Poiss. de la Havane, p. 38: lam
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les pectorales sont larges, arrondies, et de longueur médiocre, ainsi que Parra l'a représenté. La dorsale est plus allongée que nous ne la voyons dans la nature ; il est facile de juger qu'elle n'a pas été copiée avec une rigoureuse exactitude , à cause même de l'inégalité des rayons. Maintenant il est difficile de dire par quelles altérations cette figure de Plumier a été transformée en celle de Y Ex. mesogaster de Bloch, ou les pectorales longues et pointues atteignent le milieu des rayons de la caudale; ce que nous n'avons observé dans aucune espèce; ou la dorsale haute et pointue de lavant a les bords largement échancrés; ce qui ne se rapporte, ni au dessin de Plumier, ni encore moins à la nature.
Cependant, quelques paroles du texte de Bloch me font croire qu'il a eu aussi le dessin du Père Feuillée fait d'après une autre espèce, et que nous avons déterminée plus haut; c'est notre Ex. noveboracensis. Si cette supposition est exacte, Bloch aurait emprunté au dessin de Plumier les pectorales, qu'il aurait un peu allongées; de sorte qu'ici l'accusation que Bloch dirige contre ce Minime, devrait encore être bien plutôt portée contre lui.
L'Exocet aux pectorales courtes.
(Exocœtus breviphinis 3 nob.)
Dans les espèces dont il me reste à parler, je trouve encore les ventrales insérées sur l'arrière du tronc, ou tout au plus à la moitié de sa longueur; elles se raccourcissent. Cette diminution des nageoires se montre aussi sur la pectorale, dans l'espèce dont il s'agit ici.
L'aile ne fait plus que la moitié de la longueur du tronc, sans y comprendre la caudale, et la pointe ne dépasse pas l'extrémité de la ventrale; le dessus de la tête est aplati. La hauteur du tronc est une fois et demie dans la longueur de la tête, laquelle est comprise cinq fois et demie dans la longueur totale; la dorsale est basse et à peu près égale.
Le dessus du corps est ardoisé; les flancs et le ventre argenté; la pectorale est d'une couleur rousse, uniforme et pâle. On retrouve cette teinte sur le troisième et le quatrième rayon de la ventrale; les autres nageoires sont blanchâtres.
L'individu est long de six pouces. Il vient du havre Carteret de la Nouvelle-Irlande, et provient, comme beaucoup d'autres, des recherches faites par MM. Quoy et Gaimard.
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jL'ExOCET MENTONNIER.
(Exocœtus mento, nob.)
Cette espèce de la rade de Pondichéry présente, ainsi que la suivante, un caractère fort remarquable , qui montre la liaison intime qui réunit les exocets aux hémiramphes. En effet nous voyons
la symphyse de la mâchoire inférieure prolongée en un petit tubercule pointu, formant un vestige de demi- bec au devant de la bouche; les dents sont d'une petitesse excessive; le dessus de la tête est aplati en dessous; le corps est comprimé, comme tranchant; les deux branches de la mâchoire se touchent et cachent entièrement la membrane branchiostège. La hauteur du tronc est presque égale à la longueur de la tête, et contenue près de six fois dans la longueur totale; la pectorale est de longueur médiocre; car elle n'a, comme la précédente, que la moitié de la longueur du corps, la caudale non comprise ; les ventrales sont insérées sur le milieu de cette même longueur; la dorsale est haute et pointue; l'anale est très -basse.
D. 11; A. 13, etc.
Le corps est couvert d'écaillés argentées assez résistantes, mais peu adhérentes; la couleur du dos est d'un beau bleu de lapis; le reste du corps est argenté; les pectorales ont la base blanche et l'extré-
mité bleue; la dorsale offre la même coloralion; les ventrales, l'anale et la caudale sont blanches.
M. Lesclienault nous a procuré cet exocet, pris par lui dans la rade de Pondichéry. Il en a observé des individus longs de dix pouces. Les pécheurs malabares l'appelaient Saravi- Kola. Ce naturaliste les voyait voler par troupes, et il vante la délicatesse de leur chair.
Nous avons un autre exemplaire, de petite taille, que M. Botta a rapporté de la mer riouge. L'individu est plus décoloré et plus maltraité que le précédent ; mais la forme du bec et la hauteur de la dorsale me paraissent encore le caractériser suffisamment.
Z/EXOCET A MUSEAU EFFILÉ.
(Exocœtus acutus , nob.)
Cet exocet a
le museau allongé, très -effilé, presque arrondi, et rendu encore plus pointu par la saillie de la symphyse de la mâchoire inférieure. La longueur de la tête n'est comprise que quatre fois et demie dans la longueur totale; l'œil est placé sur le milieu de la longueur de la joue; il est éloigné du bout du museau d'une fois et demie son diamètre.
