‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 100 sur 108 · Bloch -Schn., p. 3o · texte numérisé non relu

Bloch -Schn., p. 3o

assemblage informe d'espèces les plus disparates. Car il y place sous Sjnodus sjnodus, l'espèce d'Esoce à laquelle Linné avait donné cette épitbète, et qui repose sur une mauvaise figure de Saur us. Son Sjnodus vulpes est établi d'après la représentation défectueuse insérée dans l'ouvrage de Catesby; elle reste encore indéterminée. Le Sjnodus argent eus est un Lucioïde du genre Galaxie de M. Cuvier. Blocb ajoute à ces espèces de véritables Ërythrins, l'un, celui de Gronovius, et l'autre, le Maturaaue de Marcgrave, sous le nom de Sjnodus palustris. On est alors en droit de lui demander pourquoi il n'a pas accepté le nom iïErjthrinus, lorsque Gronovius lui fournissait les premiers éléments d'un genre bien établi. C'est aussi d'après Bloch que M. de Lacépède a accepté un genre Sjnodus, mais il l'a tout aussi mal composé que l'auteur auquel il l'empruntait, et il a encore ajouté aux confusions de Bloch, en y inscrivant les Sjnodus sinensis et Sjnodus macro cephalus , deux espèces d'Ables (Leuciscus), difficiles à déterminer et qu'il tirait de dessins chinois.

M. Cuvier a rétabli le genre de Gronovius dans le Règne animal; il l'a caractérisé tel que nous le conservons aujourd'hui par les deux plaques de dents en velours au palais;

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mais il y a associé des espèces qui ont en même temps des dents coniques, et qui dès lors gâtaient la caractéristique de son genre.

M. Agassiz a suivi, comme on le sait, l'auteur du Règne animal, dans sa description des poissons du Brésil, rapportés par Spix et Martius. Aussi les cinq espèces qu'il a décrites présentent-elles les mêmes différences de dentition que celles de M. Cuvier.

J'avais depuis longtemps préparé, dans les classifications de la collection du Muséum, les réformes à faire dans ce genre , lorsque je viens d'être heureusement prévenu par mon célèbre ami M. Mûller, qui a réduit avec beaucoup de raisons , dans ses Horœ ichthyologicœ , les caractères du genre Erjthrinus à ceux que je vais indiquer. Mais comme les matériaux que je possède me paraissent beaucoup plus nombreux que les siens, j'ose dire que l'on trouvera dans mon travail des détails qui ont échappé à cet habile et savant naturaliste.

Les caractères des Érythrins consistent :

Dans un corps assez épais, à dos et à ventre arrondis. Leur tête est grosse, à museau obtus; l'arc supérieur de la bouche est formé par de petits intermaxillaires, à l'extrémité desquels sont articulés les maxillaires continuant le cercle buccal. Tous ces os portent des petites

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dents coniques et serrées; une ou deux mitoyennes des intermaxillaires dépassent un peu les autres. Des dents en velours et égales entre elles couvrent les palatins et les ptérygoïdiens. Ces derniers os s'avancent le long du bord interne des premiers et constituent la plaque dentée et arquée du palais, séparée dans le milieu de celle du côté opposé, par un vomer lisse. Les dents pharyngiennes sont en velours.

Toute la joue est couverte par les plaques osseuses du sous-orbitaire, au nombre de six; la dernière est petite et suivie de deux plaques surtemporales. J'appelle l'attention des ichthyologistes sur ces deux os surtemporaux, car ils sont caractéristiques.

L'estomac, prolongé en cône, a un pylore charnu entouré de nombreux cœcums. Les sacs ovariens* n'ont point de communication avec l'intérieur de la cavité abdominale, de sorte que ces organes ne sont pas faits comme ceux de beaucoup de genres de la famille des Saumons ou des Anguilles. Le péritoine qui entoure ces viscères s'épaissit en dessus pour former une bride sur laquelle repose la vessie aérienne; celle-ci est formée de deux parties réunies entre elles par un tube si court et si étroit, qu'il n'y a qu'un véritable étranglement.

