‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 24 sur 108 · Jam., p. 443, 1. XLV, fig · texte numérisé non relu

Jam., p. 443, 1. XLV, fig

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courbe régulière, on distingue très-facilement trois plans sur cette région supérieure; l'un mitoyen et plane, puis deux autres plans, un de chaque côté descend obliquement sur la tête en s'étendant depuis la région sourcilière jusque sur les mastoïdiens; les joues sont planes; le dessous de la tête est étroit , cependant l'isthme a encore une certaine largeur.

L'œil est assez grand, du quart de la distance entre l'extrémité du bec supérieur et le bord de l'opercule; une peau adipeuse assez épaisse recouvre le sous-opercule et la partie postérieure de la joue; le sous-opercule a son bord antérieur et inférieur largement arrondi, le supérieur est rectiligne, la plus grande largeur de ce trapèze irrégulier est égale à la moitié du diamètre de l'orbite. Une écaille convexe et semblable par sa forme au sous-orbitaire le recouvre tout entier. Le préopercule donne en arrière et tout au bas de la joue un angle assez aigu. L'opercule est grand et descend aussi presque jusqu'au bord inférieur de l'ouverture de l'ouïe, parce que le sous-opercule ne forme qu'un arc très-étroit; l'interopercule est beaucoup plus petit encore, et il est presque entièrement caché le long du bord inférieur du préopercule. La mâchoire supérieure, malgré son raccourcissement, est constituée comme celle des orphies et des scombrésoces.

Les deux intermaxillaires, malgré leur brièveté, sont réunis entre eux par devant et sur les côtés avec les maxillaires, qui forment le talon de l'angle de la commissure, lequel est entièrement recouvert,

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quand la bouche est fermée par le sous-orbitaire. La mâchoire inférieure donne en arrière de chaque côté une large et forte branche, dont l'angle postérieur répond, à peu près au milieu de l'œil. Ces deux branches viennent se souder entre elles au devant de la mâchoire supérieure et se prolongent ensuite en cette longue lame qui constitue le demi-bec des hémiramphes. Dans l'hémiramphe de Brown, la réunion de la base constitue une sorte de bord ogival , qui dépasse un peu le supérieur et se rétrécit bientôt en une lame étroite, à peu près droite et régulière. Dans les mouvements de la mâchoire inférieure, et lorsqu'elle s'abaisse, on voit se redresser le bec supérieur comme par un mouvement de bascule.

Les dents sont sur une bandelette étroite aux deux mâchoires. Elles sont très-courtes, mousses et coniques, on pourrait presque dire grenues. Il n'y en a aucune au palais ni sur la langue, dont l'extrémité est libre et dont la surface est creusée en gouttière.

Les narines sont petites, sur le dessus de la tête, placées dans un petit enfoncement creusé auprès de l'œil et assez semblables à celles des orphies et des scombrésoces.

Les ouïes sont très-largement fendues; les branchies ont des ratelures dirigées en avant sur la lame externe. La membrane branchiostège , resserrée sous la gorge, n'est cependant pas tout à fait cachée par la lame operculaire : nous y comptons dix rayons branchiostèges. Les pharyngiens supérieurs sont au nombre de trois, formant une grande plaque ovalaire impaire, resserrée en avant et ayant de chaque

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côté une autre petite plaque étroite. La plaque impaire est légèrement convexe et s'appuie sur le pharyngien inférieur, qui est légèrement concave et qui, étant plus pointu de l'avant, peut être plutôt désigné comme une plaque triangulaire : tous ces os sont couverts de très -petites dents ou plutôt d'âpretés coniques, devenant par l'usure comme de petites granulations. La surface externe des mastoïdiens est un peu grenue; ils portent une ossature de l'épaule qui est un peu plus étroite que celle de l'orphie, mais qui lui ressemble à beaucoup d'égards. La pectorale est un peu pointue, aussi longue que le corps est haut. Les ventrales sont courtes, assez larges etéchancrées; elles sont reculées vers le dernier tiers du corps. La dorsale est sur le dernier quart de la longueur, prise entre le bec supérieur et la fin de la queue; elle est assez haute de l'avant et basse de l'arrière, en partie couverte d'écaillés; il en est de même de la caudale, qui est beaucoup plus petite et plus basse que la nageoire du dos, et dont le premier rayon ne correspond qu'au sixième ou même au septième de celle-ci. La caudale est profondément fourchue et le lobe inférieur est plus long que le supérieur.

B. 10; D. 12; A. 13; C. 25; P. 9; V. 6. Les écailles sont assez larges, adhérentes : j'en compte soixante-cinq entre l'ouïe et la caudale; la forme de l'une d'elles est irrégulièrement quadrilatère ou triangulaire, entièrement couverte de trèsfines stries concentriques, sans rayons en éventail. Les deux carènes commencent sous la gorge et s'étendent de chaque côté du ventre jusqu'au-dessous 19. 2

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de la queue. La ligne latérale est assez distincte de ses carènes, et va de la pectorale à la caudale en passant par le milieu du côté. La couleur est un verdâtre uniforme, nettement tranché sur le dos, avec la couleur bleuâtre ou grise argentée des côtés; toutes les nageoires sont jaunâtres. Le bec est plus foncé, je dirais même presque noir, avec une teinte

rouge ou orangée à l'extrémité.

La splanchnologie me montre un large canal intestinal simple et droit, sans valvules intérieures. La vessie aérienne a une structure très-curieuse. En enlevant le repli du péritoine qui la sépare des autres viscères abdominaux, on voit une longue vessie celluleuse dans toute son étendue. Les cellules laissent à l'intérieur et sur le dos un grand espace vide, comme cela a lieu dans l'amia; tout le reste est divisé en cellules réunies comme un poumon de grenouilles. La vessie se divise en avant en deux petites cornues courtes, celluleuses comme le reste de l'organe. Je n'ai pu trouver aucune communication avec le tube digestif ; je crois bien pouvoir affirmer qu'il n'y en a pas.

La longueur totale de notre poisson est d'environ dix-huit pouces et demi.

J'ai fait cette description d'après un individu conservé dans Veau-de-vie et envoyé de la Martinique par M. Plée. Je retrouve exactement les mêmes formes, et par conséquent les caractères de cette espèce dans plusieurs autres exemplaires desséchés qui nous sont

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venus de la Guadeloupe par M. Ricord. Outre ces individus des Antilles, nous voyons l'espèce sur les côtes du continent américain, à Bahia et à Rio de Janeiro. Elle existe aussi sur la rive africaine de l'Atlantique; car M. Rang en a rapporté plusieurs exemplaires de Gorée, qui sont aujourd'hui dans le Cabinet du Roi. Je trouve dans les notes de M. Plée que ce poisson, très -commun aux Antilles, y est fort estimé. Les Espagnols de Portorico le confondent avec l'orphie sous le nom d'Agujon ou de Aguja. M. L'Herminier nous a envoyé le dessin d'un Balaou pris à la Providence. Nous nous en sommes servis pour décrire les couleurs de cette espèce. C'est peut-être elle que M. Lesueur 1 a voulu décrire sous le nom $ Hemiramphus marginatus , d'après des individus qu'il avait pris à la Guadeloupe et à la Martinique , parce qu'il lui trouve la queue et le corps trois fois aussi longs que la mâchoire inférieure : mais les nombres indiqués par ce naturaliste,

D. 14; A. 12, etc.

ne se reproduisent dans aucune espèce américaine; j'ai tout lieu de croire qu'ils ont été mal comptés.

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