‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 63 sur 100 · Miss. 5, t. 19, fig · texte numérisé non relu

Miss. 5, t. 19, fig

280 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.

seconde du genre, et qui est connue jusque sur les côtes de l'Océan boréal : c'est, comme nous venons de l'établir, l'Esprot de la Manche, le Sprat des Anglais.

Nous pouvons reconnaître cette espèce et la distinguer, soit des jeunes harengs ,*soit des autres petits poissons avec lesquels elle vit, en ajoutant aux caractères excellents fournis par la dentition ceux du nombre des vertèbres.

L'Esprot est un de ces petits poissons qui restent toujours dans de faibles dimensions 5 il a la même dentition que la Blanquette, il en diffère par ses proportions et par ses quarante-huit vertèbres.

L'esprot a le corps allongé; sa hauteur, égale à la longueur de la tête, est du cinquième de la longueur totale. La tête, plus longue et plus pointue que celle de la blanquette, est aussi beaucoup plus étroite. Je ne vois aucune veine ni aucune strie sur l'opercule ni sur les autres pièces de la joue. L'œil mesure à peu près le tiers de la longueur de la tête. La ventrale répond au premier rayon de la dorsale. L'anale est petite et basse. La caudale est fourchue. La membrane branchiostège est soutenue par sept rayons. La fente de l'ouïe est large, arrondie et sans échancrure.

B. 7; D. 18; A. 28; P. 19; V. 7; C. 25. Les écailles sont très-petites, caduques; le ventre est tranchant, assez fortement dentelé. Il y a trente-

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trois chevrons épineux pour former sa carène. Le dos est d'un bleu verdatre, argenté; le reste du corps est blanc et brillant.

Nos exemplaires n'ont que trois pouces de long.

Nous voyons ce poisson, assez commun dans les mers du Nord et sur les côtes d'Angleterre, se disperser dans la Manche et s'avancer sur nos côtes occidentales de France jusqu'à la Rochelle.

Le premier auteur systématique qui ait donné une description reconnaissable de l'Esprot, est Artedi. Il le comparait au hareng, et il a su le distinguer par un de ses caractères les plus certains, celui de ses quarante- huit vertèbres, tandis que le hareng en a cinquantesix. L'Esprot est la quatrième espèce de Clupea dans sa synonymie. *

C'est d'après cette description que Linné, d'abord dans le Fauna suecica2, puis dans le Systema naturœ jusqu'à la douzième édition, a établi son Clupea spratus, espèce que Pennant a su conserver, mais que Bloch a de suite falsifiée en y ajoutant une synonymie entièrement fautive , et dans laquelle il a réuni

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