La pectorale est courte; la ventrale est placée sur la seconde moitié de la longueur du tronc; la dorsale est haute; l'anale est basse; les deux lobes et la
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caudale sont moins inégaux que dans beaucoup d'autres espèces.
Ce poisson a le corps couvert d'écaillés assez grandes et fortes. La couleur paraît avoir été rembrunie sur le dos, argentée sous le ventre; je vois du noirâtre à la face interne de la pectorale et à la pointe de la dorsale; d'ailleurs on ne peut pas trèsbien juger des couleurs de cet individu conservé depuis longtemps dans l'alcool.
Les formes de ce petit poisson le font ressembler à une petite sardine à museau pointu.
Les pectorales, tout en étant développées, sont certainement moins longues que celles de la plupart de nos Exocets.
Je n'ai vu qu'un seul exemplaire de cette curieuse espèce, qui a été donné au Muséum par M. Cuvier : il l'avait acheté avec les autres poissons qui ont été rapportés de Surinam par Levaillant. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que je trouve, ainsi que je l'ai déjà fait observer plus haut, dans la collection de peintures des poissons observés par M. Risso sur les côtes de Nice, et dont je dois la communication à l'amitié de mon collègue, M. Duméril, la représentation d'une espèce qui ressemble tout à fait à celle que je décris : c'est la même brièveté dans les pectorales , la même hauteur de la dorsale ; les ventrales seules me paraissent
un peu plus longues. N'ayant pas vu le poisson original, je n'ose cependant me prononcer sur la complète identité du dessin et du poisson des côtes d'Amérique.
L'individu de la collection est long de quatre pouces et demi.
Z/EXOCET MICROPTÈRE.
(Exocœtus micropterus , nob.)
Pour compléter cet examen des nombreuses espèces d'exocets à ventrales attachées au delà de la moitié du tronc, je n'ai plus à parler que d'une seule espèce, remarquable entre toutes les autres par la brièveté de ses nageoires.
Le corps de ce poisson est arrondi et ressemble beaucoup aussi à celui d'une sardine ou de tout autre petit clupéoide. On pourrait croire encore que l'on a devant les yeux certaine espèce d'Athérine.
La hauteur du tronc est sept fois dans la longueur totale; celle de la tête y est cinq fois et demie; la mâchoire inférieure dépasse la supérieure, mais sans se prolonger en pointe conique ou en rudiment de bec; les pectorales, que l'on désignerait par des épithètes de longues et de pointues, s'il s'agissait d'un tout autre poisson que d'un Exocet, sont ici tellement petites , qu'elles n'ont pas le quart de la longueur totale : elles n'atteignent pas même à la moitié de la longueur du corps.
Les ventrales, qui sont très-petites, sont insérées
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assez loin en arrière de la pointe des nageoires de
la poitrine; la dorsale, reculée à l'extrémité de la
queue, est haute; l'anale est plus basse; la caudale
est fourchue, et, comme dans tous les poissons de
cette famille, le lobe inférieur est plus allongé que
le supérieur.
Les écailles sont de moyenne grandeur, minces et caduques. On voit très-bien dans cette espèce la ligne latérale tracée par le milieu du côté, depuis l'angle supérieur de la pectorale jusqu'au milieu de la queue, et par conséquent tout à fait distinct des carènes abdominales. Le dos, les pectorales et les ventrales paraissent avoir été bleues; la dorsale est rousse.
Ce poisson n'a guère que cinq à six pouces de long. J'en ai plusieurs individus : l'un a été pris dans le Port du Roi George à la Nouvelle- Hollande par MM. Quoy et Gaimard, et ces naturalistes ont retrouvé cette même espèce dans le havre Carteret à la Nouvelle-Irlande; un second fut retiré de l'estomac d'un thon qui avait été harponné à bord de la Zélée, pendant la dernière expédition de M. d'Urville, non loin de l'île Bourou; enfin, M. Dussumier nous en a rapporté plusieurs individus de la côte malabare.
Z/EXOCET DE SOLANDER.
(Eococœtus Solandrij nob.) Après avoir décrit les nombreux exocets dont les ventrales, plus ou moins développées, sont insérées sur l'arrière du corps, je trouve un groupe de plusieurs espèces remarquables par le barbillon plus ou moins long et plus ou moins découpé en filaments, qu'elles portent sous la symphyse de la mâchoire inférieure.
