‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 104 sur 149 · Faun. ross. asiat. , vol. III, p · texte numérisé non relu

Faun. ross. asiat. , vol. III, p

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de la Daourie, un brochet semblable au notre par sa forme et son aspect général,

dont le dos était brun, les flancs étaient couverts, sur un fond cendré et argenté, de taches nombreuses, égales, arrondies, noirâtres, semées sans ordre; le ventre seul et le dessus de la tête étaient blanc de neige. Les nageoires étaient variées de lignes semblables à des caractères effacées ; la dorsale et l'anale avaient la longueur des lobes de la caudale fourchue. Voici les nombres pris dans le célèbre ouvrage de ce grand naturaliste.

Ils sont assez différents de ceux des nageoires de notre brochet, pour faire croire à une distinction spécifique.

Il est fâcheux que de nouveaux renseignemens ne soient pas venus s'ajouter à la trop courte description faite pendant le voyage de Pallas.

M, Tilésius a mis une note fort extraordinaire à l'article de XEsox luciiis du Fainia rosso-asiatica. 11 dit avoir vu prendre plusieurs fois, en 1806 et en 1807, à Pétersbourg, dans la Neva, des brochets avec un barbillon sous la mâchoire inférieure, comme le Gadus callarias ou le dorsch. Il paraît qu'il n'a pas conservé d'exemplaires d'une aussi considérable variété. Il en avait fait faire un dessin, pour

que son ami, M. SevastianofF, habile zoologiste russe, connu par plusieurs mémoires sur les poissons de la mer des Indes, et, entre autres, sur les gomphoses, fût en état de déterminer ces brochets barbus, que ni lui ni aucun autre zoologiste n'ont reviis après lui. Il me parait hors de doute qu'il y a eu quelque méprise.

Le Brochet austral.

{Esooc australis , nob.)

On conserve depuis long- temps, dans le Cabinet du Roi',- un brochet qui provient du voyage de Përon : il ressemble tellement à celui de nos rivières, que j'ai hésité longtemps à le considérer comme d'une espèce distincte. Cependant, en le comparant à un brochet de même taille de notre pays, je lui trouve les différences suivantes :

Le corps du brochet austral est beaucoup plus trapu et plus haut; la hauteur est contenue six fois dans la longueur totale : elle y est sept fois dans celui d'Europe. La têie est comprise trois fois et trois quarts dans le brochet antarctique, et elle est quatre fois dans celui d'Europe. Les écailles du premier sont un peu plus grandes; je n'en compte que cent rangées entre l'ouïe et laicaudale; les branches de la mâchoire, et surtout de l'inférieure, paraissent plus larges. Cet ensemble de différences légères

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donne à ce poisson une physionomie différente de celle du brochet de nos eaux douces.

Les nombres des rayons des nageoires sont les mêmes; mais la caudale de l'étranger me paraît un peu moins échancrée.

Les marques que Pérou a mises sur sou poisson sont celles qui indiquent la terre de Diémen pour patrie des animaux ainsi désignés. Nous n'avons, d'ailletirs, aucunes autres notes sur cet intéressant poisson.

L'individu, long d'un pied six lignes, est conservé dans les galeries depuis i8o3.

Le CROCHET ESTOR.

{Esox eslor,ljes\xe\xv.^)

Les eaux douces de l'Amérique septentrionale nourrissent des brochets d'espèces différentes de celles d'Europe. M. Lesueur en a distingué plusieurs, et a envoyé les trois suivantes au Muséum d'histoire naturelle.

L'une d'elles a, comme notre brochet d'Europe, le bas de l'opercule et le sous-opercule nus et sans écailles; mais elle a les dents, et surtout celles de la mâchoire inférieure, beaucoup plus grandes : en les examinant en détail, on trouve encore les différences

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