‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 29 sur 108 · HÉMIRAMPHE AUX NAGEOIRES JAUNES · texte numérisé non relu

HÉMIRAMPHE AUX NAGEOIRES JAUNES

(Hemiramphus ocanthopterus , nob.)

M. Dussumier a eucore enrichi l'ichthyologie d'une espèce voisine de la précédente.

Elle a le bec plus court, la mâchoire supérieure en ogive beaucoup plus pointue ; l'œil un peu plus grand; l'anale et la dorsale un peu plus aiguës.

D. 15; A. 16, etc.

Ce poisson a le dos blanc, couvert d'écaillés liserées de verdâtre; les flancs, argentés, ont des reflets nacrés; les nageoires impaires sont jaune citron et les nageoires paires sont blanches et transparentes; la peau du bec est noire et l'extrémité est d'une belle couleur écarlate.

Ce poisson, long de six pouces, vient des eaux douces d'Alipey.

48 livre xix. és0ces.

Z/Hémiramphe aux nageoires rlanches.

{Hemiramphus leucopterus , nob.)

Un autre Hémiramphe, des environs de Bombay, et provenant aussi des collections faites par M.Dussumier, se distingue de ceux-ci

par une tête beaucoup plus étroite; par un bec plus

grêle et plus long; par une dorsale et une anale

plus basses.

D. 16; A. 14, etc.

Il s'en distingue aussi par la couleur des nageoires : celles-ci sont toutes blanches; tout le corps est blanc transparent et argenté; la bandelette latérale, très -brillante, est la seule partie du corps qui n'ait pas de transparence; le bec est noir.

Nous n'avons qu'un individu long de cinq pouces.

Z/Hémiramphe du Buffon.

{Hemiramphus Buffonis , nob.)

M. Dussumier, en se rendant sur la rade de Pulo-Pînan à bord de son navire le Buffon, a trouvé une singulière espèce dhémiramphe, qui paraîtrait rester dans des dimensions assez petites, à en juger par les nombreux exemplaires de même taille qu'il nous a rapportés.

Il a la tête plate , la mandibule supérieure aplati et arrondi à l'extrémité; le bec droit, grêle, est un des

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plus longs que nous ayons observés, car il n'est compris que trois fois et un tiers dans la longueur totale. La dorsale, et surtout l'anale, sont courtes; la caudale est coupée carrément.

Ces nombres sont, comme on le voit, très-différents de ceux de toutes les autres espèces. La couleur est un verdâtre uniforme sur tout le poisson et sur les nageoires, avec une bandelette longitudinale. Le bec paraît avoir été noir.

J'ai examiné sa vessie aérienne : elle est simple et sans cellules; ses parois sont très -minces.

Le plus grand individu a huit pouces quatre lignes , et le plus petit a trois pouces deux lignes. La forme du bec, sa longueur, et la caudale, coupée carrément, caractérisent parfaitement cette espèce.

On conçoit que, pour la nommer, j'aie emprunté au navire sur lequel tant d'admirables collections ont été faites pour le Muséum, le nom illustre que M. Dussumier avait donné à son bâtiment.

Z/Hémiramphe de Lutke.

{Hemiramphus Lutkei, nob.)

Cette espèce a, comme celle que je viens de décrire,

le museau assez étroit et pointu; le bec est long et 19. 4

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grêle : il esl contenu quatre fois et deux tiers dans la longueur totale. Les lèvres sont assez larges, et surtout aussi le fanon, qui prend sous le bec et qui se détache assez brusquement entre les branches de la mâchoire inférieure pour y paraître comme tronqué. La pectorale est pointue; la ventrale est courte, avec le rayon interne prolongé en filet; le lobe inférieur de la caudale, très-fourchu, est plus long que le supérieur; la dorsale est longue; l'anale, au contraire, est courte.

La couleur est bleu verdâtre sur le dos, passant au vert sur les flancs; le ventre seul entre les carènes est argenté.

Je ne vois pas dans cette espèce la bandelette longitudinale et argentée que l'on observe sur presque toutes les autres.

Les individus pris à Bourou par MM. Lesson et Garnot, ont dix pouces et demi de longueur. Je rapporte à cette espèce le dessin d'un hémiramphe qui nous a été communiqué par M. de Mertens, et qui avait été fait à Manille. Depuis longtemps nous avons déploré la mort prématurée du naturaliste de cette expédition russe ; j'ai dédié cet Hémiramphe à l'habile navigateur, qui a fait faire sous ses ordres une circumnavigation , dont la marine et les sciences naturelles ont recueilli tant de fruits.

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jL'Hémiramphe de l'Éclancher.

{Hemiramphus Eclancheri, nob.)

