‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 103 sur 108 · Fish. of Guyan. , vol. III, part, i , p. 2i4? pi · texte numérisé non relu

Fish. of Guyan. , vol. III, part, i , p. 2i4? pi

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L'éditeur des dessins de M. Schomburgk a considéré, mais à tort, cette espèce comme YEr. macrodon d'Agassiz. Elle est certainement très-facile à distinguer par les dents et par la plaque surtemporale qui est unique. L'Aimara a la chair ferme et de bon goût, c'est un des plus délicieux poissons d'eau douce de la Guyane, et sa tète est plus particulièrement recommandée aux gourmands.

On le prend généralement dans le voisinage des rapides ou des chutes d'eau, et il atteint jusqu'à trois pieds et demi, et même quatre pieds de longueur.

A certaines saisons de l'année il est si nombreux, qu'il constitue la principale nourriture des Indiens. Il est très-vorace , et on le prend à l'hameçon, aussi bien que dans les pièges faits avec des branches du cecropia peltata.

La rivière de Berbis, au-dessous des cataractes d'Itabru, et le Cuyuwini, un des affluents de l'Essequibo supérieur, abondent tellement en aimaras que l'on peut en prendre cent livres pesant dans l'espace d'une heure ou deux. Il faut se méfier de ces poissons ; car on prétend que leur morsure cause de cruels accidents et qu'ils peuvent couper la main d'un homme.

Je trouve à la suite de ces notes , que M.

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Schomburgk a encore observé d'autres espèces voisines, connues sous le nom à'Arawaak, de Warau et de Tari-ira. D'après le peu qu'on en dit, je crois que ce sont des Macrodons.

Tous ces poissons ont la chair bonne, mais intérieure aux aimaras, parce qu'ils ont trop d'arêtes. Les Indiens les poursuivent dans les criques ou dans les marais et en détruisent un grand nombre. Dans le Rio Negro on les sèche, et ils sont vendus jusqu'à deux ou trois dollars la mesure de trente-deux livres.

Le Macrodon guavina.

{Macrodon guavina, nob.)

Le Guavina est un poisson que nous n'avons pas encore reçu en Europe. Il est connu par un dessin fort exact , dû au crayon de M. de Humboldt, accompagné d'une description linnéenne non moins remarquable, faite sur les lieux par cet illustre voyageur. Il dit que le Guavina

a le corps ovale et allongé; que la tête fait le quart de la longueur du corps; que le museau est tronqué; les opercules nus sont ciselés de stries rayonnantes. Les huit dents des mâchoires sont très-aiguës , inégales, disposées sur un seul rang, et chacune des grandes en a deux plus petites, rapprochées. Une

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membrane lâche, épaisse et comme charnue, descend et pend sous la gorge comme une sorte de fanon. Toutes les nageoires sont rondes, excepté la dorsale, qui est coupée carrément.

Les écailles sont grandes, arrondies, jaunâtres, à reflets argentés; le centre et le bord sont olivâtres. Les nageoires, vertes, sont traversées par des bandes plus foncées.

Le Guavina vient du lac de Tacarigua, dont le fond est un terrain granitique. Il est situé à deux cent vingt toises de hauteur au-dessus de la mer, dans les fertiles vallées d'Aragua. La température de l'eau est de 23° 5' centigrades.

Le poisson devient souvent la proie d'un grand saurien, que les indigènes appellent Bava. M. de Humboldt dit qu'il soupçonne que ce reptile est une dragonne.

On a reçu au Cabinet du Roi, sur mes demandes empressées faites à mon ami, don Manuel Tovar, de Caracas, un crocodile qu'il m'a envoyé comme étant la Bava de la lagune des vallées d'Aragua. Comme le reptile que M. de Humboldt a vu sous le nom de Bava est d'un genre différent des caïmans, cela me fait croire que le nom de Bava s'applique à divers animaux de l'ordre des sauriens.

Après l'extrait presque littéral que je viens

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de faire de la description du Guavina donnée par M. de Humboldt , on trouve , dans les notes que j'avais ajoutées à sa description, les raisons qui avaient fait rapprocher ce poisson du genre des Érythrins. Je terminais en disant que si le nombre des rayons branchiostèges du Guavina diffère de celui des Erythrinus , ce poisson deviendra le type d'un genre nouveau, que la disposition singulière des dents rendra facile à reconnaître. Aujourd'hui que les espèces de cette famille nous sont mieux connues et que la division établie par M. Mùller vient à préciser les caractères de ces groupes, je n'ai plus aucun motif pour hésiter à rapprocher ce Guavina du genre Macrodon. Je m'étonne que M. Mùller, créateur de ce genre, ne l'ait pas fait avant moi.

Outre le caractère de la dentition, dont ce savant anatomiste se serait servi, j'ai, pour me guider, la forme remarquable et parfaitement bien accusée du dernier sous-orbitaire et de la plaque temporale qui le suit, quoique les divisions entre ces deux os n'aient pas été indiquées dans la figure de M. de Humboldt. On ne peut cependant douter que le nombre et la forme de ces deux pièces ne soient semblables à celles des Macrodons et par conséquent différentes de celles des Érythrins. 19. 34

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On ne saurait trop admirer la précision avec laquelle M. de Humboldt observait les plus petits détails de la nature, surtout quand on songe qu'il n'avait alors pour guide que le Sjstema naturœ de Gmelin et l'Iclithyologie de Gouan.

De toutes les espèces de cette famille, le poisson de M. de Humboldt est celui qui se rapproche le plus du Synodus Tareira de Bloch, parce que l'un et l'autre ont les nageoires traversées par des bandes brunes j mais les proportions de la planche de l'édition de Schneider sont si différentes de celles du Guavina de M. de Humboldt, qu'on ne peut oser en dire davantage.

C'est d'après les dessins de l'illustre auteur du Cosmos que les éditeurs de l'Histoire des poissons de la Guyane ' ont parlé du Guavina et reproduit une copie de sa figure; mais la curieuse et remarquable disposition des dents, si bien saisie par le célèbre peintre des Llanos de Caracas, a été fort altérée dans cette reproduction.

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