‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 52 sur 100 · LIVRE XXI. CLUPE01DES · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. CLUPE01DES

pagnie avaient conçus, s'évanouirent presque aussitôt. Après la mort de Cromwel, Charles II, le duc d'York, lord Glarendon , et plusieurs personnages de la première noblesse d'Angleterre formèrent, en 1661, un conseil de pêche dont le roi se déclara protecteur.

Un bill confirma toutes les lettres-patentes données sur la pêche ; il fut en quelque sorte provoqué par le corps des poissonniers de Londres , qui avaient demandé qu'on remît en vigueur les anciennes lois favorables aux pêcheurs, parce que ceux-ci étaient en fait la principale force de la marine. Deux ans après fut rendu un acte concernant la marque et le paquage du hareng. Aux personnes qui composaient le conseil de pêche on adjoignit plusieurs négociants ou armateurs qui constituèrent une corporation politique sous le nom de compagnie royale de la pêche d'Angleterre.

Pour encourager cette association, les parlements rendirent plusieurs bills tendant à lui accorder des privilèges très-amples; la compagnie obtint la permission d'établir une loterie et de faire recueillir une contribution volontaire dans toutes les paroisses. On obligea tous ceux qui tenaient auberge J hôtel garni, taverne, etc., de prendre un ou deux barils de

harengs pour leur consommation, à raison de 3o schellings par baril.

La compagnie fut autorisée à percevoir 2 schellings 6 deniers par baril de poisson importé des pays étrangers en Angleterre.

Enfin, par un acte de 1669, on annexa à la couronne les îles Orcades, et on y attira une seconde fois quelques familles hollandaises. Les harengs salés par cette compagnie obtinrent bientôt une juste réputation et ils trouvèrent dans les différents marchés de la Grande-Bretagne et de l'Europe un débouché satisfaisant. En 1671, le roi, accompagné du duc d'York fit un voyage à Yarmouth ; la compagnie lui présenta par reconnaissance quatre harengs d'or ciselés et enchaînés pour faire allusion aux richesses que produisait la pèche de ce poisson. Mais tous les avantages qu'on s'était promis eurent encore le même sort pour cette compagnie que pour les précédentes. Charles II se trouva dans la nécessité de retirer la perception des droits qu'il lui avait accordés: les intéressés en conçurent des inquiétudes et il s'ensuivit bientôt la dissolution totale de la compagnie.

De nouvelles tentatives eurent lieu en 1677. Aux privilèges dont avaient joui toutes les compagnies précédentes, on lui accorda la

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concession dune gratification de vingt livres sterling pour chaque buyse ou drogger de pêche équipée et mise dehors pour le hareng. La somme était prise sur les droits de douane perçus à Londres. Le fond principal de cette compagnie fut d'abord de dix à douze mille livres sterling. Ce petit capital fut bientôt épuisé par achats de bâtiments et de filets. On avait fait bâtir en Hollande sept barques de pèche qui devaient être montées par des Hollandais. Comme à cette époque la France était en guerre avec les Provinces-Unies, six de ces barques furent prises tout équipées, et quoique le patriotisme anglais eût fait une seconde souscription de soixante mille livres sterling, la mort du roi et l'état politique du royaume amenèrent bientôt la décadence des affaires de la compagnie qui fut forcée d'abandonner l'entreprise et de se dissoudre.

Sous .le dernier règne et jusqu'à la mort de Charles II, la pêche du hareng sur les côtes d'Ecosse avait été principalement exploitée par les habitants de Glasgow, d'Air et de Dumbarton. A la dissolution de la compagnie en 1682, les magistrats et le conseil de Glasgow achetèrent les bâtiments construits pour la pêche du hareng dans la baie de Greenock. Glasgow continua par cette acquisition la

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poche du Clyde avec zèle, persévérance et succès. Des barques, construites exprès, portaient quatre hommes et trente-quatre pièces de filets, longs de six brasses et larges d'une brasse et demie. On en équipa jusqu'à neuf cents , et comme elles n'étaient point soumises aux gênes des douanes, elles faisaient trois voyages par saison, depuis le 25 juillet jusqu'au 25 décembre de chaque année. Glasgow put remplir aisément les demandes de la basse Allemagne, de la Suède et de la France-, elle fut la seule ville d'Ecosse à qui l'élévation ou la chute des compagnies privilégiées pour la pêche ait causé le moins de préjudice. Une nouvelle association se forma à Londres sous Jacques II. Les fonds furent portés depuis la révolution de 1688 de trente mille livres sterling à trois cent mille. On donna la plus grande publicité aux différents actes qui concernaient la compagnie , en faisant afficher dans les places de Londres et de Westminster les lettres-patentes ou les statuts qui concernaient la compagnie. Mais les guerres qui suivirent, et sans doute aussi l'extrême partialité que Guillaume témoignait aux Hollandais, entraînèrent la ruine de ce nouvel établissement. L'union définitive de l'Ecosse et de l'Angleterre eut aussi des conséquences funestes au succès des

