FruuS, Of kandling om fisck. in Norlland
les côtes de Suède qui regardent le Cattegat? Les harengs qu'on pèche dans le Zuydersée présentent les mêmes faits.
Que conclure de tout ce que nous venons de dire? C'est que le hareng vit par légions innombrables dans toutes les eaux où on le pêche, qu'il se tient dans une profondeur déterminée, considérable, et qu'il sait échapper pendant longtemps aux moyens de poursuite des pêcheurs, mais que lorsque vient le moment du frai, le même besoin de placer convenablement le produit de sa génération le force à quitter ses retraites de la même manière que cela a lieu pour les sardines qui font, à la manière des harengs, des apparitions nombreuses sur les côtes, ou elles remplacent le hareng qui n'y existe pas. C'est par un instinct semblable que les aloses ou les saumons sortent aussi de leurs retraites sous-marines pour remonter dans les eaux douces qui viennent verser leurs eaux dans l'Océan. Un acte qui doit satisfaire au même besoin, mais qui est tout à fait inverse, est celui dont les anguilles nous rendent témoin; un certain nombre d'entre elles quitte les eaux douces pour se rendre à la mer. Les harengs se déplacent pour apparaître près des côtes et y déposer leur frai. Les mouvements que nous observons dans ces
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grands bancs ne sont que des déplacements accidentels, fortuits, qui tiennent à des causes qui n'ont pas encore bien été observées. Mais comme les bancs sont considérables, qu'ils frappent l'imagination de l'homme par leur masse, les hommes peu instruits qui bravent avec courage les dangers incessants de la pèche de ces poissons, ont cherché à donner une explication poétique comme celles qu'enfante toujours l'imagination de ces hommes vivant isolés au milieu de ces grandes scènes de l'Océan. On y a ajouté peu à peu, et l'échafaudage du système entier a fini par s'y établir. Il faut bien remarquer cependant qu'il se passe là plusieurs phénomènes dont nous ne nous rendons pas encore bien compte. Les harengs fraient sur les côtes, les petits s'y développent; au mois de mars on trouve devant les rochers du Calvados des légions de petits harengs, longs de trois à quatre pouces, qui bientôt disparaîtront de la côte pour faire place aux harengs adultes qui se présenteront en bancs serrés pour peupler ces plages de nouveau frai. Le hareng grandit-il assez vite pour atteindre à la lin de l'année la taille que nous lui connaissons et être en état de revenir multiplier son espèce ? ou bien passe-t-il une ou plusieurs années au
fond des goufres de l'Océan jusqu'à ce qu'il soit en état de reparaître sur les plages ? Si j'appliquais à ces dupées les observations que nous faisons sur les aloses, je serais assez tenté de croire à cette dernière supposition. En effet, nous voyons les aloses qui sont nées dans nos fleuves à une distance très-considérable de leur embouchure, car elle dépasse presque toujours cent lieues, redescendre vers la mer lorsqu'elles ont atteint une grandeur de deux à trois -pouces \ mais à l'époque de la montée on ne prend jamais que des aloses adultes qui ont de quinze à dix-huit pouces de longueur, qui sont par conséquent cinq à six fois plus longues que celles qui redescendent à la. fin de la saison. D'un autre côté, l'on prend à la mer assez fréquemment des aloses de toutes tailles, qui n'ont encore cependant ni œufs ni laitances, et que pour cette raison on appelle pucelles. Cette espèce de poisson nous fournit donc la preuve que pendant un certain temps ces individus habitent un milieu tout différent de celui qu'ils sont obligés de prendre au moment du frai. Il me paraît raisonnable d'admettre le même ordre de choses pour le hareng. Cela tient d'ailleurs aux grands phénomènes de la distribution climatérique des espèces à la surface
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de notre globe. De même que nous voyons les plantes occuper des hauteurs déterminées sur les montagnes, ce que M. de Humboldt a désigné dans ses savants ouvrages par ces expressions de région des pins, région des chênes; de même qu'il a démontré que là où finissent les chênes commence la végétation des rhododendrons , de même les observations nombreuses que j'ai rapprochées, soit sur les poissons, soit sur tous les autres animaux marins, m'ont convaincu de la justesse de ces dénominations d'animaux côtiers ou d'animaux de grand fond. Je suis convaincu que si des observations étaient dirigées dans le but d'éclaircir ces questions, on trouverait que certaines espèces pélagiques vivent habituellement à des profondeurs déterminées, qu'elles ne quittent que pour des besoins déterminés. Les Gades sont parmi les poissons ceux qui descendent aux profondeurs les plus considérables, puisqu'on les tire des fonds les plus bas où les lignes peuvent atteindre, qu'au-dessus de cette région des morues existe celle des harengs; puis viendraient les espèces côtières de l'Océan, et vivraient enfin au-dessus d'elles nos poissons d'eau douce, dont toutes les espèces ne peuvent pas atteindre la même hauteur dans les lacs de nos mon-
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tagnes. Les truites sont en Europe nos poissons alpins. Nous ne voyons aucune espèce de ce genre dans les grands lacs de la Cordillère des Andes, ou sur les cimes de l'Himalaya. J'ai déjà remarqué que dans les Andes, les Cyprinoïdes apodes peuplent le grand lac de Titicaca; les Siluroïdes s'élèvent aussi haut et vivent avec ceux-ci sur les hauts plateaux de Cusco. Les poissons que M. de Hùgel a rapportés, du lac de Cachemire sont extrêmement voisins de nos Barbeaux; on y trouve aussi quelques petites Loches. La présence des poissons de ce genre m'étonne d'autant plus qu'il résulte d'expériences que j'ai faites pour savoir comment les poissons de nos eaux douces peuvent supporter différentes pressions barométriques, que nos Barbeaux ne peuvent supporter la diminution d'une faible partie du poids de l'atmosphère, tandis que le Goujon [Cjprinus gobio) peut vivre dans une masse d'eau au-dessus de laquelle on a fait presque complètement le vide. Les phénomènes sont très-divers suivant les différentes espèces, aussi ne dois-je pas inétendre sur ce sujet curieux dans cet ouvrage.