Hist. eccl, liv. IV, ch
184 LIVRE XXI. CLUPÉpÏDES.
porte à Wilfred, évêque d'York, en 678, l'art de pécher dans la mer; mais il est dans l'erreur. Le plus ancien règlement où le hareng soit nommé est la règle d'administration des revenus et des offices des monastères d'Evesham donnée en 709. Plusieurs chartes du onzième et du douzième siècle signalent des donations de dîmes de harengs à différents monastères de la Grande-Bretagne; elles prouvent combien à cette époque reculée la pèche du hareng y était déjà considérable. Si l'on consulte la charte de fondation du monastère de Berking, on peut en conclure que les Anglais salaient et saurissaient déjà le hareng. Ce règlement porte qu'un baril doit contenir mille harengs, et le tonneau six cents ; il règle ce que chaque religieuse doit en recevoir pendant l'A vent, pendant le Carême et les autres jours d'abstinence; enfin, on connaissait alors le Her~ ring-Silver , expression qui semble exprimer le paiement dune rente d'une certaine quantité de harengs pour les provisions des maisons
religieuses.
Au temps de la conquête, on voit qu'un assez grand nombre de fîefs maritimes soutenait déjà la pêche du hareng, et qu'il y avait de nombreuses salines sur les côtes de Norfolk, de Suffolk, de Sussex. II y en avait plus de cinquante à
File de Wight. Dès io3o, Edouard le Confesseur donne à l'abbaye de Fécamp des salines situées à Chester. Yarmouth était déjà, sous Guillaume le Conquérant, un port considérable de pèche, et Knox ' établit que les anciens titres de cette époque constatent que le banc de Yarmouth servait de rendez- vous aux pêcheurs des différentes parties de l'Angleterre, de la France et de la Basse- Allemagne qui venaient tous les ans faire la pêche du hareng. Cette multitude de pêcheurs de différents pays fit sentir bientôt le besoin de maintenir l'ordre et de faire respecter les droits et les propriétés de chacun. On fixa l'ouverture de la pêche à la Saint-Michel, et la clôture à la Saint-Martin. Le bourg de Yarmouth qui commença par n'être qu'une réunion de cabanes construites par les pêcheurs du pays, fut gouverné par un magistrat, nommé par Henri I.er en 1 1 28. Sa redevance féodale qui lui assurait ses droits de franchise fut fixée à dix mille harengs. Dunwich, aujourd'hui presque détruite par. la mer, payait à la couronne une redevance annuelle de vingt-quatre mille harengs. La remise* ne lui en fut faite qu'en 1 iq5 par Jean -sans -terre. Voilà à peu près les