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pêches du premier de ces royaumes. L'Ecosse soumise aux mêmes droits d'importation ou d'exportation que l'Angleterre, se vit fermer la plupart des marchés de l'Europe et surtout ceux de France: Les comtés maritimes de Fife et de .Lothian, couverts autrefois de villes populeuses, à peine relevés des maux que Cromwel leur avait fait subir, virent s'anéantir par degrés les restes de ces nombreuses familles d'hommes de mer qui avaient acquis tant de réputation dans la pêche ou dans le commerce du hareng. Sous la reine Anne, la compagnie précédemment dissoute essaya de se réunir de nouveau.; le parlement voulait donner des encouragements à la pêche indigène au moment où venait de se former la grande compagnie de pêche de la mer du Sud.

Un bill permit à cette compagnie de distraire , avec l'agrément de la reine , vingt schellings par cent livres sterling de son capital, et d'en former un fonds employé à la pêche côtière. Un autre acte du parlement soumit à de nouvelles impositions le hareng salé exporté par les Écossais. Le successeur de la reine Anne, George I.er, suivit les principes d'économie politique de celte princesse; il encouragea surtout les pêches d'Ecosse en leur ac-

cordant des primes. Un bill supprima la taxe à lever sur le sel destiné à saler les harengs blancs, en la transportant sur les harengs salés. Un autre bill confirma toutes les lois relatives à la pèche, et régla la perception des taxes à élever sur le sel.

Au nombre des encouragements particuliers que reçut l'Ecosse , Anderson , dans ses ouvrages sur le commerce , cite que les biens confisqués sur les rebelles en 1715, furent mis à la disposition de commissaires nommés pour améliorer ces différentes branches d'utilité générale. Le grand mouvement que les fonds publics reçurent, en 1720, des actions de la compagnie de la mer du Sud, réagit sur celle de la pèche britannique du hareng. Les fonds qu'on destina à l'exécution de ces vastes desseins, la qualité des actionnaires qui s'y engagèrent par leurs souscriptions et la grandeur de projets qui n'allait pas à moins que ruiner le commerce de toutes les autres nations, firent croire qu'elle s'établissait sur des fondements plus solides que tant d'autres qui paraissaient s'élever en même temps; mais il ne faut voir dans tout cela que le résultat d'une jalousie contre la compagnie de la pêche française des Indes, dont le crédit devenait trèsflorissant. Les fonds de la nouvelle compagnie,

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fixés à 3oo,ooo livres sterling, eurent pour premiers souscripteurs cent cinquante membres de la chambre des communes. On s'adressa au Roi pour obtenir des lettres-patentes et en recevoir une charte d'établissement , dont l'expédition parut d'autant plus facile , que l'entreprise avait été agréée par les communes assemblées en comité. La requête fut rédigée en treize articles très - détaillés ; la compagnie se proposait aussi de faire la pêche de la baleine au Groenland, et d'épargner par là plus de deux cent mille livres sterling qu'elle payait par an aux Hollandais pour l'huile et les fanons de ces cétacés. Les Anglais acquirent de Hambourg le droit d'y vendre aux mêmes conditions que les Hollandais, le hareng et toute sorte de poissons secs et salés. Cette compagnie, cependant, tomba comme tant d'autres, peu d'années après son établissement. Cependant , sans être rebutée par l'exemple, des compagnies précédentes, une autre compagnie se forma, en 1749? sous le nom de Society of the free British Fisherj. Les dix-sept articles de sa constitution parurent devoir parer aux inconvénients qui avaient fait échouer les compagnies précédentes. On y régla surtout la quantité de sel que devait avoir à bord les bâtiments de pêche; elle fut

