Bloch , p. 45i , n
quant au genre, que Gronovius en avait faite, avec son Albula conorhynchus.
J'avoue d'ailleurs que je ne le rapporte à l'espèce dont il s'agit, que parce que je trouve notre Macabi de la Havane jusque sur les côtes du Brésil; mais ce sera toujours une détermination incertaine quant à l'espèce, car je ne vois pas comment l'on pourrait affirmer que le Butirin macrocéphale , originaire de la Martinique, ne s'avancerait pas aussi jusque sur les plages brésiliennes.
Je crois cependant que la saillie du crâne et la brièveté de la tête, très-bien exprimées dans la figure, doivent déterminer ce rapprochement. Je trouve aussi une figure de notre espèce dans la collection des poissons du Mexique, communiquée à M. Cuvier par M. Mocino; elle porte le nom de Macambi. Les différents auteurs qui ont parlé de ces poissons s'accordent à dire que leur chair est de bon goût, mais qu'on ne la mange pas, parce qu'elle est trop remplie d'arêtes.
Le Butirin de Gorée.
{Albula Goreensis , nob.)
La collection des voyages de Barbot nous donnait la preuve de l'existence des Butirins
CHAP. VI. BUTIRINS. 345
sur la côte d'Afrique; mais la figure fort peu caractérisée de cette collection, nous aurait laissé de grands doutes sur cette espèce, sur son affinité ou sur ses différences avec les autres Butirins américains, lorsque le dernier envoi de M. Rang est venu les lever, en nous mettant à même de consulter la nature : or, lorsque l'on compare le poisson de la côte d'Afrique à l'un de ceux que nous avons déjà vus et qui proviennent des mers américaines, il ne reste aucun doute sur les différences spécifiques des deux espèces. C'est surtout dans la grandeur et la configuration des os du crâne que nous les trouvons ; car les formes extérieures ne nous fournissent que des caractères beaucoup moins tranchés.
En effet, la longueur de la tête est comprise environ trois fois et demie ou trois fois et deux tiers dans la longueur totale. La longueur du nez, les dents maxillaires palatines et linguales sont tellement semblables qu'on ne peut exprimer de véritables différences. La courbure du front et du museau me paraît seule un peu plus marquée. Les sous-orbitaires me semblent plus élargis et les bords caverneux , audessous de l'œil, un peu plus étroits.
Les nombres des nageoires sont peu différents des autres.
D. 18; A. 8, etc.
La couleur est toujours argentée, tirant au plombé
sur le dos, avec plusieurs lignes longitudinales sinueuses. Les écailles sont de la même grandeur, et celles de la rangée médiane aussi différentes et allongées de la même manière. Il n'y a donc pas là de caractères bien tranchés ; mais, en enlevant la peau du crâne et en mettant à nu les différents os que nous avons déjà décrits précédemment, on trouve des différences très- marquées. Le milieu du crâne est creux. Les pariétaux sont relevés et bombés au milieu. Ces os sont fort étroits, et une cannelure assez profonde les sépare de l'interpariétal. En avant de la bosse des pariétaux nous voyons une sorte de carène mousse se diriger vers le renflement supraoculaire des frontaux. Une dépression très -sensible que ces os portent vers l'angle postérieur, près de l'orbite, rend l'élévation plus saillante. Les carènes longitudinales du frontal sont plus élevées et plus rapprochées ; un sillon creux les sépare du bord externe de l'os. Les cannelures ogivales sont encore plus larges et moins avancées vers l'œil que celles de l'espèce précédente. Les deux lamelles des os du nez sont plus courtes et moins hautes; mais l'externe est pliée et plus rejetée en dehors, ce qui rend la gouttière de cet os plus étroite. Le sourcilier est long, grêle, et presque en entier au-devant de l'orbite : ces formes sont tellement caractéristiques que l'on ne peut balancer à reconnaître ce poisson comme d'une espèce toute particulière.
M. Rang en a envoyé deux exemplaires longs de vingt pouces. Il les prit en 1 83 1 dans la