‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 56 sur 100 · Faun. ross. asiat. , t. III, p · texte numérisé non relu

Faun. ross. asiat. , t. III, p

254 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.

En lisant avec attention la description que cet illustre zoologiste a faite de ce hareng, je vois qu'il avait observé les aspérités de la langue , qu'il mentionne également les dents vomériennes disposées en série linéaire : in medio palati linea denticulata. Mais il paraîtrait que ce hareng du Kamtchatka n'aurait pas de dents sur le chevron du vomer; il me semble que l'on doit expliquer ainsi, ce que Pallas- dit d'un tubercule osseux entièrement lisse sur le milieu du palais. Comme il trouve d'ailleurs neuf rayons à la membrane branchiostège, je trouve que ces caractères des formes extérieures concordent bien avec les légères différences que j'ai observées sur le poisson desséché. Cet illustre zoologiste dit qu'on prend les harengs, au Kamtchatka, à deux époques , une première au commencement du printemps, savoir : mars et avril, et la seconde fois au commencement de juillet et pendant tout ce mois. S'il n'a pas confondu plusieurs espèces de petites dupées les unes avec les autres , ce qu'il rapporte des habitudes de ce hareng est fort curieux et prouve que j'ai raison de croire à la distinction spécifique que j'établis ici. Malheureusement je n'avais pas encore à l'époque où j'ai fait ces premiers essais, observé avec au-

tant d'attention que je le lais maintenant, les caractères importants tirés de la dentition. On peut conclure d'un passage de Pallas, dont la rédaction est, à la vérité, un peu obscure, et ne s'expliquerait parfaitement que par des suppositions de fautes typographiques , que les harengs du Kamtchatka, sortis des profondes retraites sous-marines pour frayer dans les golfes ou les enfoncements du rivage, entrent aussi dans des lacs d'eau douce, où l'hiver et les tempêtes qui accompagnent cette saison , les forcent quelquefois de séjourner. Le frai de ces essaims s'y développe promptement. Les Ramtchatkadales profitent de l'instinct qui fait rechercher aux harengs lés ouvertures de ces lagunes pour se rendre à la mer. Ils ouvrent eux-mêmes la glace, de manière à établir des filets en forme de sacs où ils peuvent prendre jusqu'à deux mille ou trois mille individus que les femmes préparent. Il observe aussi que les harengs ont disparu du fleuve du Kamtchatka , où on les prenait en très-grande abondance, depuis que des éruptions volcaniques et des tremblements de terre sont venus les effrayer. Telles sont les observations curieuses que Pallas a faites sur les mœurs de ce poisson.

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Clupée linéolée.

(Clupea lineolata } Pallas.)

Il me paraît que Pallas avait une seconde espèce de hareng confondue avec les précédentes. J'ai trouvé un exemplaire de cette espèce dans les collections du Musée de Berlin, où M. Lichtenstein m'a permis de le décrire et de le mesurer.

Le poisson me paraît avoir le dos beaucoup plus convexe, de sorte que le corps me paraît plus élevé, plus trapu, et la queue plus haute que dans le ha- Teng commun. Je trouve que la hauteur est tenue quatre fois et un quart dans la longueur totale. La tête est petite et pointue; la ligne du profil est concave; les dentelures du ventre sont beaucoup plus fortes que dans l'espèce précédente. Les nombres des rayons sont :

Ils se rapportent, comme on voit, assez bien à ceux du hareng; mais je n'ai pas malheureusement examiné les dents du palais ; j'ai seulement noté que celles des mâchoires sont fines et aiguës. Le dos du poisson est brun, et il y a cinq raies longitudinales brunes sur la moitié supérieure du tronc. Les deux premières raies sont peu marquées.

Le poisson est long de huit pouces et demi. Je l'ai trouvé desséché et préparé de la même manière que l'individu précédent; il m'a paru

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dune espèce tout à fait distincte. Je ne vois pas que Pallas en ait fait mention dans son Fauna rossica. Il ne serait pas impossible que l'individu décrit dans cet article fut de l'espèce du Clupea pontica. Je lui trouve cependant la tête un peu trop courte. Si l'exactitude de cette supposition se vérifie, alors on devra rayer le Clupea lineolata.

Le Hareng verdatre.

{Clupea virescens , Dekay.)

M. Dekay1 ayant distingué le genre Alose de celui des harengs ou des dupées proprement dites, parce que les espèces de ce dernier genre ont des dents sur la langue et le vomer, je crois devoir placer à la suite de nos harengs son Clupea virescens, puisque cet auteur l'a rangé avec les suivantes dans son genre Clupea.

Ce hareng est un poisson à corps très-comprimé, à abdomen tranchant et très- fortement dentelé. M. Dekay lui compte dix-neuf épines avant les ventrales, et douze au delà. La dorsale est quadrangulaire, élevée en avant; l'anale longue et basse; cependant les premiers rayons sont un peu allongés. La caudale

1. Dckaj, New-York Faun. fish. , P. 252. pi. 13, fig. 31. 20. 17

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est profondément fourchue et ses lobes très-pointus. Les nombres sont ainsi notés par M. Dekay :

La couleur est verte sur le dos, argentée sur les côtés. Le sommet du museau est brun foncé. Une tache verticale noire se montre derrière l'ouverture de la branchie. La dorsale et la caudale sont bordées de brun; l'anale est pointillée de noir; les autres nageoires sont blanches, lavées de jaune.

M. Dekay a vu prendre ce poisson en octobre avec la senne dans la baie de New-. York. On l'y appelle Greenback ou Fall- Herring. L'auteur pense qu'on doit retrouver dans cette espèce le Clupea halec de Mitchill. M. Storer a admis cette espèce dans son Synopsis des poissons du nord de l'Amérique. Il croit, d'après M. Linsley, qu'on la retrouve aussi sur les côtes du Gonnecticut.

Le Hareing nain.

{Clupea parvula , Mitchill.)

M. Dekay' et M. Storer2 ont admis, tous les deux, le Clupea parvula de Mitchill3

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