fixée à douze boisseaux pour chaque lelh de poisson que pourrait contenir le bâtiment. Il devait y avoir une certaine quantité de filets, cent pièces au moins, propres à la pèche du hareng, pour un bâtiment au-dessus du port de soixante-dix tonneaux, etc. Aussitôt que les Hollandais eurent connaissance de la société de pêche anglaise, ils défendirent à tout matelot-pêcheur de prendre du service en Angleterre. Ils essayèrent d'étendre ces défenses aux matelots danois de naissance , employés chez eux depuis longtemps dans les pêches, et possédant l'art d'apprêter, de saler ou de paquer le hareng. Les flibots de la compagnie de Londres firent leur essai aux îles Shetland. Les succès de la pêche surpassèrent l'attente qu'on en avait conçue. Le prince de Galles accepta, en 1760, le titre de chef de la compagnie des pêcheurs. Dans une assemblée tenue le 18 novembre de cette année, il fut résolu que les capitaux seraient portés à cinq cent mille livres sterling. La pêche faite sur les cotes d'Argyll encouragea tellement la compagnie , que plus de 5oo flibots furent employés dans la baie de Harloch. D'un autre côté, la pêche dans l'Océan germanique fut heureuse aux Shetland, et les flibots la continuèrent sur la côte d'Yarmouth et vinrent

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désarmer dans-la Tamise. En iy^2 ce nombre des barques fut considérablement augmenté, tellement que la compagnie chercha d'engager à son service les enfants trouvés des hôpitaux d'Angleterre; elle devait les occuper l'été à pécher, et l'hiver à travailler aux filets. Mais cette même année, la vingt-sixième du règne de George II , on fut obligé d'interpréter les statuts précédents et d'y apporter quelques changements.

D'un autre coté, la compagnie fit de nouvelles demandes pour changer le lieu des stations ou de réunion , pour avoir des filets de cinq brasses de chute, cette largeur s'accordant mieux avec la profondeur des eaux sur les fonds d'Yarmouth. Les filets de sept brasses ne conviennent que pour la pèche sur les fonds des Shetland. Toutes ces demandes leur furent accordées. En 1753, la compagnie prit à son service quatre cents hommes des îles d'Orckney; elle avait alors en mer près de mille flibots, qui s'étaient rendus principalement dans le golfe du Clyde.

A l'époque de l'augmentation des fonds de la compagnie, les lords-régents, à qui on avait présenté la liste des personnes qui devaient en être les chefs, en exclurent, par une partialité fort condamnable, un grand nombre

d'Écossais. L'aigreur que ceux-ci en conçurent augmenta encore quand ils virent ce ttealïluence si considérable des flibots anglais sur les côtes d'Ecosse. Les pêcheurs écossais eurent la disgrâce de voir que les gratifications sur lesquelles ils avaient compté leur étaient refusées, tandis que les pêcheurs anglais étaient payés sans retard. L'Ecosse éprouva encore un autre préjudice, quand la gratification fut réduite à trente schellings par tonneau : aussi les registres des douanes montrent-ils que, de 1^65 à 1772, le nombre des bateaux diminua de trente-trois à neuf. On gêna encore les pêcheurs pour recevoir leur gratification diminuée en les forçant de se rendre à Edimbourg , malgré un éloignement souvent de deux cent cinquante milles. Il résulta de là que les différentes compagnies écossaises abandonnèrent leurs entreprises. Les bourgs royaux de ce pays se plaignirent des entraves qu'éprouvait chez eux la pêche du hareng depuis les- derniers règlements. Ils remontrèrent que les nouvelles méthodes prescrites par les lois dernièrement promulguées rendaient la pêche plus difficile, souvent même impraticable dans quelques "endroits. Ils prièrent donc que les lois fussent corrigées, afin de rendre les pêches écossaises plus avantageuses.

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En Angleterre, au contraire, les succès de la pèche du Clyde échauffèrent tellement le zèle des intéressés qu'ils voulaient établir une nouvelle compagnie de pêche à Southwold. Cependant, la compagnie de Londres n'employa pas, en 17^4, autant de flibots que dans Tannée précédente. Les difficultés qui s'élevèrent entre les Fiançais et les Anglais, et qui changèrent la face politique des intérêts de ces deux nations, ne furent pas étrangères à cette diminution. On augmenta cependant de l'espace de trois ans la prime de trois pour cent sur les capitaux employés par la compagnie de pêche. Plusieurs autres privilèges furent aussi accordés dans ce même acte du parlement. En 1756, la compagnie obtint une gratification de cinquante schellings par tonneau de harengs importés, payables cependant après un prélèvement de six deniers par mois en faveur de l'hôpital de Greeriwich. Il fut, par cet acte, apporté de nouvelles modifications aux statuts accordés en 1749- H fut permis à la société et aux personnes employées dans la pêche du hareng d'avoir tels filets qu'elles voudraient, sans être obligé de se conformer aux dimensions prescrites dans les statuts antérieurs. On put se servir pour encaquer les harengs de tels barils que la so-

