‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 25 sur 108 · Les., Joiirn. de Philad., 1822, 1. II. p. i5/,, n · texte numérisé non relu

Les., Joiirn. de Philad., 1822, 1. II. p. i5/,, n

20 LIVRE XIX. ÉSOCES.

J'ai lu avec le plus grand soin la description détaillée que Commerson résumait dans la phrase caractéristique associée par M. de Lacépède à l'hémiramphe de Forskal et au piquitinga de Marcgrave. Je ne doute pas que Commerson n'ait eu aussi sous les yeux l'hémiramphe sujet de cet article.

C'est une des espèces que nous voyons se confondre aux Canaries avec celle que nous regardons comme propre à la Méditerranée. La présence de ce poisson dans cet archipel a été établie sur les intéressantes collections faites dans cet archipel par mon savant ami, le botaniste Webb.

Je l'ai indiquée dans l'Ichthyologie des Canaries, dont la publication est due à la générosité de ce naturaliste sous le nom (ÏEsojc brasiliensis. N'ayant pas encore à cette époque fait la critique des noms donnés à cette espèce, je croyais que ma détermination devait avoir d'autant plus de fondement, que l'individu desséché que M. Webb a donné au Cabinet du Roi, porte quelques marbrures noires qui rappellent tout à fait celle que Bloch a fait représenter.

chap. ix. hémiramphes. 21

Z/Hémiramphe de Plée.

(Hemiramphus Pleii , nob.)

Nous trouvons dans les mers des Antilles une seconde espèce, qui diffère de la précédente, parce que

le front est plus étroit et plus anguleux, que l'ogive du bec supérieur est plus aiguë, que le bec inférieur est plus grêle et plus long, que les dents sont plus fines. La pectorale me paraît aussi plus pointue; la dorsale est plus basse de l'avant à son dernier rayon prolongé en filet. L'anale est un peu plus courte ; la caudale a les lobes un peu plus grêles.

D'après M. Choris et M. de Poey, le dos est simplement bleuâtre; les nageoires ont cette même teinte; la caudale ayant un peu de rouge à l'extrémité : l'extrémité du bec inférieur est tout à fait rouge.

Je trouve dans ce poisson un foie composé d'un seul lobe à surface arrondie en dessous, creusée en dessus en gouttière pour y recevoir l'œsophage, qui se dilate en une espèce d'entonnoir conique, constituant à la fois l'estomac : vers les deux tiers de la cavité abdominale il devient tout à fait étroit; il constitue l'intestin , qui est court et qui se rend à l'anus sans aucun repli ni circonvolution; une grande et longue vessie aérienne occupe toute l'étendue de la cavité abdominale; ses parois propres sont très-minces. Elle est eelluleuse à l'intérieur, mais sans laisser

dans celte espèce un espace vide ei large comme dans la précédente. Elle est divisée en avant en deux petites cornes très -courtes. Le repli péritonéal, audessus duquel elle est cachée, est fibreux, assez résistant et plus argenté que le reste du péritoine, qui est brun pieté de noir. Je n'ai pas vu de communication avec l'intestin.

Outre les particularités que l'on peut observer dans le squelette de ce poisson, en examinant les caractères zoologiques fournis par les différents os du crâne, je remarque encore

que leurs mastoïdiens sont élargis sur les côtés pour former à droite et à gauche de la base du crâne deux cavités assez grandes, situées au-dessus des branchies. Les surscapulaires sont très -petits. La ceinture humérale est large et comme pliée en une gouttière assez profonde; elle est formée par l'élargissement de l'huméral mince et aplati , couché sur un cubital encore plus mince, mais plus large; le radial est large, mais court; le styléal est très-étroit, grêle et comme soudé aux os précédents.

Les os pelviens ressemblent assez par leur structure générale aux os semblables des orphies; ils sont seulement plus courts, plus étroits, surtout en ce qui forme le plan osseux externe. La colonne vertébrale se compose de cinquante -trois vertèbres, dont trente-huit abdominales portant des côtes fines comme des crins, et des apophyses horizontales dirigées en arrière plus fines et plus courtes, et qui

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forment le plan supérieur de l'arête qui sépare les deux faisceaux des longs muscles droits des flancs.

Nos individus sont longs d'environ neuf à dix pouces j mais M. de Poey dit qu'il y en a qui dépassent un pied.

M. Desmarets avait reçu deux individus de cette espèce dans un envoi qui lui a été fait de l'île de Cuba. MM. Achard et Choris en ont donné chacun un exemplaire venu de la Martinique.

Cette espèce porte à la Havane le nom d'Escribano, qui veut dire notaire. ïl est dû sans doute à la prolongation de la mâchoire inférieure , rappelant un peu la forme d'une plume. En examinant la figure que M. Lesueur1 a donnée de son Hemiramphus balaou, dans le Journal des sciences de Philadelphie, je suis très-porté à croire que cet infatigable voyageur a représenté l'espèce actuelle; et ce qui me le confirme, c'est que la couleur de la caudale est bleuâtre : d'ailleurs, les nombres ne sont pas indiqués dans la description de M. Lesueur.

Il a vu aussi son Hémiramphe à la Guadeloupe, à la Martinique et à Saint-Domingue, où il est très- commun et confondu avec le précédent sous le même nom de Balaou.

i. Les., Journ. de Phil., 1821, t. II, p. i36, n.D 29.

Nous avons maintenant plusieurs espèces américaines qui se distinguent des deux précédentes par un raccourcissement notable du bec, comme elles se distinguent entre elles par les proportions de cette partie du corps 5 c'est à l'une d'elles que l'on devrait rapporter et la gravure de Pernetti ', et la figure plus ancienne donnée par Grew de la tête d'un hémiramphe; mais ces représentations sont si vagues, que je ne veux certainement pas prendre de parti à leur sujet. Aussi, je vais continuer les descriptions faites d'après nature.

L'Hémiramphe de Robert.

{Hemiramphus Roberti , nob.)

Nous avons reçu de Cayenne un troisième hémiramphe, qui a encore le bec long et grêle. 11 diffère du précédent, parce qu'il a

le dessus du crâne plus étroit, la mâchoire supérieure encore plus aiguë, les dents très-fines : la caudale est beaucoup moins fourchue; la dorsale et l'anale se répandent plus exactement, et cette dernière est plus longue que chez les espèces précédentes. La pectorale est courte.

D. 15; A. 16, etc.

La couleur est verdâtre sur le dos et sur le ventre;

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