Russ., Corom. fish. , p. 62, pi
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Z/Hémiramphe MACRORHYNQUE.
(Hemiramphus macrorhyncus , nob.)
La seconde espèce de ces hémiramphes , à bec très-prolongé , a
le corps plus court que le précédent; la hauteur, qui ne diffère pas de celle de l'autre individu, n'est comprise que neuf fois et quelque chose dans la longueur du tronc. La longueur de la tête, le bec non compris, est six fois dans celle du tronc. Les yeux sont beaucoup plus petits, et l'intervalle qui les sépare, ou ce qui est la même chose, la largeur de la tête est plus étroite. La mâchoire supérieure est aussi plus petite, les dents sont très-fines, le dessous de la gorge est beaucoup plus renflé que dans l'espèce précédente. Le bec, extrêmement allongé, ne fait guère que le tiers de la longueur totale. La pectorale est allongée et proportionnellement même un peu plus que celle de notre H. longirostris , car elle mesure le tiers de la longueur du tronc. Les ventrales sont petites; la dorsale et l'anale sont hautes et longues; la caudale est fourchue.
Ce poisson paraît avoir eu les mêmes couleurs que le précédent, le bec étant un peu plus noir. Sa vessie aérienne est simple et sans aucunes cellules internes. Elle ne communique pas avec le tube digestif.
Cette curieuse espèce a été rapportée par M. le capitaine Salis, commandant la Créole,
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trois-mâts de Bordeaux, qui se trouvait alors par i 770 de longitude est de Paris et 70 de latitude australe à une journée du groupe des îles Peyster dans le grand Océan.
L'individu est long de quatorze pouces et demi.
Z/Hémiramphe a aiguillon.
(Hemiramphus cuspidatus , nob.)
Nous venons de voir, dans les deux espèces précédentes, que la nature allonge les pectorales de manière à nous montrer qu'elle va nous conduire à la forme remarquable des nageoires des Exocets. En même temps qu'elle développait ainsi ces organes, le bec devenait excessivement long. Nous avons maintenant à parler d'un autre Hémiramphe qui a les nageoires pectorales autant prolongées que celles de certains Exocets, mais dont la mâchoire inférieure est tellement réduite, que ce demibec ne paraît plus, à cause de sa ténuité, que comme un simple aiguillon.
On trouvera plus loin, que la mâchoire inférieure de deux de nos Exocets nous présentera une forme singulière dans la saillie pointue de la symphyse. Ce sera une nouvelle preuve de l'ainnité des deux genres : elle est si grande, que j'ai hésité longtemps avant de
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me décider à placer dans le genre actuel ou dans celui des Exocets le poisson que j'ai sous les yeux.
Le bec, qui est très- entier, est si court qu'il est compris treize fois dans la longueur totale : il est grêle et pointu comme une fine arête de clupée. Les dents sont très-petites; la mâchoire supérieure forme encore une petite palette presque demi-circulaire, tant sa pointe est raccourcie; l'œil est assez grand; la pectorale mesure le quart de la longueur totale; la caudale est fourchue; son côté inférieur est du double plus large et plus long que le supérieur ; la dorsale et l'anale sont basses.
D. 18; A. 12, etc.
Le dos paraît avoir été bleu et le dessous argenté et brillant; la pointe de la pectorale conserve encore des traces de taches plus foncées : ce sont donc les couleurs des Exocets.
Je ne m'étonnerais pas qu'un naturaliste qui aurait sous les yeux ce poisson bien conservé, ne se décidât à le placer dans ce genre; j'en ai vu deux exemplaires longs de quatre pouces et quelques lignes, et que M. Dussumier a retiré de l'estomac d'une Bonite pêchée dans les mers de l'Inde.
58 livré xix. ésoces.
//Hémiramphe dissemblable.
(Hemiramphus dispar, nob.)
Après avoir décrit une série d'hémiramphes qui se ressemblent tous entre eux par la disposition des trois nageoires impaires, j'ai signalé tout à l'heure deux espèces remarquables par rallongement de leurs pectorales et par le prolongement de leur bec. Une autre s'est distinguée du groupe par un raccourcissement considérable à la mandibule inférieure. Je trouve maintenant, dans les collections du Muséum, une espèce dont l'anale offre un caractère si singulier et si éloigné de celui présenté par la même nageoire, dans tous les autres que j'ai cherché avec le plus grand soin, si je ne rencontrerais pas avec cette forme, en apparence étrangère, des caractères assez importants pour séparer génériquement cet hémiramphe. En comparant les individus, je me suis aperçu que les mâles seuls ont cette anale remarquable, tandis que la nageoire des femelles a la forme ordinaire : cette observation ma donc convaincu que j'avais affaire seulement à une de ces nombreuses modifications que la nature se plaît si souvent à nous montrer. L'Hémiramphe dont il s'agit
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ici, doit donc être décrit avec quelque détail, et pour cela je vais commencer par faire connaître le mâle, je parlerai ensuite de la femelle.