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société britannique voudrait admettre d'employer à son usage. Enfin, on concéda un espace de cent verges sur la grève , pour y taire sécher des filets. Malgré tous ces encouragements, l'entreprise de cette société n'a pas eu , à beaucoup près , les bons effets qu'on s'en était promis. La guerre entre la France et l'Angleterre vint détruire ses espérances ; elle n'aurait d'ailleurs pu subsister longtemps de ses propres forces , les dépenses considérables dans lesquelles l'avaient entraîné ses immenses armements, absorbaient tous ses profits. On voit d'ailleurs , par les journaux du temps, que beaucoup de personnes commençaient à désapprouver cette obstination à établir des compagnies en quelque sorte éphémères. Il faut cependant l'avouer, tant que la gratification accordée par le gouvernement fut bien payée, les spéculations de la compagnie de la pêche maritime furent couronnées de succès. Oii vit s'accroître avec une rapidité étonnante le nombre des barques, la grandeur des filets et des autres équipements dépêche, ainsi que celui d'hommes vigoureux, également propres à pêcher et à préparer le poisson, comme à s'exposer aux dangers de la mer clans toutes les saisons. L'indigent embrassait avec empressement une profession dont

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les gratifications nationales augmentaient les bénéfices. Mais cet état de prospérité changea vers 1766.

Le projet des Anglais de s'attribuer exclusivement la pêche du hareng, a été trèsjustement critiqué, et la meilleure preuve de la justesse de ces critiques se trouve dans la comparaison du nombre total des buyses armées dans les principaux ports de l'Ecosse occidentale, comparé entre les années 1776 et 1783. De deux cent quatre-vingt-quatorze barques, nombre équipé dans la première époque, on n'en, compte plus dans la seconde, que cent quatre.

En présentant successivement le tableau des différentes sociétés de pêche, nous n'avons encore rien dit de l'Irlande. Cest que ce malheureux pays ne parut sur la scène qu'en 1750. A cette époque, un nombre considérable de nobles, d'évêques, formèrent une association sous le titre de Société de Dublin, pour l'encouragement de l'agriculture et des arts utiles. Mais les pêcheries ne furent aidées que les dernières, et les primes furent si faibles que les pêches de ce royaume furent à cette époque très-peu encouragées. L'ile de Man est cependant un célèbre rendez-vous de grands bancs, car elle exporta en une seule année du siècle dernier jusqu'à 20,000 barils de harengs.

On peut conclure de cet exposé des pêches d'Angleterre, que cette industrie y a été de tout temps l'objet des encouragements çt de la sollicitude de tous les gouvernements, et qu'à mesure qu'un gouvernement plus régulier et plus libéral est venu diriger les affaires du pays, des sommes de plus en plus considérables ont été constamment mises en action pour favoriser cette ressource plus importante par le nombre d'hommes de mer qu'elle fournit à l'Angleterre, que par la régularité des bénéfices que la pêche a pu produire.

Nous avons dit au commencement du chapitre précédent, que nous avancerions le long des côtes de la mer Germanique, après avoir examiné l'état des pêches anciennes d'Angleterre.

On sait que c'est vers 1241 que se forma la confédération de plusieurs villes de commerce dans la basse Allemagne sous le nom de ligue anséa tique. Lubeck, Hambourg et Brème furent les premières qui s'unirent ensemble, et la prospérité de leur commerce, le degré de puissance où elles parvinrent en peu de temps , l'influence qu'elles eurent durant trois siècles dans les affaires du Nord, attirèrent bientôt un grand nombre d'autres villes dans leur alliance. Lubeck, en 1180,