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La vessie antérieure est à peu près ronde et obtuse en avant; sa tunique, fibreuse, est épaisse et argentée ; elle fournit une sorte d'attache ligamenteuse insérée sur les apophyses de la troisième et de la quatrième vertèbre; mais elle n'a pas plus que toutes les autres vessies aériennes, la moindre communication avec l'intérieur de l'oreille. La seconde tunique est mince, membraneuse, sans aucun corps rouge. La vessie postérieure est conique, pointue; sa tunique fibreuse est plus confondue avec la tunique interne, et on y remarque quatre brides longitudinales : une supérieure, une inférieure et deux latérales. Le tiers antérieur de cette seconde vessie offre des parois celluleuses; les cellules sont déterminées par des brides transversales nombreuses, serrées, parallèles entre elles, et perpendiculaires aux grandes brides tangentes à la surface du cône. Ces brides elles-mêmes sont réunies par d'autres plus petites, excessivement plus nombreuses et perpendiculaires aux transversales que nous venons d'indiquer. Entre ces mailles on aperçoit de nombreuses lamelles entrelacées, auxquelles est due la cellulosité des parois de la vessie. De la portion arrondie et inférieure du second lobe on voit naître un conduit aérien qui vient s'ouvrir dans le haut de l'œsophage.

La vessie des Erythrins a donc, dans sa forme et dans son conduit, une ressemblance notable avec celle des Cyprins; mais elle en diffère par la cellulosité dune partie de ses parois.

Ces poissons vivent dans les eaux douces de l'Amérique équinoxiale. Je n'en connais pas des régions froides de ce continent, et les collections n'ont reçu aucune espèce venant d'autres parties du monde. Ils se nourrissent d'insectes et d'autres animaux aquatiques.

Ces caractères conviennent parfaitement aux Erythrins tels que M. Mùlier vient de les donner; mais j'ai quelques observations à présenter sur la synonymie de sa première espèce: j'en retirerai la troisième, qui a été si parfaitement décrite par M. de Humboldt, qu'il est impossible de se tromper sur ses affinités et de ne pas reconnaître en elle une espèce du genre Macrodon.

Nous ne possédons dans nos collections que trois espèces de ce genre.

Z/Érythrin a bandelette.

{Erythrinus unitceniatus , Agassiz.)

Bien que j'aie reconnu dans l'espèce qui nous est venue en abondance de Cayenne X Erythrinus de Gronovius, je préfère parler

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d'abord de celle décrite et figurée par M. Agassiz, parce qu'elle est plus grande et plus facile à caractériser.

Cet Érythrin a le dos et le ventre arrondis; les flancs un peu comprimés , moins gros que la tête ; l'épaisseur du tronc mesure, à très -peu de chose près, les deux tiers de la hauteur, qui est environ le cinquième de la longueur totale. La mâchoire inférieure a des branches fortes et arrondies, et elle dépasse un peu la supérieure ; l'épaisseur de ces branches contribue à rendre la tête presque aussi ronde en dessous qu'en dessus ; les côtés sont méplats ; la longueur de la tête est le quart de la longueur totale, et la distance du bout du museau à l'occiput ne fait pas tout à fait les deux tiers de la tête. C'est le bord du préopercule, un peu plus reculé que la ligne où finit le crâne, qui est éloigné du bout du museau d'une distance égale aux deux tiers de la longueur de la tête. Le bord postérieur de l'orbite est à la fin du premier tiers: Cet œil est petit et n'entame pas la ligne du profil. Il y a plus de trois diamètres entre les deux yeux. Une peau très-mince, percée de plusieurs pores, recouvre les os du crâne, en laissant voir à travers leurs sutures; tout le côté de la joue est osseux, à cause du grand développement des derniers sous-orbitaires. Il y a six pièces osseuses : l'antérieure est un simple arc de cercle étroit; la seconde se dilate un peu au-dessous de l'œil ; la troisième ne touche à l'œil que par une petite bandelette étroite, mais elle se dilate en arrière en une très-grande plaque, à bord inférieur arrondi

