‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 49 sur 100 · Boelliitis . Scot. regn. descript · texte numérisé non relu

Boelliitis . Scot. regn. descript

aussi que les marchands chrétiens du douzième siècle avaient des liaisons commerciales avec les Orcades, et que le poisson salé en formait un des principaux objets. Il y avait d'ailleurs, à cette époque, d'autres salines en Ecosse. Une bulle du pape Luc III, relate la donation d'une saline faite au monastère d'Holmecostram. Anderson cite encore des chartes de Malcolm IV, de Guillaume, d'Alexandre II, où il est parlé de donations de salines. On pourrait citer encore plusieurs autres statuts, depuis 114S jusqu'à 1284, dont les sages dispositions annoncent combien la pêche du hareng paraissait importante aux Écossais, puisqu'ils prenaient tant de précautions et de soins pour en assurer la réputation. Nous voyons donc la pêche du hareng protégée, et de plus en plus florissante en Angleterre et en Ecosse dans le quatorzième siècle. Dans ce laps de temps, plusieurs conventions pour la police de la pêche furent conclues entre les rois d'Angleterre et de Danemarck, pour renouveler plusieurs privilèges déjà fort anciens. Vers le commencement du même siècle, plusieurs pactes furent aussi passés avec les comtes de Flandre et de Hollande. Les Anglais exigèrent toujours qu'on s'adressât à eux pour obtenir la permission de pêcher sur les côtes

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de leur île. Us ne l'accordèrent souvent même que pour un an et sous la clause que les bateaux de pêche n'excéderaient jamais trente tonneaux de port, sous peine de confiscation. Souvent les rois d'Angleterre donnèrent, par amitié pour les comtes de Flandre , des escortes aux buyses flamandes, en réciprocité de celles dont les bâtiments anglais avaient quelquefois besoin. Les guerres continuelles de l'Angleterre avec la France entraînaient alors de nombreux armements maritimes. Pour montrer combien la pêche était importante et considérée sur les côtes de Suffolk ou de Norfolk, Anderson rapporte que, lors du grand armement de Richard II, en i386, ce roi exempta' du service tous les pêcheurs de harengs de Blackeney, de Cley et de toute cette côte. Ce même* roi adressa une proclamation au bailli de Sainte-Hildade Whitby, pour lui enjoindre de veiller à ce que les étrangers ne vinssent pas une seconde fois enlever, au grand préjudice des habitants, le hareng qui, en i394> s'était montré en prodigieuse quantité sur les côtes orientales de la Grande-Bretagne, lorsque la pêche avait manqué sur presque tous les autres points de l'Europe.

L'Angleterre péchait aussi sur les côtes de Norwége. Outre le commerce qui résultait do

la pêche du hareng, on sait aussi que ce poisson salé entrait autrefois au nombre des provisions de campagne et de guerre. Ainsi, Edouard III, roi d'Angleterre, demanda entre autres munitions de bouche pour les soldats de l'armée que sa flotte allait transporter en Gascogne, une contribution de quarante last de harengs. Les guerres que s'étaient faites Edouard III et Charles V, roi de France; celles de Richard II contre les Écossais, avaient porté quelque préjudice à la pêche du hareng. Si Henri IV lui donna quelques encouragements par les trêves de i4o3 et i/j.o4 avec les Français, et par celle de i4o6 avec les Flamands, le règne guerrier de Henri V détruisit un peu les bons effets que ces trêves pacifiques avaient produits. Mais, dès le commencement de ce siècle, le pavillon de la Grande-Bretagne parcourait les côtes de la Baltique, pour y étendre le commerce de l'Angleterre, et surtout pour supplanter, les villes anséatiques dans quelques-unes des places qu'elles fréquentaient. D'ailleurs, dans ces mers, ils n'étaient £lus inquiétés par les courses des Français. Les pêcheurs anglais s'éloignant de la Manche, se rendaient sur les côtes de Norwége et de Danemarck, où ils avaient moins de danger à courir. Éric de Poméranie était alors sur le

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trône ; il se plaignit au roi d'Angleterre du nombre excessif de bâtiments anglais qui couvraient les mers de ses États. Henri V écouta sa représentation, car il fît défense aux Anglais d'y pêcher à l'avenir. La proclamation de 1 /j.i 5 qui fut faite à cette occasion est précieuse dans le tableau des pêches de la Grande-Bretagne, car elle relate le nom de quatorze ports, aux baillis desquels elle fut adressée; ce qui prouve l'extension que les pêches avaient déjà prise dans les villes maritimes de l'Angleterre. A cette même époque une aussi grande activité se développait en Ecosse. Les actes du parlement font foi que les législateurs s'occupaient avec énergie d'étendre leurs pêches nationales, en obligeant les bourgs royaux d'équiper des barques ou des flûtes de pêche pour en établir une générale autour du royaume. Un droit de quatre deniers écossais fut prélevé par une loi du parlement d'Ecosse sur chaque baril de mille harengs sauris dans le pays. Malheureusement plusieurs fautes politiques détruisirent en peu de temps l'heureuse extension que prenait ce commerce en 142g. Les villes anséatiques et celles de la Hollande achetaient tous les ans une quantité incroyable de harengs sur les côtes d'Ecosse. Jacques rendit une ordon-

nance qui défendit de vendre le poisson en mer. Il voulut astreindre les pêcheurs à en fournir les bourgs royaux avant que les étrangers pussent s'en approvisionner. Anderson reconnaît l'inutilité de ces ordonnances, et démontre que cette jalousie des Écossais ne fut préjudiciable qu'à eux-mêmes. Les Hollandais achetaient tout le hareng frais et salé, qu'ils venaient chercher avec de gros bâtiments. Les villes de la côte d'Ecosse s'enrichissaient en vendant immédiatement le produit de leurs pêches. L'ordonnance, en changeant cet ordre de choses, n'eut d'autre effet que de ralentir l'ardeur pour la pêche. Le gouvernement essaya bien d'y remédier; car on voit qu'il exigea par des actes de 1 l±g3 que les barques de pêche fussent au moins de vingt tonneaux.

Tout bateau fournissait à la couronne une certaine quantité de poisson qui formait une partie de son revenu. Une portion de ce droit fut prise à ferme par la famille d'Argyll. Elle exerçait à ce titre une juridiction qui s'étendait depuis le Firth de Pentland jusqu'au Mull de Galloway, et comprenait ce qu'on appelle la pêche des Hébrides1. A cette époque les

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