que cette assertion est tout à fait exagérée. On trouve déjà plusieurs remarques dans quelques auteurs qui ont écrit sur le hareng, qui la combattent victorieusement. Neucrantz1 a vu un hareng vivre encore plus d'une heure après qu'il eût été mis sans précaution et avec d'autres poissons de son espèce sur une voiture qui venait de parcourir un mille d'Allemagne. Sagard2, missionnaire en Canada, observe qu'il a vu des harengs sauter sur le tillac lorsqu'on ramenait les filets, et cela pendant assez longtemps avant de mourir. Noël de la Morinière dit qu'il a vu des harengs vivre deux à trois heures hors de l'eau, qu'il en a tenu dans ses mains et qu'il les y a vus vivre pendant plus

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