et qui suit le contour du préopercule; la quatrième pièce est étroite, un peu plus large en arrière qu'en avant: elle a la forme d'un trapèze oblong; la cinquième, qui est au-dessus de celle-ci, a son bord postérieur plus haut; enfin, la sixième est petite, courte et régulière. Je ne compte pas au nombre des plaques sous-orbitaires, deux autres petites pièces osseuses placées entre le crâne et le bord de la cinquième pièce sous-orbitaire, et que je considère comme des surtemporaux. La largeur du front rend le museau gros et arrondi , son extrémité est formée par des intermaxillaires qui sont presque tous deux horizontaux : leur articulation avec le maxillaire se fait à la hauteur des narines. Cet os peut se cacher presqu'en entier sous le bord du sous-orbitaire; la cavité de la narine est tout à fait sur le côté au devant de l'oeil ; l'ouverture antérieure est tubuleuse; la postérieure, beaucoup plus large, est un trou oblique sans aucune papille. J'ai déjà indiqué la forme et la saillie de la mâchoire inférieure. Ses os entourent une gueule large et profondément fendue.

Les dents dont ils sont armés, sont coniques et sur un seul rang; les deux moyennes de la mâchoire supérieure sont les plus longues, puis il en vient une un peu plus courte, deux autres beaucoup plus petites, la cinquième est égale à la seconde, puis la sixième redevient un crochet conique au moins aussi gros que la mitoyenne. Cette dent est suivie de trois autres, qui complètent ainsi la dentition de l'intermaxillaire : elles sont petites. Toutes les dents des maxillaires vont en décroissant successivement, à

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partir de celles-ci. J'en compte vingt- quatre; à la mâchoire inférieure, c'est la troisième dent qui est la plus longue; quand la gueule est fermée elle correspond à la quatrième dent intermaxillaire : toutes les autres dents sont coniques, serrées également et vont en décroissant jusqu'aux dernières, qui sont de simples petits points aigus. Je compte vingt dents le long de ce bord. La voûte palatine est très-large; il n'y a aucune dent sur le vomer; mais on voit de chaque côté une longue plaque étroite de dents courtes en fines râpes sur le palatin et derrière une seconde plaque hérissée de dents semblables, mais beaucoup plus étroites formées par le ptérygoïdien. La langue est épaisse, charnue et sans aucune dent; j'en vois de petites sur les pharyngiens. L'appareil operculaire est composé comme à l'ordinaire de ses quatre pièces; on ne voit que très -peu du bord inférieur du préopercule, tout le reste de l'os étant caché parle sous-orbitaire ; l'opercule couvre presque tout le reste de la joue, car le sous-opercule est étroit. Ces deux os sont ciselés presque à nu; c'est à peine s'il y a un bord membraneux à l'opercule, l'interopercule est un arc étroit; les ouïes sont largement fendues; la membrane branchioslège est soutenue par des rayons larges et plats et ressemble beaucoup à celle de YAmia; la ceinture numérale est cachée par les opercules : on ne voit qu'une petite plaque, comme écailleuse, appartenant à l'huméral derrière le sous-opercule et tout à fait au bas du côté. On conçoit dès lors que la pectorale est insérée sur la ligne du profil. Cette nageoire est courte, arrondie,

sans écailles remarquables près de son aisselle; la ventrale, insérée vers le milieu du corps, est assez semblable à la pectorale; la dorsale s'élève au-dessus de cette nageoire. Une peau assez épaisse embrasse l'anale, qui est arrondie : c'est aussi la circonscription de la caudale.

B. 5; D. 10; A. il; C. 17; P. 13; V. 8.

Nous comptons trente-cinq rangées d'écaillés entre l'ouïe et la caudale : ces écailles sont grandes, réticulées dans le centre, rayonnées tout au pourtour et couvertes d'un nombre infini de stries d'accroissement, comme concentriques. La ligne latérale est une suite de tubulures tracées en ligne droite à peu près par le milieu de la hauteur. La couleur du poisson est un orangé plus ou moins vif, à reflets bleus, avec une bandelette rembrunie et assez large le long de la ligne latérale. Je vois trois lignes obliques brunes sur la joue, une tache noire et large sur l'opercule et un trait de même couleur suit le bord du sous-opercule.