En voyant cette singulière disposition , je me suis demandé si ces poissons ne devaient pas être séparés des précédentes espèces de ce genre; mais la forme générale de leur corps, celle des dents des mâchoires ou des pharyngiens, la grandeur des pectorales, ne présentent aucune différence appréciable, de sorte que, si un auteur voulait établir cette division générique, il ne pourrait trouver d'autre caractère que dans la présence du barbillon, lequel n'est ici, à proprement parler, qu'un développement plus ou moins exagéré de la lèvre du poisson.
J'avoue que je n'ai pas pu regarder ce caractère comme assez important; et, aussi je place les exocets à barbillons dans la série des espèces du genre ; l'une d'elles me servira même à relier l'exocet à ventrales petites et avancées à toutes celles que nous venons de décrire. *9- 9*
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Je commence par la description de celui qui a été' observé près d'Otahiti par Solander pendant la grande circumnavigation de Cook.
Ce poisson a le corps allongé, aminci en avant, comprimé en arrière; la tête plate, la mâchoire inférieure dépassant un peu la supérieure; la lèvre étendue en une membrane courte qui embrasse le pourtour de la mâchoire , descend verticalement ; le bord est divisé en dix-huit à vingt franges. L'œil est de grandeur médiocre. Les dents sont fines. La pectorale atteint à peu près à la fin de la dorsale; la ventrale se porte un peu plus loin; la dorsale est haute, ses rayons, quand ils sont couchés, touchent au lobe de la caudale celle-ci est fourchue comme à l'ordinaire. D. 11 j A. 9, etc.
Le dessus du corps est bleu; le dessous argenté; les pectorales et les ventrales sont d'un bleu assez foncé, sans aucunes taches ; la dorsale a la base bleue avec une large bordure noire.
Nous devons aux recherches actives de M. Dussumier la possibilité de déterminer une des espèces de Cook restées inconnues. L'individu qu'il a donné au Cabinet du Roi est long de neuf pouces. Il l'a pris en mer à la hauteur des Séchelles.
G. Forster a laissé parmi les dessins conservés dans la bibliothèque de Banks, une figure reconnaissable de ce poisson, que l'on peut encore mieux déterminer par la description que
l'on retrouve dans les manuscrits de Solander. 11 y dit que les pectorales ont les deux tiers de la longueur du corps, ce qui est à peu près exact. Cette mesure prouve en même temps que l'épithète de brachiopterus , qu'il avait imaginé de donner à son poisson, est exagérée et presque le contraire de celle qui lui convenait. Les pêcheurs d'Otahiti lui désignaient l'espèce sous le nom à'Etipa ou OEliba.
jL'Exocet de d'Orbigny.
{Exocœtus Orbignianus , nob.)
M. d'Orbigny a dessiné, en approchant des côtes d'Amérique, vers Montevideo, une espèce nouvelle et fort remarquable d'exocet à barbillon court et dilaté, par conséquent à peu près de même forme que celui de l'espèce précédente; mais je ne vois pas que ce naturaliste ait divisé cette membrane en filaments. Ce poisson a les pectorales arrondies et de grandeur médiocre, car elles n'atteignent pas même le premier rayon de l'anale; les ventrales, insérées à la moitié du ventre, sont longues et pointues, elles touchent à la caudale : celle-ci est peu développée, et, comme dans tous les autres Exocets, son lobe inférieur est plus grand ; la dorsale est pointue, triangulaire et plus haute que dans aucune autre espèce, elle a plus de deux fois la hauteur du tronc; l'anale est très- basse et rejetée un peu plus en arrière de
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la dorsale qu'on ne le voil ordinairement chez les Exocets. A en juger d'après le dessin , le corps me paraît grêle et allongé, la tête courte; le corps est peint en bleu ardoisé sur le dos; le ventre, bleu trèspâle, a trois taches foncées, dont deux sont placées au-devant des ventrales; les nageoires paires abdominales sont bleu pâle en dessus, blanches en dessous, avec des rayons bleus : c'est aussi la couleur des rayons des trois nageoires verticales.
Le dessin représente un poisson long de cinq pouces : c'est une des plus jolies découvertes ichthyologiques que M. d'Orbigny ait faites. Il n'a malheureusement pas rapporté l'individu dont il nous a communiqué la figure.
Z/EXOCET DE DuSSUMJER.
{Exocœtus Dussumieri , nob.)
Une troisième espèce, voisine de la précédente par la longueur de ses pectorales et de ses ventrales et par la hauteur de sa dorsale, s'en distingue,
parce que la lèvre est prolongée en un long barbillon, dont l'extrémité atteint à l'insertion de la pectorale, c'est-à-dire, que sa longueur mesure le tiers de la longueur du corps, la caudale non comprise. Cette espèce a d'ailleurs le corps plus court que la précédente; la pectorale me paraît un peu plus pointue; les rayons de la dorsale ne touchent pas à la caudale.
