‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 50 sur 100 · Knox, View of the Brit. emp · texte numérisé non relu

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pécheurs anglais trouvant plus d'économie à acheter des Hollandais la plus grande partie de leur poisson, faisaient une pêche fort courte et ne mettaient en mer qu'un bien petit nombre de barques. Les ordonnances d'Edouard IV en 1482 et de Henri VII en 1496, furent rendues pour régler le barillage du hareng, mais il est probable que les troubles intérieurs qui désolèrent alors la Grande- Bretagne, suspendirent l'exécution des projets qu'avaient fait naître les besoins de l'économie maritime. Il est certain qu'à cette époque la pêche anglaise était peu active , et cependant il s'écoule de longs intervalles entre les actes publics émanés du gouvernement. Henri VIII est obligé de promulguer un acte du parlement en -1 54a, où il est formellement énoncé que les Anglais avaient contracté la mauvaise habitude de se mettre en mer sans filet, et d'aller directement acheter du poisson frais à bord des bâtiments flamands ou français. Mais à partir de cette époque jusqu'en 1 555, les règlements se succédèrent pour remédier aux abus qui se passaient, surtout à Yarmouth. Les moyens ne paraissant pas encore assez coercitifs, la religion fut appelée à l'aide de la politique, ainsi que le prouvent les statuts d'Edouard VI , qui se plaint de ce

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qu'on violait l'abstinence do la Chair, et qui ajoutait qu'en prescrivant de faire maigre les jours ordonnés par l'Eglise, il se ferait une plus grande consommation de poisson, ce qui donnerait plus d'activité à la pêche. Cette pensée fut si bien celle des rois d'Angleterre, qu'Elisabeth s'avisa d'établir un carême politique. Le but ostensible était la conservation des bestiaux; mais le véritable était d'augmenter le nombre des hommes de mer, afin de s'assurer une marine. D'ailleurs les écrivains anglais* se plaignent qu'à cette époque la pêche était presque tout entière entre les mains des étrangers.

Les Hollandais, à la faveur d'anciens traités, venaient toujours dérober aux côtes d'Angleterre la meilleure partie du poisson, tandis que les Espagnols, en vertu de quelques concessions obtenues de la reine Marie par Philippe II, épuisaient les côtes septentrionales de l'Irlande et les environs de Jersey et de Guernesey.

Les divers règlements prohibitifs, publiés dans le cours des deux siècles précédents, n'avaient pas eu le succès que les souverains de l'Ecosse s'en étaient promis. Jacques V fit, dans les Hébrides et le long des côtes montueuses de l'ouest, un voyage qui prépara les 20. i3

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mesures employées par son successeur. Campbeltown , Inverloch et Hornoway dans l'île de Lewis, furent désignés comme trois points de réunion ou de centre offerts à l'industrie de ces contrées. Des privilèges leur furent accordés, et pour obtenir avec plus de certitude des résultats avantageux, on résolut d'envoyer dans le dernier endroit une colonie tirée des cantons de l'Ecosse, où la pèche était le plus en vigueur; mais ces établissements ne réussirent pas. On conçoit que l'état politique de l'Angleterre et de l'Ecosse à cette époque, donnait aux gouvernants des préoccupations d'un ordre tout différent. Il n'a pas encore été question dans cette esquisse des îles voisines de l'Ecosse, c'est-à-dire, des Shetland et des Orcades au nord , et des Hébrides à l'ouest. Les rois de Danemarck, a qui ces îles avaient longtemps appartenu, disputaient souvent aux Écossais le droit de pêche; il ne leur fut concédé que par Christiern I.er, en faveur du mariage de sa fille Marguerite avec Jacques III en 1468. Quant aux Hébrides, on les considérait à peine comme une dépendance de l'Ecosse, puisqu'en 1602 Jacques l.er, roi d'Ecosse, les abandonnait à celui qui pourrait en faire la conquête. Ce prince, néanmoins, dans les années qui suivirent, fit plusieurs

lentalivcs pour y encourager la pêche du hareng, et introduire dans ce pays le seul commerce qui semble devoir s'y faire. N'étant encore que roi d'Ecosse , Jacques avait obligé les Hollandais de ne s'approcher de la côte qu'à la distance de huit milles, aiin, dit le statut, que les filets ne vinssent point barrer la route que le poisson était censé tenir. Monté sur le trône d'Angleterre , il interdit aux étrangers la pêche dans la mer des trois royaumes; il établit des commissaires à Londres et à Edimbourg, afin de n'accorder aux étrangers la liberté de pêche qu'à la condition de payer annuellement un certain droit. Ce règlement était principalement contraire aux Hollandais, quoique, d'après Rymer, il ait été rendu comme une juste représaille exercée contre les Danois, qui inquiétaient les pêcheurs anglais lorsqu'ils les rencontraient en mer. Les Hollandais dissimulèrent le chagrin que leur causaient de pareils règlements; ils firent semblant de s'y soumettre de bonne grâce, afin de ne pas interrompre des négociations bien plus importantes, et dont le résultat fut deux traités d'alliance. En 1612, le parlement d'Ecosse publia un acte concernant le paquage et l'exportation du hareng, avec défense d'en faire aucun envoi à l'étranger avant le vingt-

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neuf septembre , sous peine de confiscation du poisson et des bâtiments. Charles I.er crut avoir trouvé des moyens plus efficaces que ses prédécesseurs pour étendre les pèches nationales d'Angleterre. Il forma- des compagnies qui devaient s'occuper exclusivement de la pêche. Pour encourager ces établissements, il ordonna, en i633, que l'on observât plus strictement les lois relatives au carême \ il défendit l'importation du poisson péché par les étrangers, et enfin il convint avec les compagnies d'acheter quelques munitions navales et le poisson nécessaire à l'entretien des équipages de la marine royale. En i636 il réitéra aux Hollandais la défense de pêcher dans les mers de la Grande-Bretagne, et tandis que les publicistes des deux nations, Selden et Grotius, disputaient dans leurs écrits sur la souveraineté des mers, Charles arma une flotte puissante avec laquelle l'amiral comte de Northumberland surprit les Hollandais sur les côtes d'Angleterre , en coula plusieurs à fond, et força les autres à venir dans les ports de la Grande-Bretagne signer le consentement de payer à l'avenir une somme de 3o,ooo florins pour la jouissance du droit de pêche. Cette convention fut ratifiée par les Provinces- Unies. Mais peu de temps après, les établisse-

ments de la compagnie anglaise se réduisirent à rien par le désavantage de la concurrence qu'éprouvèrent, dans les villes maritimes du nord de l'Allemagne , les harengs d'Angleterre contre ceux de Hollande. Plusieurs vices inhérents aux statuts de la compagnie contribuèrent aussi à leur décadence. Le roi ordonna, en i63g, d'examiner de quelle somme les capitaux étaient diminués, et de chercher les moyens de relever une compagnie sur une base plus solide. C'est ce qu'on crut avoir trouvé en 1641 ? en formant une association qui obtint une exemption du droit sur le sel et les objets d'équipement de pèche employés pour son exploitation. Simon Smith1, agent de la pèche royale , a conservé un document du temps où se trouvent indiquées les proportions nécessaires à donner aux buyses de pèche, la nature et le prix de leur équipement, leur entretien et celui de leurs matelots. Il y a aussi de bonnes observations sur la manière de pêcher en pleine mer, et sur le commerce de l'Europe. Charles I.er se déclara protecteur de cette nouvelle compagnie, et les personnages de la plus haute distinction s'empressèrent de s'y faire incorporer. On fit payer

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