‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 64 sur 100 · Faun. suec. , n · texte numérisé non relu

Faun. suec. , n

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les espèces les plus disparates et de pays les plus éloignés. On voit, en effet, que Bloch confond ensemble le Breitling, le Sprat, qui au moins sont du même genre, et la Sardine de Fiance, qui, étant privée de dents, est d'un autre. Je suis d'ailleurs convaincu que les différences signalées dans sa description pour servir à distinguer le sprat des jeunes harengs, sont copiées d'Artedi. Quant à la figure i de la planche 3 1 de cette grande Ichthyologie, on ne peut aussi la citer qu'avec beaucoup de doute, car elle est très-mauvaise, et elle ne remplit pas les lacunes que le texte a laissées.

Il faut cependant remarquer que Bloch a fait peindre le long des flancs une ligne jaunâtre. Or, nous avods vu des sprats dans la baie du Havre au mois d'avril, qui ont à cette époque, le long des flancs, une bandelette d'une belle couleur d'or.

M. Laurillaid a fait les mêmes observations, et il a eu la bonté de me donner un dessin sur lequel cette ligne est parfaitement représentée. Toutefois je remarquerai que j'ai vu des sprats à Dieppe et à Boulogne pendant les mois d'août et de septembre, et aucun individu n'avait de ligne dorée. Il paraîtrait donc qu'elle peut s'effacer comme tant d'autres

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colorations passagères que l'on peut observer sur différentes espèces de poissons.

La Harengule clupéole.

(Harengula clupeola , nob.)

Nous avons reçu de la Martinique plusieurs espèces de harengules que les colons y confondent sous le nom de Sardines des Antilles.

L'une d'elles a la tête courte, égale à la hauteur du corps et au quart de la longueur totale, c'està-dire que les proportions de ses parties sont les mêmes que dans la blanquette de nos côtes; mais l'espèce étrangère aie profil du dos plus droit, le museau plus gros et plus obtus; l'échancrure de la mâchoire supérieure plus profonde; l'opercule est plus étroit, plus haut; les dents sont très -fines. La dorsale a les derniers rayons très-courts, ce qui la rend triangulaire. La ventrale répond au septième rayon ; la pectorale atteint presque à la ventrale ; le dernier rayon de l'anale est un peu plus long que les autres.

Les écailles sont assez solides, striées, un peu plus hautes que dans l'espèce précédente, tout en ayant la même forme. Il y en a quarante -deux rangées entre l'ouïe et la caudale. Les dentelures du ventre sont moins saillantes que celles de la harengule de nos côtes; cependant les épines ne sont pas moins aiguës, et les écailles ne sont pas moins fortes; nous 20. 19

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en comptons trente -trois. La couleur du poisson, conservé clans l'eau -de -vie, est bleu d'acier sur le dos, avec quelque disposition à des rayures longitudinales, et argentée sur le ventre. Un dessin fait à la Guadeloupe par M. l'Herminier apprend que le poisson frais a le dos vert, avec des taches orangées près de l'opercule.

J'ai aussi examiné la splanchnologie de ce poisson : elle ressemble à celle de la blanquette de nos côtes, seulement l'oesophage est proportionnellement moins long et moins gros. Le sac stomacal , long et conique, n'est pas séparé de sa branche montante ou de l'œsophage par u«n étranglement. Les cœcums me paraissent un peu plus nombreux. La vessie aérienne ressemble à celle de la blanquette, et son canal pneumatique se rend de même sur la pointe de l'estomac. Le péritoine est noir.

Ce poisson est un de ceux des Antilles qui ressemblent le plus à la figure que nous trouvons dans Duhamel % sous le nom de petit Cailleu.

La description qu'il en a donnée avait été envoyée de la Guadeloupe par M. Barboteau à l'Académie des sciences, avec plusieurs autres mémoires scientifiques. Ce naturaliste avait très-bien reconnu que le poisson appartenait aux Chipées, telles que Linné les caractérisait dans la dixième édition du Systema

1 Duh., Tr. des pèches, scct. III, pi. 31, fig. 2, p. 546.

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naturce, et il proposait alors de le nommer, par opposition au grand Mégalope , Alosa brevissima seu Sardina Charybœorum exilis Cailleu dicta. Ce petit poisson est, dit-il, fort recherché et estimé dans les Antilles. Sa chair blanche et délicate rappelle le goût de la sardine de France.

