Lesueur, Journ. des se. nat. , p. 359 et
CHAP. X. MELETTES. 387
principalement sur un caractère artificiel, comprend des espèces disparates et assez éloignées les unes des autres. M. Cuvier a saisi quelques traits caractéristiques de certaines espèces,* mais les zoologistes reconnaîtront qu'il n'en a point exprimé les caractères et qu'il n'a pas bien déterminé la synonymie des espèces indiquées dans sa note. Ce travail a servi de guide aux naturalistes américains, qui ont accepté sans aucune critique le genre proposé par M. Cuvier. Ainsi l'on voit paraître dans le Synopsis des poissons de l'Amérique de M. Storer, un Chatoessus oglina, un Chatoessus notatus de Lesueur, associés aux espèces du genre Chatoessus tel que nous l'entendons. C'est aussi d'après la même pen- . sée que M. Dekay, dans sa Faune de New- York, a établi notre espèce sous le nom de Chatoessus signifer, qu'il croit, mais à tort, différent du Megalops oglina de Lesueur.
Toute cette confusion de synonymie disparaît, lorsque l'étude des dents établit que le Caïlleu-Tassart est un poisson voisin des Aloses , et qu'il appartient au genre du Clupea Mattowacca des Américains.
Nous avons dit plus haut que M. Poey indiquait ce poisson comme recherché à la Havane. M. Plée apprend que c'est le poisson
388 LIVRE XXI. CLUPÉOÏDES.
connu à la Martinique sous le nom de Hareng, et que sa chair est assez bonne. Mais M. Ricord et M. Lherminier disent qu'à la Guadeloupe et à Saint-Domingue cette espèce est quelquefois suspecte à cause de sa 'fréquence dans le port, et qu'on préfère en général les espèces de haute mer.