Nous avons encore à parler d'un hémiramphe distinct de tous ceux dont nous nous sommes occupé jusqu'à présent,

par l'allongement d'un bec très-grêle : il mesure en effet le quart de la longueur totale; le bec supérieur est pointu; le dessus du crâne est étroit, un peu convexe sur la nuque, faiblement cannelé entre les yeux; l'arcade sourcilière étant un peu soutenue; les dents sont très -fines; la dorsale et l'anale sont étendues, mais moins que dans les espèces suivantes; les pectorales sont courtes.

D. 16; A. 13, etc.

Cet Hémiramphe a une bandelette argentée sur les flancs, bordée longitudinalement en dessus d'une raie bleuâtre ou verte, et qui est elle-même surmontée d'une raie argentée moins brillante que la bande des flancs. Ces trois bandes séparent, d'une manière nette et tranchée, la couleur fauve du dos de la teinte du ventre, qui me paraît aussi roussâtre, de sorte que je ne vois dans cette espèce que les flancs qui brillent d'un éclat argentin. La caudale a du noirâtre; les autres nageoires sont transparentes; le bec est noir.

L'individu est long de six pouces quatre lignes. Il a été recueilli, avec plusieurs autres poissons fort intéressants, aux îles Marquises

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par M. le D.1 l'Eclancher, chirurgien de la marine royale , et de service à bord de la frégate la Reine Blanche, sous les ordres de M. le contre- amiral Dupetit-Thouars. Cette espèce nous conduit aux suivantes par la longueur de son bec.

Z/Hémiramphe longirostre.

(Hemiramphus longirostris , nob.)

Après cette longue suite d'hémiramphes , nous voici arrivés à donner la description de deux espèces remarquables par le prolongement de la partie inférieure du bec et par le grand développement de la nageoire pectorale, dont la grandeur justifie les affinités que nous avons déjà établies entre les orphies, les hémiramphes et les exocets. Il est assez curieux de voir que la nature agrandit précisément les pectorales de ceux qui ont le bec le plus long, et qui devraient par conséquent ressembler le moins aux poissons volants (Eococœtus).

Nous allons commencer par décrire celle qui a été très-bien figurée dans l'Histoire des poissons de Vizagapatam par le docteur Patrick Russel, et qui était la seule connue lorsque nous commençâmes la rédaction des notes qui me servent aujourd'hui à la continuation

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de mon ouvrage; elle reçut alors le nom mérité d'Hémiramphe au long bec {Hemir. longirostris), indiqué par M. Guvier dans^ la note du Règne animal. On va voir tout à l'heure que, depuis ces premiers travaux, une seconde espèce, à bec encore plus allongé, a été découverte et apportée au Cabinet du Roi.

L' Hemiramphus longiroslris est remarquable par l'allongement de son corps grêle et comprimé, de ses pectorales et par l'élévation de sa dorsale. La hauteur du corps est comprise treize fois dans le tronc mesuré depuis le bord de l'opercule jusqu'à la racine de la caudale. La longueur de la tête, mesurée depuis la pointe de la mâchoire supérieure jusqu'au bord de l'opercule, est six fois dans la longueur du tronc; la longueur du bec est le quart de la longueur totale ; ce bec se termine presque en pointe et sa base est étroite ; la mâchoire supérieure est courte, les dents sont extrêmement fines.

L'œil est grand, du tiers de la longueur de la tête, l'intervalle qui sépare les deux yeux égale ce diamètre; la région sourcilière est un peu renflée. La pectorale est très- allongée; elle est comprise trois fois et deux tiers dans la longueur du tronc; le premier rayon de cette nageoire est large et comprimé ; les inférieurs ont au moins la moitié de la longueur du premier. Lès ventrales sont excessivement petites : elles n'ont guère que le sixième de la longueur de la pectorale. La dorsale et l'anale sont longues , presque autant que la nageoire pectorale.

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Les rayons de la nageoire du dos sont grêles et assez élevés , presque deux fois autant que le tronc l'est sous elle. La caudale est profondément fourchue; le lobe inférieur dépasse beaucoup le supérieur.

Ce poisson a le corps couvert d'écaillés qui me paraissent tomber facilement. La couleur est bleu verdàtre sur le dos, avec une bande longitudinale plus foncée qui suit le milieu de l'épine du dos; les flancs et le ventre sont argentés; la bande latérale est ici très-brillante.

M. Leschenault, qui s'est procuré ce poisson à Pondichéry, l'a entendu nommer en malabare Karouvalet Kouala. Il assure que ce poisson parvient à trois pieds de longueur environ. L'individu qui faisait partie de ses collections, n'a que quinze pouces. C'est, dit- il, un poisson bon à manger, qui est rare dans la rade de Pondichéry.

Cette espèce a été représentée d'une manière fort reconnaissable dans l'ouvrage de Russel1 sous le nom de Kuddera C. Nous en avons nous-mêmes donné une figure dans l'Iconographie du Règne animal à la pi. g8.

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