‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 76 sur 108 · Rupp. , Neue Wirbelth. zuder Faun. Abyss., p. 80, pi · texte numérisé non relu

Rupp. , Neue Wirbelth. zuder Faun. Abyss., p. 80, pi

Se. 3.

350 LIVKE XX. MALACOl'TÉRYGIENS.

toute légère qu'elle serait, dans le squelette des poissons des Indes et des espèces américaines. On voit ici, comme il arrive très -souvent, que nos matelots ont porté dans les Indes orientales les noms de nos colons des Antilles. Je ferai d'ailleurs observer que la dénomination de Banane s'applique aussi aux Elops.

Le BUTIRIN DE LA NOUVELLE- GUINÉE.

{Albula Neoguinaica , nob.)

MM. Quoy et Gaimard ont pris à la Nouvelle-Guinée une espèce dont les caractères extérieurs ressemblent beaucoup à ceux de l'espèce de l'Ile-de-France;

mais la circonscription de la mandibule inférieure est plus pointue près de la symphyse. Les dents me paraissent aussi un peu plus longues; le dessus du crâne est régulièrement plus concave. Je ne vois pas sur les frontaux et à la naissance des carènes mitoyennes cette saillie qui est très -marquée sur l'espèce précédente.

B. 13 — 12; D. 17; A. 8, etc.

Les couleurs me paraissent beaucoup plus rembrunies, surtout à la caudale et ensuite à la dorsale. Les lisérés de ces deux nageoires sont plus prononcés.

Notre individu n'est pas très-bien conservé et il est long de douze pouces et demi. Si,

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comme je le crois, il est d'une espèce particulière, ses caractères seraient intermédiaires entre ceux de l'espèce de l'Ile-de-France et ceux de la suivante, qui est certainement distincte, ainsi qu'on va le voir.

Le BUTIRIN A DORSALE DEMI-ÉCAILLEUSE.

(Albula seminuda, nob.)

Nous avons reçu parles mêmes voyageurs, et aussi de la Nouvelle-Guinée, un autre Butirin , assez voisin des précédents par l'ensemble de ses formes, mais qui a cependant

le profil de la tête plus droit; le museau un peu plus pointu; le chevron noir de son extrémité l'entoure davantage , et enfin , un caractère plus distinctif se montre dans la disposition des écailles de la dorsale, qui ne couvrent qu'une partie de sa surface. Il y a, d'ailleurs, des différences correspondantes et très -frappantes dans le crâne. Le sillon externe du frontal est plus large et plus profond que dans aucun autre. Les deux bords de la cannelure médiane sont plus parallèles ; les bosses pariétales sont moins sensibles.

Les nombres des rayons et la couleur sont les mêmes.

Je ne possède de cette espèce qu'un seul exemplaire long de onze pouces.

352 LIVRE XX. MALACOPTÉUYGIKNS.

Le BUTIRIN A LÈVRES ROUGES- (Albula erylhrocheilos , nob.)

L'archipel des Iles des Amis nourrit aussi une espèce particulière de Butirin, dont je trouve les caractères remarquables en étudiant le crâne d'un grand et bel individu que les voyageurs précédemment nommés ont rapporté de ces mers, i^ux caractères de coloration signalés dans la note que nous a remise M. Quoy, nous ajouterons les suivants, fournis par l'ostéologie.

En effet, les bosses pariétales et les carènes postérieures des frontaux sont ici très -relevées; ce qui rend le milieu de la nuque tout à fait creux. La suture des pariétaux avec les frontaux forme un angle assez aigu au-devant de l'œil. Les frontaux deviennent bombés; les carènes caverneuses internes sont relevées , assez étroites; ce qui rend la gouttière mitoyenne creuse et peu large. Les cavernes ogivales sont larges, profondes et arrondies; elles se rapprochent, d'ailleurs, assez de l'aplomb de l'œil. Les os du nez sont grands, et la lame externe assez haute et longue. C'est la seule espèce sur laquelle je trouve deux particularités énoncées par Gronovius, savoir: qu'il y a treize rayons à la membrane branchiostège d'un côté, et que le lobe supérieur de la caudale est plus long que l'inférieur. A la vérité, il n'y a ici qu'un septième de différence entre les deux lobes,

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Gronovius dit cependant que l'un est beaucoup plus grand que l'autre. La membrane branchiostège droite n'a que douze rayons.