Les nageoires sont plus ou moins rembrunies, mais toujours à reflets bleus; des maculatures irrégulières sont très-sensibles sur la dorsale, deviennent moins visibles sur la caudale et enfin sont comme rugueuses et perdues sur les pectorales et les ventrales.

Le foie de cet Éryihrin ne forme guère qu'une seule masse située dans le côté gauche; ce lobe est arqué, profondément échancré pour recevoir l'extrémité de la branche montante et une partie des

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cœcums; il s'avance cependant au-devant le long de la ligne médiane et son bord se prolonge même un peu vers la droite, de sorte que le lobe droit du foie est court et petit. La vésicule du fiel est assez grande et ronde ; le tube digestif se compose d'un large œsophage et d'un estomac arrondi recourbé, sans cul-de-sac; la branche montante n'est pas trèslongue : elle se rétrécit très-promptement, ce qui rend l'ouverture du pylore fort étroit. On compte une trentaine d'appendices cœcaux autour de la naissance de l'intestin, qui fait une simple ondulation plutôt qu'un véritable repli avant de se rendre à l'anus. Les parois intestinales sont minces et la veloutée fait au dedans de fines et nombreuses réticulations, dont les lames sont un peu élevées, mais sans former de véritables valvules : la vessie aérienne des Érythrins est extrêmement curieuse, on dirait que la nature a emprunté cet organe à un Cyprin, et qu'elle a commencé à lui donner l'organisation de celui des Amies.

Cette ressemblance avec les Cyprins se montre même dans les attaches des ligaments antérieurs de la vessie avec les apophyses des premières vertèbres : en effet, la vessie est double; l'antérieure, courte et à peu près globuleuse , communique en arrière par un canal étroit avec la vessie postérieure; celle-ci est longue et conique, pointue; elle donne de sa partie antérieure et inférieure un canal de communication qui va s'ouvrir dans le haut de l'œsophage et dans une large papille; les parois de ces vessies sont doubles: l'extérieure est fibreuse, argentée; la seconde

est mince el membraneuse, à l'intérieur elle est simple sans aucune cellule, sans aucun corps glanduleux; la seconde a toute la moitié antérieure de sa paroi divisée en nombreuses petites cellules, qui se montrent à l'extérieur, comme autant de petits points demi-transparents. On aDerçoit dans le milieu une sorte de bride longitudinale : en déplaçant un peu la vessie on retrouve l'impression de cette bride sur la face dorsale, et celle d'une autre bride semblable de chaque côté : en ouvrant la vessie on voit ces quatre brides saillantes dans l'intérieur appartenant au tissu fibreux et argenté de la vessie; d'autres brides transversales, parallèles entre elles, moins grosses que les brides longitudinales, et dont je compte plus d'une trentaine, vont d'une arête à l'autre, et celles-ci sont toutes retenues par d'autres petites lamelles longitudinales, qui font la première trame entre laquelle on observe les très-petites et nombreuses cellules de la vessie; toute la portion conique postérieure est lisse et sans cellules : il faut remarquer que les deux grandes brides supérieure et antérieure se prolongent jusqu'au sommet du cône, tandis que les deux latérales ne dépassent pas les cloisons transverses. Cette singulière organisation de la vessie avait échappé à M. Cuvier, qui a cependant parlé de la splanchnologie de l'Érythrin en examinant l'espèce que nous décrivons. Je suis entré dans ces détails sur l'organisation de la vessie pour taire voir que la cellulosité de cet organe est indiquée d'une manière trop vague par l'expression de vesica aerea cellulosa, qui pourrait faire croire qu'il y a de

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la ressemblance entre la vessie des Érythrins et celle des Amies. La différence est au contraire plus grande entre ces poissons qu'entre la vessie de l'Amie et celle de quelques espèces d'Hémirampbes.

Nous venons de voir que la nature a fait dans les Érythrins une espèce de vessie fort semblable a celle des Cyprins; on peut le dire avec d'autant plus de raison que la vessie aérienne des espèces dont M. Muller a formé le genre Macrodon est tout à fait celle d'une Carpe. La nature a donné aux poissons dont nous traitons ici une organisation semblable à celle des Saumons ; en ce qui concerne les organes génitaux, nous les voyons en effet constitués par deux rubans portant dans les femelles les œufs sur des replis transverses; ces œufs tombent dans l'abdomen pour s'échapper par deux trous percés de chaque côté de l'anus.

