‹ Histoire naturelle des poissons (volume 3)Chapitre 79 sur 100 · Duhamel, 2/ partie, $. 111,. pi · texte numérisé non relu

Duhamel, 2/ partie, $. 111,. pi

ÇHAP. VIII. SPRATELLliS. 554J

La SPRATELLE FRANGÉE.

( Spratella fimbriata , nob.)

La seconde espèce de ce genre parait, d'après les notes que nous a communiquées M. Dussumier, être une de ces clupëes abondantes sur la côte malabare, qui y rend les mêmes services que la sardine en Europe.

Ce poisson, de forme élégante et régulière, a le ventre un peu plus arqué que le dos; le corps vu de profil, se présente comme une ellipse allongée, dont la plus grande hauteur se mesure à la racine du premier rayon de la dorsale ; elle est contenue quatre fois et trois quarts dans la longueur totale ; l'épaisseur n'est que le tiers de la hauteur. La tête est courte, un peu plus petite que le cinquième de la longueur du corps entier. L'œil est sur le haut de la joue, de grandeur moyenne, et recouvert par une paupière adipeuse très -marquée. La bouche est petite ; la mâchoire supérieure est un peu plus courte que l'inférieure : il n'y a pas d'échancrure entre les deux intermaxillaires. Les dents sont d'une petitesse excessive, c'est à peine si on en sent à la mâchoire inférieure ; il y en a de petites sur les palatins et sur une petite bande longitudinale dans le milieu de la langue. Le préopercule est grand ; son bord postérieur est droit et vertical ; il descend jusqu'à l'insertion de la pectorale. L'opercule et le sous-opercule forment ensemble une grande plaque rectangulaire, dont l'angle touche presque à l'aisselle de la pectorale.

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On ne voit que quelques veinules sur la surface de ces os; mais il n'y a point de véritables stries. La membrane branchiostège est tronquée en arrière et fortement entaillée. La dorsale est courte, ses derniers rayons sont un peu prolongés, ce qui rend le bord libre, tout à fait concave. Les écailles forment une rainure dans laquelle se trouvent cachés presque en entier les derniers rayons. L'anale est très-basse ; la caudale est fourchue; les ventrales et les pectorales petites : elles ont dans leur aisselle des écailles relevées, qui forment aussi une petite carène sous laquelle elles peuvent s'appliquer.

Les écailles sont serrées et fortement imbriquées; la portion radicale est de beaucoup plus grande que la portion libre ; sa surface a quatre ou cinq fortes stries verticales ; le bord libre et frangé ; le milieu fait une saillie obtuse, et également frangée. La couleur est verdâtre sur le dos avec quelques reflets dorés; les flancs, le ventre et les opercules sont argentés à reflets irisés et nacrés. La carène du ventre se compose de pièces assez larges, très - fortement imbriquées, et ne donnant en arrière qu'une pointe courte, peu saillante, de sorte que la dentelure du ventre est plus sensible au tact qu'elle n'est facile à apercevoir.

Nos individus ont tous six pouces de longueur : ils viennent de la côte de Malabar, d'où ils ont été rapportés par M. Dussumier.

Nous trouvons dans les notes de ce voya-

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geur que ce poisson, désigné sous le nom de Sardine, est fort bon; son goût est à peu près le même que celui de la sardine du golfe de Gascogne; l'espèce indienne est cependant moins grasse. De passage sur la côte malabare pendant la mousson du N. E. , elle y est trèsabondante et sert à alimenter les pauvres Indiens; ils en obtiennent pour la valeur d'un sou, une quantité suffisante pour nourrir toute leur famille, en y mêlant du riz. On prétend que ce poisson contribue beaucoup à faire naître les maladies cutanées qui tourmentent les habitants pauvres et malheureux de cette côte. L'abondance de cette sardine pourrait offrir des ressources pour la mauvaise saison, si les Indiens savaient la préparer de manière à la conserver comme nous le faisons en Europe; mais ils ne savent pas la préparer parce que le corps est trop gras pour être séché, et qu'ils n'ont pas les moyens de le priver de son huile.

Il est à remarquer que ce poisson, qui arrive périodiquement et régulièrement sur la côte, a manqué deux saisons de suite vers 1822 et 1823. C'est ce que nous observons sur nos côtes pour les harengs et nos sardines.

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