B. 13— 12; D. 18; A. 9, etc.

La couleur est un argenté plus brillant et plus blanc que celui de l'espèce précédente. Frais , d'après les observations de M. Quoy, la partie supérieure et les nageoires ont des reflets légèrement verdâtres, et la dorsale, ainsi que la caudale, sont à peine lisérées de noir. Les bords de la bouche sont d'un rouge lie de vin, et les narines sont dans un enfoncement noirâtre. Le museau porte aussi son petit chevron noir.

Ce poisson est appelé par les indigènes de Tongatabou kiokio : nom qui est assez semblable à celui que je trouve sur un dessin fait à Borabora par M. Lesson : il appelle son poisson ïoïo. Gomme ce naturaliste n'a pas rapporté l'original, je ne puis en déterminer l'espèce avec précision.

Je crois cependant qu'on la trouvera différente de celle-ci, quand des ichthyologistes pourront l'examiner. La tête serait en effet beaucoup plus arquée; les lobes de la caudale plus égaux. La couleur serait sur l'opercule un argenté brillant, mêlé de reflets cuivreux; l'oeil noir aurait l'iris jaune. Je n'ose en dire davantage sur ce poisson, que je signale seulement à l'attention des navigateurs.

Le BuTIRIN DE FORSTER.

(Albula Forsteri, nob.)

Forster a laissé dans ses manuscrits la description d'un Butirin qui me paraît d'une espèce distincte de tous ceux dont nous venons de nous occuper. J'ai pu m'aider pour arriver à la détermination de XEsox argent eus de ce voyageur, de l'inspection du dessin conservé dans la bibliothèque de Banks; mais j'ai trouvé quelque chose encore de plus certain, puisque le Muséum possède maintenant l'original même de Forster, qui avait été donné à Broussonnet par sir Joseph Banks, et que la Faculté de Montpellier avait envoyé à M. Cuvier. Ce poisson diffère de ceux que nous venons de décrire

parce que le museau nous paraît plus effilé; l'intervalle qui sépare les yeux est plus étroit, et le corps, en général, est plus long. La dorsale est entièrement écailleuse; ce caractère le rapproche de notre A. neoguinaica, et le distingue de notre A. seminuda.

La couleur paraîtrait avoir été argentée, puisque le savant naturaliste, compagnon du capitaine Cook, le nommait Esox argenieus , et que, dans sa description, il ne parle plus des couleurs.

Nous avons compté avec soin les nombres de la membrane branchiostège, et ils sont,

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comme dans les autres espèces, de treize d'un côté et de douze de l'autre; Forster les indique au nombre de quatorze et de treize, mais il est probable qu'il aura fait entrer le sousopercule dans cette addition; légère erreur, qu'il est très-facile de commettre.

Les naturels d'Otabiti ont donné ce poisson sous le nom de Mohée. En parlant des Galaxies l, j'ai déjà eu occasion de dire que la synonymie indiquée par Forster dans son Voyage avait été confondue avec celle de YEsox truttaceus. Schneider, qui s'était aperçu de la confusion faite par Bloch, reproduisit la description de Forster, en indiquant que cet Esox truttaceus devait prendre rang dans le genre Synodus; association qui, comme je l'ai dit précédemment, ne faisait qu'ajouter à la mauvaise conception de ce genre. L'on voit que Forster, et peut-être même les matelots qui étaient autour de lui,, jugeaient très-bien de la ressemblance du poisson qu'ils péchaient à Otahiti avec ceux que ces mêmes hommes avaient rencontrés sur les côtes de la Jamaïque, puisqu'ils leur appliquaient le même nom vulgaire de Ten pounders. Toutefois, en se rappelant la ressemblance d'un Butirin et

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