Le crâne des Érythrins mérite une attention particulière; la voûte est formée par de très -grands frontaux principaux qui recouvrent en avant et en arrière les deux autres, les deux démembrements du frontal , c'est-à-dire , le frontal antérieur et le frontal postérieur, en avant du frontal et entre lui et les intermaxillaires sont les deux os du nez, assez grands dans ces poissons et concourant à l'ossature de l'extrémité du museau. Entre eux et entre les intermaxillaires et les deux frontaux on voit une petite plaque irrégulièrement arrondie appartenant à l'ethmoïde. Celui-ci forme, en dessous, une très-petite plaque, dont le bord postérieur, plié en chevron, reçoit l'articulation du voraer; celui-ci, lisse et un

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un peu creusé en gouttière, forme, comme à l'ordinaire, la partie moyenne de la voûte du palais: il n'a aucune dent ; les palatins sont assez grands et couverts d'une grande plaque ovale de dents en velours qui ne remonte pas jusqu'à l'extrémité antérieure et arrondie de l'os, de sorte que toute la partie antérieure de l'arcade palatine réunie par le vomer est assez large et sans dents ; les ptérygoïdiens minces et allongés , ont une petite plaque de dents en velours beaucoup plus fines que les palatines et séparées d'elles.

Le jugal forme en arrière un os percé d'un grand trou rond , et cette grande voûte ptérygo-palaline est continuée comme à l'ordinaire sur le tympanal et le temporal; celui-ci me paraît assez petit. Le sphénoïde continue en avant la voûte palatine de la bouche, et il se porte en arrière sous le basilaire jusqu'entre ses deux éminences arrondies; en arrière des frontaux sont deux pariétaux étroits, et, sur les côtés, deux mastoïdiens encore plus petits; l'interpariétal est aussi très-peu développé, sa crête est courte et se continue sur les deux occipitaux supérieurs ; les mastoïdiens sont percés d'un très -grand trou, qui communique avec l'intérieur de la boîte cérébrale; et au-dessus et sur les côtés de ce trou il en existe un second, plus petit, auquel concourt, du côté externe, le mastoïdien, et du côté interne et supérieur, le pariétal et l'interpariétal.

Le basilaire a une cavité articulaire profonde et étroite; à la partie supérieure du cercle on voit un petit mamelon arrondi , le trou occipital est assez

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petit; les côtés du hasilaire se renflent en un tubercule arrondi , qui est complété supérieurement par une porlion tuberculeuse de l'occipital latéral; audevant et au-dessus de ce tubercule on voit le trou par où sort le nerf de la huitième paire, puis un autre trou plus grand, percé dans la grande aile sphénoïdale, au-dessus duquel sont logés dans l'intérieur du crâne les sacs nombreux du labyrinthal et les canaux semi- circulaires de l'oreille. J'ai vu l'otolithe en avant du renflement arrondi et latéral de l'occipital. Nous voyons ensuite commencer la colonne vertébrale ; ses premières vertèbres offrent cela de remarquable qu'elles ont une tendance à ressembler sous plusieurs rapports à celles des Cyprins. Ce sont les quatre premières qui sont ici employées à former, avec les osselets de Webber, un appareil un peu plus compliqué que celui des Cyprinoïdes. La vertèbre articulée avec l'occipital est réduite à un petit disque ou corps vertébral concave des deux côtés et sans véritables apophyses; la seconde vertèbre a son corps vertébral plus épais; il porte de chaque côté une apophyse que l'on peut considérer comme une transverse, mais qui se dirige en avant et va s'articuler sur les côtés du basilaire; son apophyse épineuse est encore presque nulle; la troisième vertèbre est aussi épaisse que les précédentes. Je ne lui vois point d'apophyses transverses, mais elle porte deux rudiments d'apophyses épineuses qui viennent s'articuler avec des lames semblables de la vertèbre suivante et avec une pièce impaire large qui va se réunir à la crête impaire de l'interpariétal , et

