‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 102 sur 149 · Noël fie la Morinière, Notes mss · texte numérisé non relu

Noël fie la Morinière, Notes mss

observations recueillies par Bloch sur la facilite d'apprivoiser ce poisson, et de l'habituer, comme nos carpes et autres espèces d'ornement de nos viviers, à venir chercher, quand on l'appelle , la nourriture qu'on veut lui donner. On cite entre autres un brochet qui avait été mis dans un des bassins du Louvre, du temps de Charles IX, et qui venait à la voix de l'homme prendre la proie qu'on lui offrait.

Ce que j'ai dit plus haut, d'après M. Yarell, montre quel avantage on peut tirer de ce poisson dans l'accroissement des richesses à tirer d'un grand étang bien empoissonné. Le brochet offre cet avantage qu'il se développe bien dans les eaux ombragées ou froides, où les carpes ne prospèrent pas bien. Il est bon d'avoir du brochet dans un grand étang où il y a beaucoup d'ables, et en général de blanchailles, parce qu'il en détruit beaucoup ; mais il ne faut pas croire qu'il soit utile de tenir beaucoup de ce poisson destructeur dans un étang où l'on veut élever des carpes pour en accroître le profit du propriétaire. Le brochet détruit l'alevin des carpes, blesse souvent les grosses qu'il ne peut pas toujours avaler^ il les tourmente par une chasse continuelle et il les empêche d'engraisser. A moins d'avoir des

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pièces d'eau d'une immense étendue , telles que celles d'Angleterre , il faut détruire le brochet dans un petit étang, comme un carnassier dangereux.

On conçoit qu'un poisson aussi commun, aussi utile , aussi grand , soit connu par un nom particulier dans chaque langue. On sait que les Allemands l'appellent Heclit, en désignant par des épithètes particulières les individus de différentes tailles ou ceux pris à diverses époques de l'année. En Anglais c'est Pikey pour les adultes, et Pikerill quand ils sont petits. A ces noms , presque vulgaires en Europe , j'indiquerai ceux des autres contrées. Les Suédois disent Giàdda^ d'après le Fauna suecicaj ou Gàdda, suivant MM. Nilsson, Fries et Ekstrom. Ce dernier auteur ajoute que les jeunes se nomment Gdddslinska ou Gàddîyna. Les Danois ont une dénomination fort voisine : on trouve dans Miiller Giedde^ et le prince royal de Danemarck a écrit dans son catalogue Gede et Gei. M. Reisinger le dit nommé en hongrois Kôrônséges; mais Pallas le nomme , chez ces mêmes peuples, Csùka^ nom assez rapproché de celui des Russes , qui est ScJitschûka, et des peuples slaves de Rasca , qui est Stukha. Chez les Tartares de Casan ou l'appelle Tschortauj chez les Raschkirs, Sortant chez

les peuples de Jacut, Soj^don, quand il est adulte, et Sordochai quand on parle d'un brocheton. Pallas ajoute encore les noms de Zuruchai en Mongolie ; de Tschurochai pour les Burètes; de Tschéri à Perm; de Zibé ^owx les Votiaks; de Sart pour les Ostiaks et les Vogouls; de Pûrro ou de Djoedalle pour les Samoïèdes; de TuVzi^œ à Tawiskoï; àe Pjtscha pour les Ostiaks de Laak. Plusieurs autres noms des peuplades de la steppe des Tungouses sont encore cités par Pallas, ils montrent l'abondance du brochet dans les eaux de toute la Russie asiatique sibérienne.

Le brochet est sujet à des maladies assez fréquentes. Nous en avons conservé un qui avait le fond de la couleur d'un blanc pâle très-remarquable, et le corps tout couvert de taches rouges : les pêcheurs donnent à cette maladie le nom de petite vérole, et leur comparaison est assez juste; car rien ne ressemble plus à la couleur d'un variole dans les premiers jours de l'invasion, que ces poissons ainsi tachetés. Cet individu avait été pris en seine à l'automne.

M: G. L. Hartmann ', de Zurich, qui a toujours eu soin de tenir note des épizooties ob-

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