Le temps le plus propre à la pêche est depuis juin jusqu'à la fin de novembre. Il s'approche alors de la côte pour entrer dans les torrents, les ravines ou les rivières qui se jettent à la mer; il dépose ses œufs au milieu du varech, des algues maritimes, où les petits trouvent, dès qu'ils sont éclos, une nourriture abondante. Adulte, il se tient le long des côtes; il s'en éloigne au moment des tempêtes; il se réunit en grandes troupes sur les fonds de sable ou de gravier, mais il évite les côtes rocheuses. Ce Cailleu des Antilles est une vraie manne pour les habitants; aussitôt qu'il en parait un lit, les nègres bordent par centaines le rivage et se livrent à la pêche de ce poisson avec l'épervier. Ils en conservent pour eux et leur famille , et ils vendent le reste

avec avantage.

Je crois aussi retrouver une représentation de ce Cailleu dans un dessin que M. de Poey a fait à la Havane ; il l'appelle Sardina de

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Espana. Les couleurs qu'il donne à son poisson sont celles que nous avons déjà indiquées; il dit qu'il ne devient pas plus grand que la Sardine d'Europe, qu'on le mange, et qu'on s'en sert aussi pour amorcer les lignes.

La Harengule tachetée.

(Harejigula maculosa, nob.)

Une seconde espèce de la Martinique est très-voisine de la précédente , car ses proportions sont les mêmes, ainsi que les nombres des rayons des nageoires.

Le museau est cependant un peu plus aigu et les écailles sont sensiblement plus striées. Nous trouvons sur la plupart d'entre elles huit à neuf stries, tandis que les écailles de l'autre espèce n'en ont que deux à trois.

Nous ne lui avons compté aussi que vingt- sept épines sous l'abdomen; la pointe postérieure est beaucoup plus courte et plus obtuse; les côtés du chevron sont grêles et très -pointus.

Nos exemplaires ont six pouces de long : nous les avons reçus par les soins de MM. Plée, Achard et Garnot. Le premier de ces naturalistes nous en a envoyé un dessin fait sur le poisson frais, qui nous apprend

que le fond de la couleur du dos est bleuâtre et tacheté de gros points noirâtres ou de traits obli-

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ques , irréguliers , qui se perdent dans de grosses taches nuageuses. D'autres taches irrégulières , d'un gris jaunâtre, couvrent les flancs. Les nageoires sont bleuâtres.

M. Plée dit que ce poisson n'est pas commun sur les côtes de la Martinique.

La Harengule a épaulette.

(Harengula humeralis, nob.)

Les mers d'Amérique ont une espèce de harengule distincte de la précédente, parce que

le corps est beaucoup plus haut et plus comprimé. La hauteur est plus grande, parce que la courbure du ventre est beaucoup plus sensible; mesurée h l'aplomb de la dorsale, on trouve cette hauteur contenue à peine trois fois dans la longueur du corps en n'y comprenant pas la caudale. Celle-ci est petite et fourchue. Les dents, quoique petites, sont assez sensibles; le museau est court; les pièces de la joue sont striées ou veinées.

La couleur est bleu d'acier sur le dos , argentée sur le reste du corps ; les flancs sont rayés longi- , tudinalement ; sur le haut de l'épaule et derrière l'œil il y a une tache assez sensible sur les individus conservés dans l'alcool. Nous pouvons juger des couleurs du poisson frais par un assez beau dessin que M. l'Herminier nous a envoyé de la Guadeloupe. Cette sardine dorée a le dos bleu verdâtre,

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rayé de deux traits longitudinaux noirâtres. Une bande dorée sépare le bleu du dos de l'argenté brillant du ventre. La tache, très-brillante du haut de l'opercule, est orangée et dorée. Le dessus de la tête est vert; le bout de la mâchoire inférieure est noirâtre ; les nageoires sont grises.

Dans le Harengula humeralis , l'œsophage et la branche montante sont plus gros et plus longs, et le sac stomacal plus court que dans le H. clupeola. Les appendices cœcales sont beaucoup plus longues et plus nombreuses. La vessie aérienne ainsi que son canal pneumatique ressemblent à ceux des espèces précédentes.

Nous avons reçu cette espèce en grande abondance de la côte de l'Amérique du Sud, depuis Rio-Janeiro jusque dans les Antilles. Ainsi M. Delalande l'a rapportée du Brésil, M. Labadie de Bahia; M. L'herminier nous l'a envoyée de la Guadeloupe.

Nous en avons des individus de Saint- Domingue qui paraissent un peu plus allongés et un peu plus argentés 5 cependant nous les croyons de la même espèce. Nous avons retrouvé cette variété parmi des poissons venus de Surinam.

C'est, sans contredit, l'espèce représentée dans Duhamel1 sous le nom de Sardine des Antilles.

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