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qui est l'analogue de la grande crête vertébrale des Cyprinoïdes: la quatrième vertébrale est semblable à la précédente : elle porte en dessous une facette articulaire arrondie qui reçoit la plus grande pièce des osselets de Webber attachés directement aux vertèbres. Celle-ci est évidemment l'analogue de la grande apophyse transverse descendante des Carpes; le corps principal de cette pièce, après avoir fourni sa facette articulaire, se prolonge en dessous en une petite apophyse d'hyloïde, «qui vient rejoindre sa congénère et former sous la vertèbre un petit anneau analogue à celui que l'on voit dans les Carpes. Ce corps principal s'avance sous la troisième vertèbre, et vient même toucher par sa pointe à la seconde. Cette partie forme avec la portion articulaire une assez large échancrure osseuse et avec sa congénère une petite gouttière sous - vertébrale ; maintenant de chaque côté de cet os l'on trouve une autre petite pièce osseuse mobile, qui va de la facette articulaire de l'os précédent sous la quatrième vertèbre à l'apophyse épineuse et la seconde vertèbre en s'arrêtant derrière elle, de sorte que cet osselet ne touche en aucune façon au crâne : ce sont là cependant les os que les anatomistes continuent à nommer ossicula auditoria.

La vessie aérienne s'arrête derrière tout cet appareil; sa membrane fibreuse externe prend derrière le cercle sous-vertébral des points d'attache; mais la membrane interne n'a aucune connexion avec ces os, et par conséquent la vessie aérienne dans les Erythrins n'a pas plus de rapports avec l'oreille interne

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que cet organe n'en prend dans les Cyprins, les Clupes ou tout autre poisson. Le reste de la colonne vertébrale se compose de trente et une vertèbres, dont douze caudales. Il y a vingt et une côtes.

Cette étude ostéologique de l'Érythrin est certainement une des plus intéressantes en ichthyologie, car nous voyons se reproduire ici dans la combinaison de ces différentes parties du squelette, un ensemble de caractères qui rappelle : i.° les Salmonoïdes dans l'agencement des parties de la face; 2.0 les Cyprins, dans la grandeur des trous des occipitaux, latéraux; 3.° les Chipées, dans les trous pariétooccipitaux et dans la forme du basilaire, lequel n'a rien de celui des Cyprins, puisqu'il ne se prolonge pas comme chez eux dans cette grosse et singulière apophyse, élargie en une espèce de voûte pour donner attache à la plaque pharyngienne impaire. Nous retrouvons bien aussi des caractères de Cyprinoïdes dans la réunion des premières vertèbres et dans l'appareil curieux des osselets de Webber; osselets qui n'ont que de l'analogie avec ceux des Carpes, mais dont on ne peut dire sans une extension trop grande, ou qu'à la suite d'un examen trop rapide que ces ossicula auditoria , sont réunis avec le labyrinthe membraneux et semblables à ceux des Silures ou des Cyprins : c'est 19. 3 2

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une organisation analogue , mais complètement différente, clans les trois familles que nous rappelons ici.

Nous avons fait cette description sur un individu long de neuf pouces et demi.

L'espèce ne paraît pas rare ; car nous en avons plusieurs autres exemplaires de différentes tailles, qui viennent des eaux douces de la Mana, d'où ils ont été envoyés par MM. Leschenault et Doumerc. Un autre individu, également de Cayenne, est conservé depuis cinquante ans dans le Cabinet du Roi : il a été adressé de Cayenne par Leblond. Nous avons reçu des exemplaires de cette espèce provenant de Bahia. M. Agassiz l'a décrite et figurée dans son Histoire des poissons du Brésil1, d'après un individu long de huit pouces et qui venait de Rio San Francisco.

M. Mùller, dans le mémoire que j'ai cité, a donné, tab. III, fig. i, une représentation exacte des dents de ce poisson. Je ne partage pas son opinion; quant à sa synonymie, il le regarde comme semblable au Sjnodus erythrinus deBloch; espèce toute différente, caractérisée par les stries noires qui traversent la queue : je crois qu'elles n'existent que dans

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