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D. 13; A. 9, etc.
Le poisson , bleu sur le dos , argenté sous le ventre, a la dorsale presque entièrement noire : on voit une grande tache de cette couleur sur l'anale; la pectorale est bleu très-foncé ; la ventrale , blanche à la base, a la plus grande partie de son extrémité également noire : c'est aussi la couleur du barbillon; la caudale est rousse.
L'individu est long de six pouces. M. Dussumier l'a pris de l'autre côté du Cap, près du tropique.
Z/ExOCET CHEVELU.
(Eococœtus comatus , Mitchill.)
Un quatrième exocet à barbillons se dislingue des deux précédents par la longueur du cirrhe, qui atteint à l'insertion de la ventrale, c'est-à-dire qu'il a la moitié de la longueur totale; ce tentacule, terminé en une pointe grêle , commence par une membrane assez large.
La tête de ce poisson est courte ; le front assez
large; la pectorale n'atteint pas à l'extrémité de la
ventrale : celle-ci touche à la base de la caudale ; la
dorsale est peu élevée; l'anale est tout à fait basse.
D. 11; A. 9, etc.
Le dos du poisson est bleu ; la pectorale est noirâtre à l'extrémité; sa base est grise; je trouve
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plus de noir sur la ventrale, dont le rayon externe et l'insertion des autres sont blancs; la caudale est jaunâtre; la dorsale et l'anale sont grises.
L'exemplaire du Cabinet du Roi est long de quatre pouces trois quarts. Il a été donné par M. le docteur Smith, qui la pris sur les côtes de la Caroline du sud. C'est l'espèce figurée par le docteur William Wood 1 , qui la décrivit d'après un individu du Musée d'histoire naturelle de Baltimore. Il lui a donné le nom iïExocœtus appendiculatus , parce qu'il ne croyait pas que ce poisson fût le même que celui de Mitchill, attendu que, dans l'exemplaire de cette collection, les deux côtés de la membrane qui sert de base à ce tentacule sont séparés de la partie moyenne, et que ce naturaliste les a considérés comme des barbillons particuliers. Mais la comparaison que nous avons faite du poisson donné par M. le docteur Smith, avec la figure de M. Wood et avec celle de Mitchill, ne peut nous laisser de doute sur l'identité spécifique de ces deux espèces nominales.
Cette réunion a été aussi admise par M. Dekaya, dans sa Faune de New -York, qui a
î. Will. Wood, Journ. acnd. se. Vhil. , 182 4, t. IV, p. a85, pi. i7; fig. 2.
'2. Dekay, Fish. 0/ New-Yvrk , pi. 36, Hg. iï5, p. 20 1.
donné une figure fort élégante de l'espèce. Il colore le poisson en brun foncé sur le dos, fondu dans le blanc du ventre : les nageoires sont plus pâles et roussâtres.
Z/EXOCET DE NlJTTALL.
(Eococœtus furcatus , Mitch.)
M. Lesueur a dédié à l'un de ses amis d'Amérique, M. Nuttall, un petit exocet à barbillon,
dont la lèvre , en se portant à droite et à gauche de la mâchoire inférieure, descend de chaque côté en un appendice qui est lui-même divisé en trois filaments, celui du milieu étant plus allongé que les deux externes; il faut joindre à ce caractère, que le poisson a les yeux gros et saillants, le museau court; la dorsale et l'anale larges et hautes; le lobe supérieur de la caudale peu prolongé; les pectorales grandes et les ventrales longues et larges. Les nombres sont, d'après M. Lesueur,
La couleur est bleue sur le dos, d'un bleuâtre argenté le long des flancs; les pectorales et les ventrales sont traversées par des bandes noires.
Ce petit poisson, long de trois à quatre pouces, avait été pris dans le golfe du Mexique. M. Lesueur ' en a publié une description ,
1. Lesueur, Journ. des sciences na't. de Philad., t. 11, 1821p. 10, pi. 4, fig. 1.
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accompagnée d'une figure très-reconnaissable, dans le Journal des sciences naturelles de Philadelphie , mais sans rechercher si des naturalistes, ses prédécesseurs, n'en avaient pas fait mention. S'il avait pris cette peine, il ne lui aurait pas été difficile de reconnaître dans son poisson XEx.furcatus de Mitchill ' , qui a, comme le sien , les pectorales et les ventrales longues et rayées , la dorsale et l'anale courtes et élevées.
