Dekaj, Faun. fish. of New-York, pi. 36, fig. n4, p- 23o
2. Mitch., Transact. Phil. soc. fish. of New-York, t. I,p. 448, pi. 5, fig. 3.
102 LIVRE XIX. ÉSOCES.
un peu plus grand; les pectorales sont moins longues et les nombres des rayons de la dorsale et de l'anale sont différents pour ces deux nageoires.
La couleur du corps ressemble à celle des espèces précédentes; celle de la pectorale est un gris bleuâtre sur le bord externe et sur l'extrémité; elle est blanche sur le reste de la surface. Les ventrales ont toute la face supérieure grêle et assez foncée; une tache noire colore la base de la queue et rappelle assez bien la coloration de certains de nos Sargues.
L'individu, long de dix pouces, a été envoyé de New-York par M. Milbert.
Z/EXOCET COMMERSONIEN.
{Exocœtus Commersonii 3 Lacép.)
L'espèce que nous allons décrire, est une de celles dont les formes sont le plus caractéristiques, et qui aurait pu entrer depuis longtemps dans nos catalogues systématiques, puisque Commerson en a rapporté un dessin d'une parfaite exactitude. On en trouve une mauvaise reproduction dans l'Histoire naturelle des poissons de M. de Lacépède.
Le corps est trapu et haut de l'avant; il doit surtout celte apparence de hauteur à la saillie de la
nuque; la hauteur du tronc est sept fois et demie dans la longueur totale; la tête ne dépasse cette hauteur que d'un quart; le front descend obliquement vers l'extrémité du museau; la mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure. L'œil est très -grand : son diamètre est deux fois et trois quarts dans la longueur de la tête. Les dents sont d'une excessive petitesse.
Le dessus du corps est gris verdâtre, avec des bandes longitudinales plombées : cette teinte descend jusque vers le tiers du côté au devant des ventrales et jusque sur le milieu de la région caudale; le reste du corps est blanc. La pectorale est roussâtre et transparente sans aucune tache. La ventrale a les rayons à peu près de la même couleur, avec une petite tache dans son aisselle. La dorsale et la caudale sont rousses; l'anale est blanche.
La longueur de l'individu est de quatorze pouces. Il a été pris par M. Dussumier dans les environs de l'Ile-de-France.
Commerson dit que son exemplaire fut pris le 18 avril 1767 par le 34° de latitude australe, à 4o lieues environ des côtes orientales de l'Amérique. Il en a laissé deux dessins faits à la mine de plomb ? dont l'un, de Sonnerat, représente le poisson avec la pectorale déployée; l'autre , fait par Commerson, montre l'individu tel qu'il est au moment de sa mort. On voit
104 LIVRE XIX. ÉSOCES.
qu'une de ces Lernées, si communes aux exocets, était fixée auprès de la pectorale.
Une description détaillée, comme toutes celles de ce savant voyageur, se retrouve dans ses manuscrits. Il avait rédigé deux essais de phrases diagnostiques linnéennes. Avec les deux dessins de Commerson et la description qu'il y avait jointe, rien n'était donc plus facile que d'établir cette espèce. Mais M. de Lacépède a employé ces excellents matériaux de manière à tout embrouiller : il a fait graver le dessin de Sonnerat x en le considérant comme l'exocet sauteur, Ex. exiliens de Bloch et même de Gmelin. A la suite des synonymies, tout à fait disparates de son Exocœtus exiliens , M. de Lacépède transcrit l'une des deux phrases diagnostiques de Commerson ; mais l'autre phrase de ce naturaliste, et qui appartient évidemment à un seul et unique individu, se trouve rapportée à l'espèce nouvelle que M. de Lacépède établit, en la dédiant au courageux compagnon de Bougainville.
On explique ainsi comment M. de Lacépède a donné, à l'article de son Exocet sauteur, plusieurs observations de Commerson qui auraient du appartenir à l'exocet Commersonien.