jouissait presque seule des avantages de la pêche du hareng autour de File de Rugen. Le commerce de harengs sales que Lubeck transportait dans toute l'Allemagne pour y satisfaire aux besoins des nombreux monastères; celui du sel, non moins considérable, et l'établissement de ses comptoirs en Scanie, assurèrent en peu de temps la richesse et la puissance de cette ville. Hambourg, bâtie par Charlemagne pour arrêter les courses des Danois, n'était alors guère moins considérable que Lubeck; elle obtint d'abord de Canut VI, roi de Danemarck, puis plus tard d'Éric VI , de grands privilèges pour pécher et commercer en Scanie. Elle fut autorisée à y construire des baraques, des magasins destinés à servir aux pêcheurs tant que durerait la foire des harengs (Jïâ7*ings?nessé). Plus tard, d'autres villes sollicitèrent et obtinrent la même laveur, de sorte que dans le quatorzième siècle presque toutes les villes de la basse Allemagne possédaient un petit terrain en Scanie. Brème s'établit vers le même temps sur les côtes de Norwége pour la pêche du hareng, et l'on voit, par des chartes octroyées par Eric II et par Haquin , que les autres pêcheurs de la basse Allemagne qui se rendaient sur les cotes de Norwége, y étaient moins favorablement

accueillis que ceux de Brème. Pendant ce temps, la fortune sembla toujours favorable aux villes anséa tiques. A la suite dés guerres heureuses qu'elles soutinrent contre les rois des provinces septentrionales, elles finirent par s'approprier toute la pêche de Scanie dont elles voulaient exclure les Hollandais. Mais comme il n'arrive que trop souvent, la ligue anséatique si formidable, trouva sa perte dans sa victoire. Les négociants, trop occupés à faire la guerre, oublièrent la pèche et le commerce. Plusieurs villes se séparèrent ellesmêmes de la ligue et consommèrent en partie sa dissolution. Ce qui nous intéresse seulement relativement à l'ancienneté de la pêche, c'est que Willebrand parle de la défense d'acheter le hareng avant qu'il soit sorti de l'eau. Ses expressions paraissent indiquer le hareng de la Baltique; on peut donc conclure qu'au commencement du quinzième siècle les pêcheurs de la Hanse, exclus de la Scanie pat Eric, s'étaient vus forcés d'aller pêcher sur des fonds plus éloignés dans la Baltftjue.

La pêche danoise remonte avec certitude au milieu du dixième siècle. On trouve, dans les Annales du temps, qu'en 960 une grande famine s'étant fait sentir en Norwége, de nombreux radeaux de harengs apparurent sur la

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côte et suppléèrent aux besoins du peuple. ' Ou voit aussi que vers le même temps la pêche du hareng, avait lieu dans la saison du printemps. Un de ces aventuriers du Nord, qui firent des établissements dans le Groenland et dans l'Islande, Évind, se transporta dans une baie de cette ile où venaient frayer des bancs de harengs dont il fit une pêche très-abondante. Mais nous ne trouvons plus de documents certains sur l'importance de la pêche en Scanie que dans le treizième siècle. De Helmold , l'un des continuateurs de la Chronique slavonne, ne craint pas de vanter la. richesse que la pêche procurait aux Danois, en disant qu'habillés autrefois comme de simples matelots, les Danois aujourd'hui sont vêtus d'écarlate et de pourpre, car ils regorgent de richesses , produits de leur pêche annuelle, de sorte que les marchands de toutes les nations viennent leur apporter leur or, leur argent et leurs denrées les plus précieuses pour acheter en retour le hareng que la Providence divine donne si libéralement aux Danois.

Eric VI commença son règne par soutenir une guerre sanglante à laquelle la pêche du hareng donna lieu. Ayant inquiété, en 1242, les pêcheurs de Lubeck et retenu prisonniers quelques-uns des leurs, la cité résolut d'en

tirer vengeance, avec le secours de quelques autres villes maritimes. Leurs troupes vinrent attaquer Copenhague, l'emportèrent d'assaut, rasèrent la forteresse et ne se rembarquèrent qu'après avoir chargé leurs .vaisseaux des nombreuses richesses qu'ils purent enlever. L'Islande , comme on le sait, fut réunie au Danemarck dans le treizième siècle. Il est question du hareng dans une des odes mythologiques del'Edda, et Ton peut remarquer que dans les noms de plusieurs des montagnes de ce pays, le mot silcl (hareng), entre dans leur composition. Il est d'ailleurs naturel que la pèche fl'un poisson aussi abondant et aussi commun dans les mers du nord , ait excité dans tous les temps l'industrie des populations. Aussi l'on peut lire dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions1, tout ce que la pèche de ce poisson offrait de surprenant et de merveilleux à Philippe de Mézières, qui en rendait compte à Charles VI, roi de France. Sous Waldemar IV, en i368, de nouvelles défenses faites aux Danois dans le but d'interdire toute relation commerciale avec les villes de la confédération, excitèrent l'irritation des villes de la ligue anséa tique. De l'irritation

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