La longueur du bec dépasse un peu le quart de la longueur totale; la mandibule supérieure est trèspeu convexe, arrondie à son extrémité, et semble ne former qu'une petite palette recouverte d'écaillés. On en voit sur le reste du dessus de la tête, qui est très-légèrement bombée; la dorsale et l'anale, qui se correspondent exactement, commencent près de la fin du troisième quart de la longueur totale; la première de ces nageoires a les deux premiers rayons un peu plus courts que la hauteur du tronc mesurée sous eux; le troisième rayon s'allonge sensiblement et le quatrième devient prolongé en une sorte de filet branchu qui a presque le double de la hauteur du corps ; les trois rayons qui suivent redeviennent aussi courts que les premiers : ils sont suivis de plusieurs autres petits ; l'anus répond à l'extrémité de ventrales très -courtes, insérées à la naissance du troisième tiers du corps. Derrière cet orifice on voit saillir un tubercule mamelonné, charnu, assez gros, terminé lui-même par une pointe : on pourrait presque dire une sorte de gland conique qui sortirait du mamelon comme d'une sorte de prépuce: cet organe est, à n'en pas douter, une sorte de verge. Derrière cette pointe commence la nageoire anale, que l'on peut en quelque sorte diviser en trois parties : une première, composée de cinq petits rayons fort courts et branchus; une
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seconde, commençant par un long el large rayon divisé en nombreuses articulations, et suivi d'un nombre assez considérable de petits filets articulés, qui me semblent appartenir aussi à ce même rayon ; une membrane basse le réunit à un autre rayon large, cependant un peu plus étroit, composé d'articulations aussi nombreuses, suivi de plusieurs petits filets articulés qui me semblent aussi dépendre de lui, et après ce rayon viennent quatre autres plus petits; les deux longs rayons de l'anale sont plus allongés que le long filet dorsal. La caudale est arrondie; la pectorale est petite et pointue.
D. 11; A. 5 - yig— '/,, - 4; C. 20; P. 8; V. 6. Les écailles sont de grandeur moyenne, paraissant plus minces et plus caduques sur le corps que sur le crâne; les deux carènes latérales sont petites, mais elles existent incontestablement. Ainsi ce poisson a tous les caractères d'un hémiramphe, et ne présente d'extraordinaire que la forme de son anale. Encore ces caractères ne se montrent-ils que dans le mâle, car la femelle a la dorsale et l'anale composées de rayons semblables, comme je l'ai dit plus haut, à ceux des autres hémiramphes : ils sont d'ailleurs en même nombre que dans le mâle; la dorsale étant soutenue par onze rayons , ainsi que l'anale ; c'est ce qui me confirme dans l'opinion que je me suis formée sur la nature des petits filets qui suivent les grands rayons de l'anale du mâle. Ils me paraissent appartenir incontestablement au rayon lui-même et n'en être qu'une dépendance; c'est donc une nouvelle manière de nous présenter des nageoires
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composées, comme la nature nous en montre dans le polyptère.
La couleur de ces poissons est un roux verdàtre sur le dos, se fondant sur les flancs et sur le ventre dans un argenté plus ou moins roussâtre.
J'ai ouvert ces femelles : les deux sacs ovariens se réunissent de bonne heure en un oviducte unique assez prolongé; sa longueur, ainsi que la grosseur des ovules contenues dans l'ovaire, me donnent tout lieu de croire que ces he'miramphes sont vivipares. La vessie aérienne est simple, membraneuse et sans divisions celluleuses; elle ne communique pas avec le canal alimentaire.
Les individus mâles ont cinq pouces et demi de long; nos femelles sont à peine plus petites. Nous les avons reçues au Muséum parmi d'autres objets que nous croyons venir de Madagascar, mais sans connaître le nom du donateur et sans être parfaitement sûrs de cette origine. Je puis dire seulement que cet envoi, qui comprenait ces poissons et quelques autres, était composé d'un assez grand nombre de reptiles d'ordres et de genres différents, et dont toutes les espèces, fort curieuses, étaient presque toutes nouvelles. Je connaissais le singulier hémiramphe qui vient de faire le sujet de cet article, par un dessin fort exact, et par conséquent dune détermination très -facile, qui avait été envoyé par
MM. Ruhl et Van Hasselt au Musée royal de Leyde. Ils disaient que cet hémiramphe venait de la rivière Labouane, l'un des cours d'eau de Java. Une espèce aussi singulière pourrait-elle exister à la fois à Madagascar et aux Moluques?
L'Hémiramphe phosphorescent.
(Hemiramphus lucens , nob.)
Avant de terminer le chapitre des hémiramphes, je dois faire connaître à mes lecteurs une observation des plus curieuses sur une espèce de ce genre, que je ne puis décrire, mais que je n'omettrai pas de signaler, à cause de l'observation remarquable que M. Reinwardt a eu l'occasion de faire pendant son voyage aux Moluques et qu'il a eu la générosité d'extraire pour moi de son journal. Voici cette notice.
« Rostri apex singulari modo lucet sub „ aqua, nempe vesicularis oleo fulvo reple- « tus in eum exeunt vasa duo sanguifera et « nervi insignia per totaux maxillam inferio- «rem decurrentia. In vesicam quoque exit « maxilla ipsa in sitas duas bifida. An Esox « brasiliensis ? Habitat in mari et in Jlumi- .., nibus vulgo Julum, Julum Bodo. "
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Le savant professeur de Leyde m'a parlé plusieurs fois de cette espèce très-singulière qu'il observait dans la mer, et qui attirait son attention par la vivacité de la lumière qu'elle répandait. Son éclat était comparable à celui de ces insectes phorphorescents qui animent si souvent de leurs feux les nuits intertropicales.
CB \N ïi;l. V // i Exocets / bu . Linn.)
La portion solidifiée du globe, doni l<->