‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 36 sur 100 · Curickeus hist. Besch. der Sladt Dantzig? n · texte numérisé non relu

Curickeus hist. Besch. der Sladt Dantzig? n

tard; or personne ne croira que ce hareng vint de la mer du Nord. Dans cette saison où la Baltique est glacée, on n'aurait pu l'apporter par mer à Héla pour le transporter ensuite par traîneaux à Dantzig.

Linné a divisé le hareng en grandes et en petites espèces, la première habitant la mer Germanique, la seconde le golfe de Bothnie. Nous avons déjà nous-méme parlé, non pas de différentes espèces, mais de différentes races de hareng. Ceci élève déjà des doutes sur l'exactitude du système migratorial que d'ailleurs nous allons bientôt combattre.

L'immortel auteur du Fauna suecica regardait les bassins peu profonds de la Baltique où la proximité des côtes et le nombre des baies offrent un abri sûr aux poissons, comme les réservoirs naturels de la petite espèce. Il pensait que les profondeurs qui séparent les bancs des mers Britannique et Germanique nourrissaient la grande espèce. Il s'agit bien moins de la distinction du hareng de la grande ou de la petite taille, que d'examiner maintenant jusqu'à quel degré on peut établir que les harengs naissent sur les fonds où on les pèche, ou que de savoir si les harengs sont pris sur des fonds éloignés de leurs eaux natales. Les documents que Noël de la Mori-

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nière a recueillis sur les lieux des pêcheurs écossais ou norwégiens, l'ont convaincu que le hareng est beaucoup plus stationnaire qu'on ne le croit, et que les divers bancs de harengs sont très-distincts et très-faciles à reconnaître. C'est une opinion admise par tous ces pêcheurs que chaque espace d'eau contient des harengs de grande ou de petite taille qui en sont indigènes et presque toujours faciles à distinguer de ceux qui habitent les eaux voisines. C'est là ce qui a donné naissance aux diverses dénominations qui dans les différentes langues où on les emploie rendent toujours la même idée. On appelle en danois le hareng indigène landstaaende sild, c'est-à-dire hareng qui vit près de la terre ; les Suédois disent landst aride sill et les Allemands landstehenden Hœring, ce qui signifie absolument la même chose. Les Anglais l'appellent native ou homebred herring, c'est-à-dire hareng né dans le pays. Les Français lui donnent le nom de hareng foncier, quelquefois aussi le nom de hareng franc , c'est-à-dire d'origine française. La signification du nom de hareng halbourg n'a pas d'autre valeur, c'est halex burgensis, hareng bourgeois ou le hareng du pays, du lieu. On applique cependant plus communément ce dernier nom au hareng pris dans la

Manche pendant leté. Ces différentes dénominations consacrent toutes l'indigénéité des poissons. Mais il est aussi très-certain, d'après l'opinion des pécheurs les plus instruits, qua certaines époques, mais point fixes, les fonds fréquentés par les- harengs stationnaires sont visités par des poissons de la même espèce nés dans d'autres eaux, qui viennent frayer avec ceux-ci, si ces radeaux sont composés de poissons préparés à la reproduction de l'espèce. Il n'y a rien de régulier à cet égard. Ce sont les harengs qu'en Islande, en Norwége, en Danemarck, on désigne par le nom de Fhaefsildy hareng de la mer, les mêmes que les Suédois appellent haevs-sill. Ils donnent aussi le nom de haevs-strômming au hareng de la petite espèce, qui habite de préférence les grandes eaux de la Baltique et qu'on distingue facilement de celui qui réside plus particulièrement dans les eaux des golfes. C'est le même poisson que les Allemands appellent See-Hœring, les Anglais for eign-jîsh et les Fiançais hareng du Nord. En comparant ces diverses dénominations on voit donc que les pêcheurs distinguent des harengs que l'on pourrait appeler indigènes, stationnaires, fonciers, côtiers, etc., de ceux qui à certaines époques abandonnent leurs eaux natales et

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se portent sur d'autres fonds et qu'on nommerait harengs étrangers, pélagiens, voyageurs, etc. Mais nous rie voyons pas dans ces dénominations des distinctions spécifiques établies sur la taille des harengs. Cependant, on verra plus loin que les savants, anglais , et entre autres le docteur Leach et M. Yareli, pensent qu'il existe deux espèces de harengs sur les côtes d'Angleterre.

Nous allons essayer de prouver que cette inégalité de dimensions est indépendante de l'âge des poissons, mais que ces variétés dépendent de la nature des fonds. Les pêcheurs hollandais reconnaissent qu'il y a autour des îles de Shetland une tribu de harengs facile à distinguer de celle qu'ils prennent en haute mer. La chair de ces harengs est si grasse qu'elle fut proscrite par les états de Hollande et de West- Frise, comme d'un poisson de qualité très-inférieure à celle du hareng pris à soixante milles de distance des Shetland ou des Orcades. Ces harengs, stationnaires de ces îles, sont de grande taille et se montrent en été. La Norwége possède également des harengs indigènes de taille variable suivant les saisons, et que l'on peut distinguer facilement de ceux qui viennent de la haute mer, tant par la forme extérieure du hareng que par la

saveur de la chair. Les harengs stalionnaires, dit Barch1, peuvent devenir très-gras, mais leur chair n'acquiert jamais la délicatesse de celle des mêmes poissons qui viennent de la haute mer. Pontoppidan, Falch et Molberg observent qu'il n'y a presque point de mois de l'année où les côtes et les baies de la Norvvége ne soient visitées par différents radeaux de harengs, qui portent le nom de la saison où l'on en fait la pêche, en empruntant quelquefois un surnom de quelque circonstance particulière. C'est ainsi qu'on appelle hareng esturgeon ou hareng haleine, ceux dç ces poissons que l'on suppose poursuivis par les esturgeons ou par les grands cétacés. On croit que ce hareng d'été vient de la haute mer. Les radeaux de cette clupée, dont la pêche se fait pendant toute l'année sur les côtes de la Suède, voisines de Gothembourg, se composent également de poissons stationnâmes dans les petites eaux de la Scanie. On peut appliquer les mêmes remarques au hareng de la Baltique, et de ses grands golfes de Bothnie ou de Finlande.

• Les pêcheurs allemands distinguent, sous le nom de Strômming , la petite espèce de la

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