L'auteur indique les deux barbillons, mais sans faire connaître avec assez de soin leur forme : il restera donc toujours à M. Lesueur le mérite d'avoir donné le premier une excellente figure de cette espèce. M. Dekay a cité, dans sa Faune de New-York, celEx.furcatus, mais seulement d'après Mitchill, et il n'en a pas donné de figure.
Z/Exocet de George.
(Eococœtus Georgianus , nob.)
C'est encore à mon ami, George Dussumier, dont le nom revient avec tant de plaisir à chaque instant sous ma plume, que le Muséum
1. Mitch., PMI. iransact., t. I. Fish. of New-York, p. 449, Pl. 5. 6g. ■>..
d'histoire naturelle doit la possession de cette intéressante espèce.
Elle a le corps assez court; la hauteur du tronc est égale à la longueur de la tête, et fait un peu moins du cinquième de la longueur totale; le museau très- obtus; le front soutenu entre les yeux; l'appendice de la mâchoire atteint seulement à la base de la pectorale. Cette nageoire touche presque à la caudale : elle est coupée plus carrément que la plupart de celles des autres exocets; la ventrale est courte et attachée au premier tiers du corps; la dorsale et l'anale sont longues, mais basses.
D. 13; A. 13, etc.
Le dessus du corps est d'un beau bleu très-vif; les flancs et le ventre sont argentés ; la pectorale est pâle près de la base, brun foncé dans sa moitié externe, avec un bord blanc formé par l'extrémité des rayons; la dorsale et l'anale, d'un blanc jaunâtre, ont une tache noire étendue sur les deux tiers postérieurs de leur longueur; la caudale et les ventrales sont blanchâtres ou jaunâtres, avec quelques vestiges de taches noirâtres; le barbillon est bleu très-foncé.
M. Dussumier a pris trois individus de cette espèce par 5° latitude sud et 900 longitude orientale : deux furent retirés dans un parfait état de conservation de l'estomac d'une coryphène, l'autre tomba sur le pont du Buffon pendant la nuit. Le plus grand n'a que quatre pouces et un quart.
138 LIVRE XIX. ÉSOCES.
Je rapporte à cette espèce un très-petit exemplaire d'exocet à barbillon court, un peu dilaté à l'extrémité, à ventrales tachetées de noir et insérées sur le devant du tronc, et qui a été rapporté par M. Eydoux, qui l'avait pris dans l'Atlantique, non loin des côtes du Brésil.
L'individu n'a que quinze à seize lignes de long : à cause de son extrême jeunesse, il n'est malheureusement pas suffisamment déterminable. Cette espèce nous offre encore un autre genre d'intérêt; car, liée aux précédentes par ses formes, par la présence de son barbillon, elle est la première qui se présente avec des ventrales courtes insérées au tiers antérieur du corps; elle nous conduit par conséquent à l'espèce suivante.
L'Exocet fuyard.
(Eococœtus evolans , Linn.)
Nous voici arrivés à décrire l'espèce répandue dans toutes les mers, et qui est bien certainement XEx. evolans de Linné, malgré l'imperfection de sa diagnose tout à fait fautive. L'expression (XExocœtus abdomine tereti ne convenant pas plus à cette espèce qu'à aucune autre du genre. Mais, comme Linné l'a établie d'après la description de Gronovius,
et que celle-ci est parfaitement exacte quant à notre espèce; que la figure du second pirabebe de Pison1 ne se rapporte aussi qu'à elle seule, on ne peut conserver de doute sur cette détermination.
Ce poisson a, comme toutes les espèces de ce genre , le corps trapu ; la hauteur comprise six fois dans la longueur totale; celle de la tête en fait le cinquième : je remarque que les mâles ont la nuque plus large que les femelles ; le dessus du crâne est large et aplati; le museau très -court; l'œil est de grandeur moyenne; la mâchoire inférieure dépasse un peu la supérieure; les dents sont d'une excessive petitesse; cependant je me suis assuré de leur existence.
Les dents pharyngiennes sont semblables à celles des autres Exocets : j'insiste sur ces caractères pour faire voir à mes lecteurs que j'ai regardé avec soin toutes les parties qui auraient pu nous fournir quelques caractères génériques. La dorsale et l'anale sont longues et basses; la pectorale atteint à l'insertion de la caudale; la ventrale est très-courte et attachée au tiers antérieur de la longueur totale.
D. 13; A. 15; P. 15; C. 22; B. 11 et 9; V. 6.
Les écailles sont assez grandes, assez adhérentes et striées; la couleur est un beau bleu d'outre -mer sur le dos, argenté sous le ventre; les nageoires paraissent d'un bleu un peu plus foncé; il n'y a pas